Quelqu'un marchait sur ma tombe
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 1963
- Язык: французский
- Год: Fleuve noir
- ISBN: 978-2265056541
- Жанр: Криминальные детективы
Электронная книга - «Quelqu'un marchait sur ma tombe». Краткое содержание книги:
Franck, condamné à perpète pour le meurtre d'un flic, sera-t-il enfin libre après cinq années de détention ?
Ses amis réussiront-ils cet exploit incroyable préparé à son insu ?
Dans sa cellule Franck se pose des questions au sujet de ces cinq années… Lisa est-elle la maîtresse de son avocat ? L'a-t-elle trahi ?
Au cours d'une course contre la montre et d'un suspense à huis clos, la jalousie armera-t-elle le bras de la justice immanente ?
— Frank ! appela-t-elle ; Frank, ne fais pas ça.
Il fit une brusque volte-face et, de toutes ses forces, hurla :
— Mais, bon Dieu, Lisa, tu n’as donc pas envie de tuer ces cinq années misérables ?
— Si, chuchota Lisa d’une voix imperceptible. Oh ! si !
Elle pointa le pistolet en direction de Frank. Il comprit mais ne fit pas un geste. Il y eut alors quelques secondes d’une tension inhumaine, puis, posément, avec presque de l’application, Lisa tira quatre balles.
À chaque projectile, Frank marqua un tressaillement. Son regard se fit lointain. À travers un écran de fumée bleue, il vit s’anéantir la chère silhouette de Lisa. Alors il croisa ses deux bras contre sa poitrine et s’acagnarda au mur. Il se mit à glisser doucement, le long de la paroi, s’efforçant de contenir sa lucidité.
Lisa resta face à lui.
— Ça n’aurait servi à rien, le Danemark, dit-elle sourdement. Et la mort de Gessler n’aurait servi à rien non plus. Si j’avais été certaine qu’elle t’apaise, je l’aurais tué, Frank, je te jure que je l’aurais tué.
— Oui, fit l’avocat, de la même voix incertaine, oui, Lisa, vous m’auriez tué.
Frank coula d’un bloc sur le plancher, étrangement pelotonné sur lui-même. Il ressemblait à un gosse endormi. Lisa se laissa tomber à genoux.
— Je te jure que ç’aurait été inutile, Frank. Tu le sais, dis, mon amour ? Tu le sais ?
Frank réussit un léger acquiescement de la tête. Ses lèvres remuèrent, mais à cet instant précis la sirène du bateau qui appareillait retentit. Lorsque la sirène se tut, Frank était mort, une joue appuyée sur son bras replié.
Une immense rumeur jaillit des quais. La voix d’un haut-parleur nasilla quelque chose que Lisa ne comprit pas. Puis le même haut-parleur répéta dans un abominable français :
— Attention ! Attention ! Vous êtes cernés. Vous allez sortir les uns après les autres en gardant vos mains croisées derrière la tête. Attention ! Attention ! Achtung ! Achtung !
Gessler toucha l’épaule de la jeune femme.
— Venez, Lisa, ordonna-t-il. Nous, nous ne sommes pas encore arrivés !
Elle le regarda sans comprendre, mais il l’aida à se lever et elle se laissa guider jusqu’à la porte.
Lorsqu’ils apparurent à la verrière, il se fit en bas un brusque silence.
Gessler croisa ses mains derrière sa nuque et se mit à descendre l’escalier de fer.