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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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"Amélia, comprends-tu cela ?"

"Non," répondit-elle simplement. Elle soupçonnait un piège qui lui aurait pour l'instant échappé et c'était pourquoi l'Auror Bahry serait maintenu sous bonne garde, à l'écart du groupe principal.

"Peut-être," répondit-il lentement, "que celui qui parmi eux est capable de lancer le Patronus est plus qu'un simple otage. P'têt ben quelqu'un qu'on a dupé pour qu'il vienne ? Quelle que soit la raison, ils ont gardé notre Auror en vie ; ne soyons pas les premiers à exercer des sortilèges mortels lorsque nous les trouverons -"

"Je vois," dit la vieille sorcière, comprenant soudain, "c'était ça leur plan. L'Oublietter et le garder en vie ne leur coûte rien et nous fait hésiter -" Amélia hocha la tête, résolue, et elle dit à son équipe : "Nous continuons comme avant."

Le vieux sorcier soupira. "Des nouvelles des Détraqueurs ?"

"Si je te le dis," lâcha-t-elle, "est-ce que tu vas encore déguerpir ?"

"Cela ne te coûte rien, Amélia," dit le vieux sorcier avec douceur, "et pourrait éviter le combat à l'un des tiens."

Me coûte rien à ma part ma chance de me venger -

Mais ce n'était rien comparé à l'autre poids dans la balance ; le vieux sorcier agaçant finissait souvent par avoir raison et c'était en partie ce qui le rendait si agaçant.

"Les Détraqueurs ont cessé de répondre aux questions concernant l'autre personne qu'ils ont dit avoir vue," lui dit-elle, "et ils refusent de dire pourquoi, ni où il l'ont vue."

Dumbledore se tourna vers le flamboyant phénix d'argent perché sur son épaule et dont l'éclat illuminait le couloir entier, et il reçut un signe de dénégation silencieux en réponse. "Je ne peux pas non plus les détecter," dit Dumbledore. Puis il haussa les épaules. "Je suppose que je vais juste parcourir toute la spirale de haut en bas et voir si quelque chose se passe, non ?"

Amélia lui aurait ordonné de ne pas le faire si elle avait pensé que cela aurait eut le moindre effet.

"Albus," dit Amélia alors que le vieux sorcier se retournait pour partir, "même toi tu peux être pris en embuscade."

"Absurde, ma chère," dit le vieux sorcier d'un ton guilleret alors qu'il s'en allait de nouveau, secouant en signe d'admonestation sa baguette de près d'un demi-mètre faite d'un bois noir-gris impossible à identifier, "je suis invincible."

Il y eut une pause.

("Il ne vient pas de dire ça -" murmura le nouvel Auror, une jeune demoiselle encore pincée du nom de Noëlle Curry, à l'intention Brooks, de l'Auror senior de son trio. "Si ?")

("Il peut se le permettre," lui murmura Isabel en retour, "c'est Dumbledore, même le Destin ne le prend plus au sérieux.")

"Et c'est pour ça," dit Amélia d'un ton grave au bénéfice des Aurors plus jeunes, "qu'on ne l'appelle jamais pour rien à moins d'y être absolument obligé."

Harry était allongé, totalement immobile, sur le banc dur qui faisait office de lit dans cette cellule avec une couverture tirée par-dessus lui, et il essayait de rester le plus statique possible en attendant que la peur revienne. Un Patronus approchait, et il était puissant. Bellatrix était masquée par une Relique de la Mort et aucune sortilège simple ne pouvait pénétrer cela ; mais Harry ne savait pas quels autres arts les Aurors pourraient employer afin de le détecter lui, et il n'osait pas révéler son ignorance en l'interrogeant. Alors Harry restait allongé sur le dur matelas, dans une cellule à la porte fermée à clé, derrière une immense porte de métal elle aussi fermée, dans une noirceur absolue, une fine couverture tirée par-dessus lui, et il espérait que la personne qui approchait ne regarderait pas à l'intérieur, ou au moins qu'elle n'y regarderait pas de trop près -

Ce n'était vraiment pas un paramètre sur lequel il pouvait avoir le moindre effet, cette partie de son destin reposait entièrement dans les mains des Variables Cachées. La majeure partie de son esprit se concentrait sur la métamorphose qu'il était en train d'opérer.

À l'écoute du silence, Harry entendit les pas rapide s'approcher ; ils s'interrompirent devant la porte, puis -

- continuèrent.

La peur revint bientôt.

Il ne s'autorisa pas à remarquer son soulagement pas plus qu'il ne s'était autorisé à remarquer sa peur. Il maintenait dans son esprit la forme d'un appareil Moldu bien plus gros qu'une batterie de voiture et appliquait lentement cette Forme à la substance d'un cube de glace (que Harry avait congelé en utilisant Frigideiro sur de l'eau venue d'une bouteille de sa bourse). On n'était pas censé métamorphoser des choses destinées à être brûlées, mais entre le fait que la substance originale était aqueuse et le sortilège de bulle qui protégeait son arrivée d'air, Harry espérait que cela ne rendrait personne malade.

Maintenant, la seule question était de savoir si, avant que les Aurors ne fassent une inspection poussée de ce groupe de cellules, il y aurait assez de temps pour que Harry puisse finir sa métamorphose et la métamorphose partielle qu'il comptait faire ensuite -

Lorsque le vieux sorcier revint les mains vides, même Amélia commença à ressentir un soupçon d'inquiétude. Elle et les deux autres équipes d'Aurors avaient balayé un tiers des trois spirales de façon synchronisée afin de ne créer aucune ouverture qui pourrait être franchie en passant à travers un plafond et ils attendait encore de trouver le moindre indice.

"Pourrais-je te demander un rapport ?" dit Amélia, gardant le mordant hors de sa voix.

"D'abord un simple passage de bas en haut," dit le vieux sorcier. Il fronçait les sourcils, ce qui rendait son visage encore plus ridé qu'à l'habitude. "J'ai examiné la cellule de Bellatrix et j'ai trouvé une poupée de mort à sa place. Je pense que l'évasion n'était pas censée être remarquée. Il y a quelque chose de caché dans un coin, sous un morceau de tissu ; je n'y ai pas touché afin que les Aurors l'examinent. Sur le chemin du retour, j'ai ouvert chaque porte et j'ai regardé dans les cellules. Je n'ai rien vu qui soit Désillusionné, seulement les prisonniers -"

Ils furent interrompus par un cri venant du phénix rouge-or et tous les Aurors tressaillirent en l'entendant. Il exprimait une condamnation et une demande urgente qui poussa presque Amélia à se mettre à courir.

"- qui sont dans une condition assez alarmante," dit Dumbledore d'un ton doux. L'espace d'un instant, les yeux bleus derrière les verres en croissant de lune devinrent très froids. "L'un de vous me parlera-t-il des conséquences de leurs actions ?"

"Je n'ai pas - " commença Amélia.

"Je sais," dit le vieux sorcier. "Mes excuses, Amélia." Il soupira. "Parmi ceux que j'ai vu, certains des prisonniers les plus récents avaient encore quelques restes de leur magie, mais je n'ai ressenti aucune puissance intacte ; le plus fort avait autant de magie qu'un enfant de première année. De nombreuses fois j'ai entendu Fumseck crier de détresse, mais jamais de défi. Il semble que vous allez devoir continuer votre recherche ; ils se cachent assez bien pour échapper à mon simple regard."

Lorsque Harry eut fini sa première métamorphose, il s'assit, ôta la couverture qui l'avait recouvert, lança un rapide Lumos, jeta un coup d'œil à sa montre et fut surpris de découvrir que près d'une heure et demie s'étaient écoulée. Quelle fraction de ce temps datait d'après le passage de la personne qui avait ouvert puis refermé la porte - Harry n'avait bien sûr pas regardé dans cette direction - cela, il ne pouvait pas le deviner.

"Seigneur... ?" chuchota la voix de Bellatrix, douce et très hésitante.

"Tu peux parler à présent," dit Harry. Il lui avait dit de rester silencieuse pendant qu'il travaillait.

"C'est Dumbledore qui a posé son regard sur nous."

Pause.

"Intéressant." dit Harry d'un ton neutre. Il était heureux de ne pas s'en être rendu compte lorsque cela s'était produit. Il semblait qu'il avait eu plutôt chaud.

Harry parla à sa bourse et commença à extraire l'appareil magique qu'il associerait au produit de son heure de travail. Puis, lorsque cela fut fait, un autre mot fit apparaître un tube de colle industrielle ; avant de l'utiliser, Harry lança le sortilège de bulle sur lui-même et sur Bellatrix, et il demanda à cette dernière de lancer le même sortilège sur le serpent afin que les émanations de la colle ne les atteignent pas dans l'espace confiné de la cellule.

Lorsque la colle eut commencé à prendre, liant la technologie à la magie, Harry déposa le tout sur le lit et s'assit au sol, reposant sa magie et sa volonté pendant un moment avant de s'essayer à la métamorphoser suivante.

"Seigneur..." dit Bellatrix d'une voix hésitante.

"Oui ?" dit la voix sèche.

"Quel est cet appareil que vous fabriquez ?"

Harry réfléchit rapidement. Cela semblait être une bonne opportunité de vérifier ses plans auprès d'elle sous couvert de questions orientées.

"Considère ceci, ma chère Bella," dit Harry d'un voix soyeuse. "À quel point est-il difficile, pour un sorcier puissant, de découper les murs d'Azkaban ?"

Il y eut une pause, puis la voix de Bellatrix lui parvint, lente et perplexe : "Pas difficile du tout, seigneur... ?"

"En effet," dit la voix sèche et haute perchée du maître de Bellatrix. "Suppose que quelqu'un le fasse et s'envole par le trou ainsi formé au moyen d'un balais, vers les cieux puis vers le large. Faire évader un prisonnier d'Azkaban semble alors facile, n'est-ce pas ?"

"Mais seigneur..." dit Bella. "Les Aurors - ils ont leur propre balais, seigneur, des balais rapides -"

Harry écouta : les choses étaient telles qu'il les avait imaginées. Le Seigneur des Ténèbres répondit, de nouveau du ton soyeux de l'interrogatoire Socratique, et Bellatrix posa une autre question, à laquelle Harry ne s'était pas attendu, mais la question que Harry posa en guise de réponse révéla que cela n'aurait en fin de compte pas d'importance. Et en réponse à la dernière question de Bellatrix, le Seigneur des Ténèbres se contenta de sourire et dit qu'il était temps qu'il reprenne son travail.

Puis Harry se releva, alla jusqu'au fond de la cellule et toucha la dure surface du mur du bout de sa baguette - le mur d'Azkaban, le métal solide qui les protégeait d'une exposition directe à la fosse des Détraqueurs.

Et Harry entama une métamorphose partielle.

Il espérait que le sortilège serait plus rapide. Il avait passé des heures et des heures à pratiquer cette magie unique, la rendant ainsi routinière, pas beaucoup plus difficile que la métamorphose ordinaire. Le volume de la forme qu'il changeait n'était pas si grand que ça et la forme métamorphosée serait peut-être haute, large et longue, mais elle serait très fine. Un demi-millimètre, avait-il songé, un demi-millimètre suffirait étant donné la régularité parfaite de la surface...

Sur le long banc qui servait de lit de prison, là où Harry avait déposé l'appareil technologie métamorphosé et l'objet magique afin que la colle qui les reliait puisse sécher, de petites lettres d'or scintillaient à la surface de l'objet Moldu. Harry n'avait pas réellement prévu leur présence mais elles avaient été perpétuellement présentes dans ses pensées et semblaient donc être devenues partie intégrante de la forme métamorphosée.

Il y avait de nombreuses choses que Harry aurait pu dire avant de faire usage de ce triomphe d'ingéniosité technologique. Toute une collection de choses qui auraient été appropriées, d'une façon ou d'une autre. Ou du moins des choses que Harry aurait pu dire, aurait dites si Bellatrix n'avait pas été là.

Mais il n'y avait qu'une seule chose à dire, une chose qu'il n'aurait l'opportunité de dire que cette fois-ci, pour laquelle une meilleure opportunité d'être dite (ou du moins d'être pensée, s'il ne pouvait la dire) ne se présenterait jamais plus. Il n'avait pas vu le film mais il avait vu une bande-annonce, et pour une raison ou une autre la phrase était restée scotchée dans son esprit.

Les petites lettres d'or sur l'appareil Moldu disaient :

Très bien, bande de nazes primitifs ! Écoutez-moi !

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