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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:

Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Pour que la mission réussisse,

(1) Harry devrait dissiper son Patronus.

(2) Bellatrix devrait rester invisible aux yeux des Détraqueurs après que le Patronus ait été dissipé

(3) Harry devrait résister à l'épuisement du Détraquage après que le Patronus ait été dissipé.

...

Si je résous ça, dit le cerveau de Harry, je veux un cookie ensuite, et si tu rends le problème un peu plus difficile, je dis bien un chouïa plus difficile, je sors de ton crâne et je pars pour Tahiti.

Harry et son cerveau considérèrent le problème.

Azkaban était demeurée invincible pendant des siècles, s'en remettant à l'impossibilité d'échapper au regard des Détraqueurs. Donc si Harry trouvait un autre moyen de cacher Bellatrix, ce serait soit grâce à son savoir scientifique soit à sa prise de conscience que les Détraqueurs étaient la Mort.

Le cerveau de Harry suggéra qu'une façon évidente d'empêcher les Détraqueurs de voir Bellatrix serait de faire cesser son existence, c'est à dire de la tuer.

Harry félicita son cerveau pour être sorti des sentiers battu et lui dit de continuer à chercher.

Tue-la puis ramène la, dit la suggestion suivante. Utilise Frigideiro pour la refroidir jusqu'à ce que son activité mentale cesse, puis réchauffe-la ensuite en utilisant Thermos, comme les gens qui tombent dans de l'eau très froide et qui peuvent ensuite être ranimés une demi-heure plus tard sans dommage cérébral notable.

Harry considéra cela. Bellatrix ne survivrait peut-être pas dans son état d'affaiblissement actuel. Et ça n'empêcherait peut-être pas la Mort de la voir. Et il aurait du mal à aller bien loin en portant une Bellatrix inconsciente. Et il n'arrivait pas à se souvenir des travaux de recherches sur la température corporelle exacte qui était censée temporairement arrêter le cerveau sans néanmoins être fatale.

C'était une autre idée originale, mais Harry dit à son cerveau de continuer à réfléchir à...

...comment se cacher de la Mort...

Une grimace parcourut le visage de Harry. Quelque part, un jour, il avait entendu quelque chose à ce sujet.

L'un des prérequis pour devenir un grand sorcier est d'avoir une excellente mémoire, avait dit le professeur Quirrell. La clé d'un puzzle est parfois quelque chose que vous avez lu il y a vingt ans dans un vieux rouleau de parchemin, ou un anneau particulier que vous avez vu au doigt d'un homme que vous n'avez rencontré qu'une fois...

Harry se concentra aussi fort qu'il le pouvait mais il n'arrivait pas à se rappeler, il l'avait sur le bout de la langue mais il n'y arrivait pas ; alors il ordonna à son inconscient de continuer à essayer de se souvenir et il se concentra sur l'autre moitié du problème.

Comment puis-je me protéger des Détraqueurs sans Patronus ?

Le directeur avait été exposé à des Détraqueurs situées à quelques mètres, de façon répétée, encore et encore, pendant toute une journée, et il n'en était ressorti qu'avec un air fatigué. Comment avait-il accompli cela ? Harry pouvait-il aussi le faire ?

C'était peut-être une mutation génétique aléatoire, auquel cas Harry était foutu. Mais en supposant que le problème était solvable...

Alors la réponse évidente était que Dumbledore n'avait pas peur de la mort.

Dumbledore n'avait vraiment pas peur de la mort. Dumbledore croyait honnêtement et sincèrement que la mort était la prochaine grande aventure. Il le croyait jusqu'au plus profond de son être, pas seulement sous la forme de mots utiles permettant de masquer une dissonance cognitive, pas seulement pour faire semblant d'être sage. Dumbledore avait décidé que la mort faisait partie de l'ordre naturel et normatif, et quel que soit le peu de peur qui restait en lui, il avait fallu une longue durée et des expositions répétées pour que le Détraqueur parvienne à puiser son énergie au travers de cette petite faille.

Cette possibilité n'était pas offerte à Harry.

Puis il pensa au revers de la médaille, à l'évidente question inversée :

Pourquoi suis-je beaucoup plus vulnérable que la moyenne ? Les autres élèves ne sont pas tombés par terre quand ils ont fait face au Détraqueur.

Harry comptait détruire la mort, y mettre un terme s'il le pouvait. Il comptait vivre pour toujours, s'il le pouvait ; il l'espérait, et l'idée de la Mort ne faisait surgir en lui aucun désespoir, aucun sentiment d'inéluctabilité. Il n'était pas aveuglément attaché à sa propre vie ; de fait, il avait dû faire un effort pour ne pas la brûler dans le but de protéger d'autres de la Mort. Pourquoi les ombres de la Mort avaient-elles un tel pouvoir sur lui ? Il ne se serait pas cru si effrayé par elles.

Était-ce qu'il avait rationalisé pendant tout ce temps ? Qui avait eu secrètement si peur de la mort que cela avait tordu ses pensées, lorsque Harry avait accusé Dumbledore ?

Harry considéra cela en s'empêchant de se détourner de l'idée. C'était pénible, mais...

Mais...

Mais les pensées pénibles n'étaient pas toujours vraies, et celle-ci ne semblait pas tout à fait juste. Comme si elle comportait un élément de vérité mais que cet élément n'était pas où l'hypothèse disait qu'il était -

Et c'est là que Harry comprit.

Oh.

Oh, je comprends à présent.

Celui qui a peur, c'est...

Harry demanda à son côté obscur s'il avait peur de la mort.

Et le Patronus de Harry trembla, se ternit, disparut presque l'espace d'un instant, à cause de cette terreur désespérée et sanglotante, de cette peur indicible qui ferait tout pour ne pas mourir, qui ignorerait tout le reste pour ne pas mourir, qui ne pouvait pas penser ni ressentir en présence de cette horreur absolue, qui ne pouvait pas plus regarder dans l'abysse de la nonexistence qu'elle n'aurait pu faire face au Soleil, une chose aveugle et terrifiée qui voulait seulement trouver un coin sombre et ne plus avoir à y penser -

La silhouette d'argent s'était assombrie jusqu'à avoir un éclat lunaire, elle vacillait comme une bougie en fin de vie -

Tout va bien, pensa Harry, tout va bien.

Il se visualisa, berçant son côté obscur dans ses bras comme si celui-ci avait été un enfant effrayé.

C'est bien et c'est normal d'être horrifié, parce que la mort est horrible. Tu n'as pas à cacher ton horreur, tu n'as pas à te sentir honteux, tu peux la porter comme une marque d'honneur, à découvert, en plein jour.

C'était étrange de se sentir ainsi divisé en deux, de suivre son fil de pensée qui donnait du réconfort et celui de l'incompréhension que son côté obscur avait pour l'étrangeté des pensées ordinaires de Harry ; car parmi toutes les choses que son côté obscur avait associé à sa peur de la mort, la seule qu'il n'aurait jamais imaginé, à laquelle il ne serait jamais attendue, c'était d'être accepté, félicité et aidé...

Tu n'as pas à te battre seul, dit silencieusement Harry à l'intention de son côté obscur. Le reste de ma personne t'aidera. Je ne me laisserai pas mourir, et je ne laisserai pas mes amis mourir non plus. Pas toi/moi, pas Hermione, pas Maman ni Papa, pas Neville, pas Draco ni personne, c'est la volonté de protéger... il visualisa des ailes de lumière solaire semblables aux ailes de Patronus qu'il avait déployées donner abri et réconfort à cet enfant effrayé.

Le Patronus s'éclaira de nouveau, le monde tournait autour de Harry - ou était-ce son esprit qui tournait ?

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