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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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– Queequeg, dis-je, pensez-vous que nous pouvons souper à deux sur une clovisse?

Pourtant, le parfum appétissant de la chaude vapeur, qui s’échappait de la cuisine, infligeait un démenti à un programme apparemment peu réjouissant. Lorsque la soupe fumante apparut, la clef du mystère nous fut délicieusement donnée. Ah! mes bons amis, écoutez bien. De petites clovisses juteuses, à peine plus grosses qu’une noisette, mélangées à des biscuits de mer émiettés et à du porc salé finement émincé, composaient cette soupe enrichie de beurre et généreusement assaisonnée de sel et de poivre. Un voyage hivernal nous avait aiguisé l’appétit. Queequeg se trouvait devant son plat favori, la soupe était une réussite parfaite, aussi l’eûmes-nous expédiée promptement. Je m’appuyai au dossier de ma chaise et, songeant à la proposition de Mme Hussey: clovisses ou morue? j’envisageai de tenter une petite expérience. Me dirigeant vers la porte de la cuisine, je prononçai le mot: morue avec grandiloquence et regagnai mon siège. Au bout d’un instant la vapeur appétissante renaissait, apportant un parfum différent, et, en temps voulu, on nous servit une magnifique soupe à la morue.

Nous nous y attaquâmes, et tandis que nous plongions nos cuillères dans nos écuelles, je me demandai si cela avait un effet sur la tête? Une locution populaire ne veut-elle pas qu’on ait des têtes de poissons frits? Mais, regardez, Queequeg, n’y a-t-il pas une anguille vivante dans votre écuelle? Où est votre harpon?

Ce Tâte-Pots était plus poissonneux que tous les endroits poissonneux, et il méritait bien son nom! Dans toutes ses chaudières bouillaient des soupes de poissons, on vous servait de la soupe de poissons au petit déjeuner, de la soupe de poissons au repas de midi, de la soupe de poissons au souper, jusqu’à ce que les arêtes vous sortent de la peau et que vous en veniez à les chercher dans vos vêtements. L’entrée, devant la maison, était pavée de coquilles de clovisses. Mme Hussey portait un collier de vertèbres de morue polies et Osée Hussey avait des livres de comptes reliés en peau de chagrin, ancienne et de qualité. Le lait avait un arrière-goût de poisson, lui aussi. La raison m’en échappait tout à fait. Mais un matin, tandis que je me promenais le long de la plage parmi les barques de pêcheurs, je vis la vache bringée d’Osée, pâturant des restes de poissons, avançant sur le sable, ses quatre sabots chaussés d’une tête de morue; croyez-moi, elle avait l’air d’une traîne-savates.

Le souper terminé, nous reçûmes une lampe et des renseignements de Mme Hussey sur le plus court chemin menant au lit, mais tandis que Queequeg s’apprêtait à me précéder dans l’escalier, la dame tendit le bras et réclama son harpon. Elle ne tolérait aucun harpon dans les chambres. «Pourquoi? demandai-je, tout vrai harponneur dort avec son harpon… alors pourquoi non?» – «Parce que c’est dangereux, dit-elle, depuis que le jeune Stiggs de retour de c’mal’reux voage, après quatre ans et demi d’absence, avec seulement trois barils d’haïle, depuis qu’il a été trouvé mort au premier dans la chambre de derrière, le harpon dans le cœur; depuis, alors, je n’autorise aucun pensionnaire à emporter des armes aussi dangereuses dans leurs chambres la nuit. Auchi, monsieur Queequeg (car elle avait appris son nom) je vais juste prendre ce fer-ci et vous le garder jusqu’à demain matin. Mais à propos de la soupe, clovisses ou morue pour le petit déjeuner, les gars?»

– Les deux, répondis-je, et donnez-nous aussi une paire de harengs fumés pour varier le menu.

CHAPITRE XVI Le navire

Au lit, nous combinâmes un plan pour le lendemain, mais à ma surprise et pour ma plus grande inquiétude, Queequeg me donna alors à entendre qu’il avait sérieusement consulté Yoyo – ainsi s’appelait son petit dieu noir – que Yoyo lui avait répondu par deux ou trois fois, et fortement insisté de toutes les manières possibles, pour qu’au lieu d’aller ensemble au port et choisir d’un commun accord parmi la flottille des baleiniers le navire sur lequel nous embarquerions, au lieu de cela, dis-je, Yoyo ordonnait instamment que j’assumasse l’entière responsabilité de ce choix, attendu que Yoyo se proposait de nous protéger et qu’à cette fin il avait d’ores et déjà choisi lui-même ce navire que, livré à moi-même, moi Ismaël, je trouverai comme par hasard mais infailliblement, comme si la chance l’avait amené là exprès; je devais m’engager aussitôt sur ce navire, indépendamment de Queequeg pour le moment.

J’ai oublié de dire que, en bien des cas, Queequeg accordait une grande confiance à la valeur des jugements de Yoyo et à l’étonnante sûreté de ses prédictions. Il tenait Yoyo en considérable estime, comme un dieu plutôt bon de nature aux intentions généralement amicales, mais dont les bienveillants desseins ne réussissaient pas toujours.

Cette décision de Queequeg, ou plutôt de Yoyo, je ne l’appréciai à aucun degré. Je m’en étais presque absolument remis à la perspicacité de Queequeg pour élire le mieux qualifié pour nous transporter sûrement, nous et notre sort. Mais toutes mes protestations restant sans effet, je fus contraint de céder et, en conséquence, je me préparai à prendre l’affaire en main avec une hâte décidée, une énergie vigoureuse, propre à bâcler promptement cette question futile. Le lendemain matin de bonne heure, je quittai Queequeg enfermé avec Yoyo dans notre petite chambre, car il semblait que ce fût le jour d’une espèce de carême ou de ramadan, ou un jour de jeûne, de mortification et de prières entre Queequeg et Yoyo. Ce qu’il en était précisément, je ne pus jamais le découvrir car bien que je me sois appliqué maintes fois à méditer sa liturgie et ses XXXIX Articles, je ne pus jamais en venir à bout; dès lors, abandonnant Queequeg jeûnant avec son tomahawk, et Yoyo se chauffant au feu sacrificatoire des copeaux, je me mis en route parmi les bateaux. Après des déambulations interminables, des renseignements demandés à tort et à travers, j’appris que trois navires étaient en partance pour des voyages de trois ans: le Diable-et-sa-mère, la Bonne-Bouche et le Péquod. J’ignore l’origine du nom du Diable-et-sa-mère, celle de Bonne Bouche est évidente, quant à Péquod, vous vous souvenez sans doute que c’était le nom d’une célèbre tribu d’Indiens du Massachussetts aussi éteinte à présent que les anciens Mèdes. Je jetai un regard inquisiteur et fureteur sur l eDiable-et-sa-mère; de là, je sautai dans la Bonne-Bouche et enfin, montant à bord du Péquod, je l’examinai un moment et décidai que c’était là le navire idéal pour nous.

Autant que je sache, vous avez sans doute vu, au cours de votre vie, bien des embarcations pittoresques: des lougres à bouts carrés, des jonques japonaises hautes comme des montagnes, des galiotes-caisses à beurre, je ne sais quoi encore mais, croyez-moi sur parole, vous n’avez jamais vu un vieux bâtiment aussi extraordinaire que cet extraordinaire vieux Péquod. C’était un navire de la vieille école, plutôt petit, qui avait la façon surannée des meubles à pieds de griffon. Longuement amarinée, colorée par tous les temps, des typhons aux calmes plats des quatre océans, sa vieille coque avait pris le teint basané d’un grenadier français qui aurait combattu en Égypte comme en Sibérie. Son étrave vénérable semblait barbue. Ses mâts – taillés quelque part sur la côte japonaise là où la tempête emporta ceux qu’il avait à l’origine – ses mâts avaient la raideur de l’épine dorsale des trois vieux rois de Cologne. Ses ponts antiques étaient usés et ridés comme la dalle vénérée des pèlerins où fut versé le sang de Becket dans la cathédrale de Cantorbéry. À ces pièces de musée, étaient venues s’ajouter des caractéristiques nouvelles et étonnantes qui racontaient les aventures sauvages qui furent les siennes pendant plus d’un demi-siècle. Le vieux capitaine Peleg, second à son bord pendant plusieurs années avant de commander son propre navire, qui était maintenant à la retraite et l’un des principaux propriétaires du Péquod, ce vieux Peleg avait, durant son règne de second, ajouté à son caractère grotesque primitif et l’avait pénétré de part en part d’une étrangeté, due à la fois au matériau et à son esprit inventif, qui n’avait sa pareille nulle part sauf peut-être sur le bouclier ou le châlit de Thorkill Hake. Il portait parures comme un barbare empereur d’Éthiopie au cou alourdi de pendentifs d’ivoire poli. C’était un reliquaire de trophées. Un cannibale de navire, se pavanant dans les ossements ciselés de ses ennemis. Ses pavois à découvert, sans jambettes, étaient ornés sur tout leur pourtour, sans interruption, telle une seule mâchoire, avec les longues dents aiguës du cachalot tenant lieu de cabillots pour amarrer ses muscles de chanvre et ses tendons. Ces filins ne couraient pas dans des poulies de vulgaire bois des forêts mais filaient prestement dans des réas creusés dans du morfil. Méprisant un gouvernail à tourniquet, il arborait une barre digne de respect, taillée d’une seule pièce dans la longue et étroite mâchoire inférieure de son ennemi héréditaire. L’homme de barre lorsqu’il gouvernait dans la tempête se sentait, cette barre en main, pareil au Tartare lorsqu’il retient par le mors son ardente monture. Un navire d’une vraie noblesse, mais aussi d’une certaine manière, d’une grande mélancolie! Toute chose noble en est empreinte.

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