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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Les ombres de la Mort franchirent le milieu du couloir et Harry leva sa main, doigts écartés, et dit de la voix ferme et confiante d'un commandant : "Arrêtez-vous."

Les ombres de la Mort s'arrêtèrent.

Derrière lui Bellatrix eut un hoquet étranglé, comme s'il avait été arraché de sa gorge.

Harry fit un geste vers elle, le signal qu'il avait préparé à l'avance et qui signifiait : répète ce que tu les as entendus dire.

"Ils disent," répondit Bellatrix, sa voix tremblait, "ils disent : 'Bellatrix Black nous a été promise. Dis-nous où elle se cache et tu seras épargné.'"

"Bellatrix ?" dit Harry, donnant à sa voix un ton amusé. "Elle s'est échappée il y a un moment."

Un instant plus tard, Harry se rendit compte qu'il aurait dû dire que Bellatrix était parmi les Aurors de l'étage supérieur, cela aurait semé une plus grande confusion -

Non, c'était une erreur de penser qu'on pouvait tromper les Détraqueurs, ils n'étaient que des choses, ils n'étaient contrôlés que par les attentes -

"Ils disent," dit Bellatrix d'une voix brisée, "ils disent qu'ils savent que vous mentez."

Les vides recommencèrent à avancer.

Ses anticipations sont plus fermes que la mienne ; elle les contrôle involontairement -

"Ne résiste pas," dit Harry, pointant sa baguette derrière lui.

"Je, je vous aime, adieu, seigneur -"

"Somnium."

Entendre ces horribles mots et comprendre l'erreur de Bellatrix l'aida étrangement ; cela lui rappela pourquoi il se battait.

"Arrêtez-vous," répéta Harry. Bellatrix dormait ; maintenant, seule sa volonté, ou plutôt seules ses attentes devraient contrôler ces sphères d'annihilation -

Mais les sphères continuèrent de glisser vers l'avant, et Harry ne pu s'empêcher de s'inquiéter à l'idée que l'expérience précédente avait endommagé sa confiance, ce qui voulait dire qu'il ne pourrait pas les arrêter, et alors même qu'il s'observait penser cela il se mit à douter encore plus - il avait besoin de plus de temps pour se préparer, il fallait vraiment qu'il commence par pratiquer le contrôle d'un seul Détraqueur dans une cage -

Il n'y avait plus qu'un quart de couloir entre lui et les ombres de la Mort, les vents du vide étaient si forts que Harry pouvait sentir l'érosion de ses propres failles qui commençait.

Et la pensée lui vint qu'il avait peut-être tort, peut-être que les Détraqueurs avaient leur propres désirs et leurs propres capacités à prévoir. Ou peut-être qu'ils étaient contrôlés par la façon dont tout le monde pensait qu'ils fonctionnaient, pas seulement par les pensées de la personne la plus proche d'eux. Et dans un cas comme dans l'autre -

Harry leva sa baguette, en position de départ pour le Patronus, et il parla :

"L'un de vous s'est rendu à Poudlard et n'est pas revenu. Il n'existe plus ; cette Mort est morte."

Les Détraqueurs firent halte, une douzaine de blessures du monde se tinrent immobiles alors que le néant hurlait autour d'eux tel un vent fatal sans destination.

"Retournez-vous et partez et ne parlez de cela à personne, petites ombres, ou je vous détruirai aussi."

Les doigts de Harry glissèrent vers la position de départ du Patronus et il se prépara à le lancer ; dans son esprit, la Terre brillait entre les étoiles, le côté jour resplendissait de bleu sous l'éclat du soleil, le côté nuit étincelait de villes humaines. Harry ne bluffait pas, il n'essayait pas de jouer avec ses pensées. Les ombres de la Mort avanceraient et seraient annihilées, ou elles repartiraient, il était prêt à une éventualité comme à l'autre...

Et les vides battirent en retraite aussi doucement qu'ils étaient venus, les vents de néant s'amenuisant à chaque mètre qu'ils traversaient, à mesure qu'ils glissaient le long des escaliers et partaient.

Qu'ils aient vraiment leur propre pseudo-intelligence ou que Harry ait enfin réussi à s'attendre à ce qu'ils partent... cela, il l'ignorait.

Mais ils étaient partis.

Harry prit un moment pour s'asseoir sur les escaliers à côté d'une Bellatrix inconsciente et il s'avachit autant qu'elle, ferma ses yeux un moment, juste un moment, il ne comptait certainement pas dormir à Azkaban mais il avait besoin de ce moment. Harry espérait que les Aurors allaient toujours lentement descendre les escaliers et que ça ne pourrait donc pas faire de mal de se reposer cinq minutes. Il prenait garde à avoir des pensées positives et enjouées, oh, je vais juste prendre un bon repos regénératif de cinq minutes, plus que, disons, oh, je vais juste m'effondrer sous le coup de l'épuisement émotionnel et physique parce que les Détraqueurs n'étaient pas partis bien loin.

Ah, et au fait, dit Harry à son cerveau, tu es viré.

"Je l'ai trouvé !", s'écria la voix d'un vieux sorcier.

Qui ? pensa Amélia tout en pivotant afin d'observer le retour de Dumbledore, qui portait dans ses bras -

- la seule vue, la seule personne à laquelle elle ne se serait jamais attendue -

- un homme vêtu de robes rouges déchirées, écorché comme s'il avait vécu une petite guerre, du sang séché le long de nombreuses coupures. Ses yeux étaient ouverts et il mâchait une barre de chocolat tenue dans son unique main viable.

Bahry Une-Main était en vie.

Un cri de joie s'éleva, les Aurors abaissèrent leur baguettes, certains d'entre eux commençaient déjà à s'élancer.

"Restez sur vos gardes !" mugit Amélia. "Vérifiez qu'ils ne sont pas sous Polynectar - inspectez Bahry, cherchez de petits Animagus ou des pièges -"

"Innerver. Wingardium Leviosa."

Il y eut une pause. Harry sentit, même s'il ne pouvait pas tout à fait le voir, que la femme invisible se relevait, qu'elle s'appuyait sur ses pieds et qu'elle tournait la tête pour regarder autour d'elle. "Je suis... en vie... ?"

Harry était douloureusement tenté de répondre non, juste pour voir ce qu'elle en ferait. Au lieu de cela il siffla : "Ne pose pas de questions stupides."

"Que s'est-il passé ?" murmura Bellatrix.

Et le Seigneur des Ténèbres laissa échapper un rire fou et suraigu, et il dit : "J'ai effrayé les Détraqueurs, ma chère Bella."

Il y eut une pause. Harry aurait souhaité pouvoir observer le visage de Bellatrix ; s'était-il trompé dans son choix de mots ?

Après un moment, d'une voix chevrotante : "Se pourrait-il, seigneur, que sous cette forme nouvelle vous ayez commencé à vous soucier de moi -"

"Non," répondit Harry d'une voix froide, et il se détourna d'elle (mais il garda sa baguette pointée dans sa direction) puis commença à marcher. "Et assures-toi de ne plus m'offenser ou je t'abandonnerai ici que tu me sois utile ou pas. Maintenant suis, ou reste en arrière ; j'ai à faire."

Harry avança à grand pas sans écouter les halètements qui venaient de derrière lui ; il savait que Bellatrix suivait.

...parce que la dernière chose dont cette femme avait besoin, la dernière chose qu'il lui fallait penser avant que le guérisseur psychiatrique ne commence à essayer de la déprogrammer, c'était de croire que le Seigneur des Ténèbres pourrait un jour lui rendre son amour.

Le vieux sorcier lissa sa barbe d'un air contemplatif en regardant l'Auror Bahry se faire transporter hors de la pièce par deux Aurors costauds.

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