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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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– Monsieur, j’ai cru vous avoir dit que j’avais fait quatre voyages dans la marine…

– Ne la ramène pas avec ça! Prends garde à ce que j’ai dit au sujet de la marine marchande, ne m’exaspère pas, je ne le permettrai pas. Mais essayons de nous comprendre. Je t’ai laissé entendre ce que pêcher la baleine signifiait, t’y sens-tu toujours disposé?

– Oui, monsieur.

– Bon. Maintenant es-tu homme à jeter un harpon au fond de la gueule d’une baleine vivante et à filer à sa suite? Réponds, vite!

– Je le suis, monsieur, s’il se trouve qu’il soit absolument nécessaire de le faire; mais pas pour qu’on se débarrasse ainsi de moi, bien sûr, ce dont je ne parle pas comme d’une chose devant se produire.

– Bon, encore une fois. Alors, tu ne veux pas seulement partir pêcher la baleine pour savoir par expérience ce que c’est, mais encore tu souhaites voir le monde? N’était-ce pas ce que tu disais? C’est ce que j’ai cru comprendre. Eh bien! avance seulement jusque-là, jette un coup d’œil du côté du vent, et reviens me dire ce que tu y auras vu.

Je restai quelque temps légèrement abasourdi par cette intimation curieuse, ne sachant pas très bien comment l’interpréter, que ce fût une plaisanterie ou un ordre sérieux. Mais ramenant toutes ses pattes d’oie en un froncement renfrogné, le capitaine Peleg m’invita à aller.

Je me rendis à l’avant, je regardai du côté du vent et je m’aperçus que le navire à l’ancre, balancé par la marée, pointait maintenant obliquement vers le large. La vue s’étendait à l’infini, un infini monotone et hostile à l’excès, je ne pus y discerner quoi que ce soit qui en rompît l’uniformité.

– Eh bien! quel est le compte rendu? me demanda Peleg lorsque je revins. Qu’as-tu vu?

– Pas grand-chose… rien que de l’eau, un horizon immense toutefois et peut-être un grain qui se prépare…

– Alors, qu’est-ce que tu en penses maintenant de voir le monde? As-tu envie de doubler le cap Horn pour ne rien voir de plus, hein? Ne peux-tu voir le monde depuis là où tu es?

J’étais un peu ébranlé, mais pêcher la baleine, je le devais, et j’irai; et le Péquod était un bateau aussi bon qu’un autre – meilleur, pensais-je – pour embarquer. Tout cela, je l’exprimai à Peleg. Me voyant si décidé, il consentit à m’engager.

– Tu peux aussi bien signer les papiers tout de suite, ajouta-t-il, suis-moi. Ce disant, il me précéda jusqu’à la descente de la cabine.

Sur la barre d’arcasse était assis un personnage qui me parut extraordinaire et surprenant. Il se trouva que c’était le capitaine Bildad qui, avec le capitaine Peleg, possédait le plus grand nombre de parts du navire, les autres actions, comme c’est parfois le cas dans ces ports, appartenant à une foule de vieux rentiers, à des veuves et des orphelins, à des pupilles sous tutelle judiciaire; chacun d’entre eux se trouvant propriétaire de la valeur d’une tête d’allonge, d’un pied de planche ou d’un ou deux clous à bord. Les gens de Nantucket placent leur argent sur les baleiniers, tout comme vous l’engagez en fonds d’État sûrs et d’un bon rapport.

Bildad, comme Peleg, et bien d’autres Nantuckais, était quaker, cette secte ayant fondé le premier établissement de l’île; et ses habitants conservent en général et jusqu’à ce jour, dans une mesure très exceptionnelle, les particularités des quakers, nuancées seulement de façon variable et irrégulière par des éléments parfaitement étrangers et disparates. Car quelques-uns de ces mêmes quakers sont parmi les plus sanguinaires des marins et des chasseurs de baleines. Ce sont des quakers combattants, des quakers en furie.

De sorte qu’il y a parmi eux des exemples d’hommes portant des noms tirés des Écritures – une coutume très répandue sur l’île – et qui, assimilant avec le lait de l’enfance le tutoiement théâtral et majestueux du langage quaker, mêlent étrangement à ces particularités indéracinables, au cours de leurs vies d’aventures sans bornes, audacieuses et téméraires, mille traits de caractère d’effronterie, que ne renieraient pas un roi viking ou un conquérant romain. Lorsque ces contraires fusionnent dans un homme d’une force naturelle vraiment supérieure, au cerveau bien fait et au cœur grave, que tant de longues nuits de quart aussi, sur les plus lointaines eaux, sous les constellations que le Nord ne révèle jamais, amènent, par leur paix et leur solitude, à penser avec indépendance en marge des traditions, qui reçoit toutes les empreintes douces ou violentes à la source même du sein vierge, généreux et confiant de la nature, et qui se rend maître, dès lors, c’est l’un de ses profits accidentels, d’un langage hardi, énergique et hautain – cet homme – le recensement d’une nation n’en donnera qu’un – vous offre le spectacle de la grandeur de qui est promis aux nobles tragédies. Et il ne sera amoindri en rien, quant au pathétique, si de naissance ou à cause de quelque circonstance, une tristesse maladive domine le fond de sa nature, dans laquelle il semble se complaire à demi. Car c’est un certain goût morbide qui façonne tous les hommes d’une tragique grandeur. Ô jeune ambition, sache-le bien, toute grandeur humaine n’est que maladie. Mais pour le moment nous ne nous trouvons pas devant une nature de ce genre mais devant une autre, fort différente, avec un homme qui, pour singulier qu’il soit, n’exprime qu’un aspect du quakerisme modifié par sa personnalité.

Comme le capitaine Peleg, le capitaine Bildad était un baleinier à la retraite, fortune faite. Mais au contraire du capitaine Peleg, qui lui se moquait complètement de ce qu’on appelle les choses sérieuses et qui, à vrai dire, considérait ces mêmes choses sérieuses comme des broutilles, le capitaine Bildad non seulement avait été élevé selon les règles les plus strictes du quakerisme de la secte de Nantucket mais ni toute sa vie passée sur l’Océan, ni la vue, aux environs du cap Horn, de superbes créatures nues, ni rien de tout cela n’avait changé d’un iota ce quaker né comme cela, n’avait en rien adouci les angles de sa veste. En dépit de ces données inaltérables, l’honorable capitaine Bildad manquait passablement de simple logique. Bien que refusant, par scrupules de conscience, de porter les armes contre de terrestres envahisseurs, lui-même avait envahi sans que rien puisse le retenir, l’Atlantique et le Pacifique et, bien qu’ennemi juré du sang versé, il avait pourtant, dans son manteau étroit, répandu à flots celui du léviathan. Comment le pieux Bildad, au soir contemplatif de sa vie, réconciliait-il ces faits dans son souvenir, je ne sais; mais cela ne semblait pas l’inquiéter outre mesure, et il en était très probablement venu à la conclusion sage et raisonnable que la religion d’un homme est une chose et que ce monde positif en est une autre. Ce monde paie des dividendes. Passant de mousse de carré, vêtu de court et de gris, au rang de harponneur habillé d’un large gilet en ventre d’alose, puis à celui de chef de pirogue, de second, de capitaine pour devenir enfin commanditaire, Bildad, je l’ai déjà dit, avait mis un terme à sa carrière aventureuse en abandonnant toute activité au bel âge de soixante ans, vouant le restant de ses jours à la douceur d’encaisser un revenu bien gagné.

Maintenant, j’ai le regret de le dire, Bildad avait la réputation d’être un vieil avare incorrigible et passait pour avoir été, du temps où il naviguait, un tyran implacable. On m’a raconté à Nantucket, bien que cela paraisse sans aucun doute une curieuse histoire, que lorsqu’il était maître à bord du vieux navire-baleinier Catgut, son équipage, en débarquant, avait été emmené presque au complet à l’hôpital, cruellement épuisé et usé. Pour un homme pieux, qui plus est pour un quaker, il avait plutôt le cœur dur, c’est le moins qu’on en puisse dire. Jamais il n’injuriait ses hommes, mais il avait une façon à lui de les soumettre aux travaux forcés, avec une cruelle démesure. Lorsque Bildad était second, sentir son œil terne vous fixer intensément vous rendait fou de nervosité jusqu’à ce que vous puissiez faire main basse sur n’importe quoi: un marteau ou un épissoir, et vous mettre au travail, comme un forcené, à une chose ou à une autre, peu importe quoi. L’indolence et la paresse tombaient mortes devant lui. Sa propre personne était l’incarnation parfaite de la parcimonie. Son long corps étique ne comportait aucune chair superflue, aucune barbe superflue, son menton s’ornant d’un poil doux ratissé à l’économie, semblable au velours élimé de son chapeau à larges bords.

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