Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Harry ne pouvait pas ressentir les trous dans le monde aussi bien que lorsqu'il avait revêtu la Relique de la Mort mais il pouvait sentir l'attraction du vide monter en intensité. Il avait d'abord cru que c'était parce que Bellatrix et lui descendaient les escaliers, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent et que l'attraction continue d'augmenter... puis de diminuer lorsque les Détraqueurs s'éloignèrent de la spirale, puis d'augmenter de nouveau lorsqu'ils entamèrent une nouvelle volée de marches... Les Détraqueurs étaient maintenant à l'intérieur d'Azkaban, et ils venaient le chercher. Bien sûr qu'ils venaient le chercher. Harry leur résistait peut-être, mais il n'était pas caché.
Nouveau besoin, dit Harry à son cerveau. Trouve un moyen de vaincre les Détraqueurs qui ne nécessite pas mon Patronus. Autrement, trouve encore un autre moyen de cacher quelqu'un à la vue des Détraqueurs, à part la Cape d'Invisibilité -
Je démissionne, dit son cerveau. Trouve-toi un autre morceau substrat opératoire pour résoudre des problèmes dotés de contraintes ridicules et exagérées.
Je suis sérieux, pensa Harry.
Moi aussi, dit son cerveau. Lance ton Patronus et attends que les Aurors viennent te chercher. Sois raisonnable. C'est fini.
Abandonne...
Lorsque cette pensée lui vint, la succion du vide sembla devenir plus forte ; et Harry comprit ce qui se passait et se concentra d'autant plus sur les étoiles, détourna son esprit du désespoir -
Tu sais, fit remarquer la partie logique de son être, si tu n'as pas le droit d'avoir des pensées négatives parce que cela ouvrira ton esprit aux Détraqueurs, c'estaussi un biais cognitif : comment sauras-tu qu'il est vraiment temps d'abandonner ?
Un cri sanglotant et désespéré vint d'en-dessous, porteur de mots tels que "non", et "partez". Les prisonniers savaient, ils pouvaient les sentir.
Les Détraqueurs arrivaient.
"Seigneur, vous - vous ne devriez pas prendre de risque pour moi - reprenez votre Cape -"
"Tais-toi, imbécile," siffla une voix en colère. "Lorsque je déciderai de te sacrifier, je t'en ferai part."
Elle marque un point, dit Serpentard. Tu ne devrais pas prendre de risque pour elle, il est impossible que sa vie ait autant de valeur que la tienne.
L'espace d'un instant, Harry considéra la possibilité de sacrifier Bellatrix pour se sauver lui -
Et à cet instant, une partie de la lumière orangée des lampes à gaz sembla fuir le couloir, un soupçon de froid s'introduisit au bout des doigts de Harry. Et il sut alors qu'envisager la possibilité de laisser Bellatrix aux ombres de la Mort le rendrait de nouveau vulnérable. Prendre cette décision pourrait même le rendre incapable de lancer le Patronus car il aurait alors abandonné la pensée même qui l'avait sauvé plus tôt.
L'idée lui vint que même s'il n'était plus capable de lancer le Patronus, il pourrait toujours prendre la cape de Bellatrix ; il lui fallut alors arracher ses pensées à cette possibilité et se concentrer fermement sur la décision qu'il avait prise de ne pas le faire, sans quoi il serait peut-être tombé au sol, car le tourbillon de vide qui s'enroulait autour de lui avait atteint une puissance mortelle ; des cris venaient d'en-haut, et ceux d'en-dessous s'étaient tus.
C'est ridicule, dit son côté logique. Les agents rationnels ne devraient pas avoir à gérer ce genre de raisonnement censuré, tous les théorèmes postulent que la façon dont tu penses n'affecte pas la réalité, tes actes mis à part, c'est pour ça que tu es libre de choisir un algorithme optimal sans t'inquiéter de la façon dont tes pensées interagissent avec celles de Détraqueurs...
...
C'est une idée vraiment stupide, dit Gryffondor. Même moi je pense que c'est une idée stupide, et je suis ton côté Gryffondor. Tu ne vas pas vraiment rester là et -
"On a sa position !" s'écria Ora, brandissant son miroir magique en signe de triomphe. "Le Détraqueur à l'extérieur du mur interne indique le niveau 7, spirale C, c'est là qu'ils sont !"
Les Aurors la regardaient, attendaient un réponse.
"Non," dit Amélia d'une voix égale. "C'est là que l'un d'eux se trouve. Les Détraqueurs ne peuvent toujours pas trouver Bellatrix Black. Nous n'allons pas nous précipiter là-bas et la laisser partir dans la mêlée, et nous n'allons pas diviser nos forces pour mieux nous faire prendre en embuscade. Tant que nous nous déplaçons précautionneusement, nous ne pouvons pas perdre. Dites à Scrimgeour et à Shacklebolt de continuer de descendre un étage à la fois comme avant -"
Le vieux sorcier s'était déjà élancé. Cette fois Amélia ne se fatigua même pas à l'insulter car leurs boucliers savamment construits s'écartèrent à nouveau comme s'ils avaient été liquides et ondulèrent doucement dans son sillage.
Harry attendait à l'entrée du couloir, juste devant les escaliers qui menaient à l'étage supérieur. Bellatrix et le serpent étaient derrière lui, masqués par la Relique de la Mort dont Harry s'était rendu maître ; il savait, même s'ils ne pouvait pas le voir, que la sorcière émaciée était assise sur les marches le dos courbé car il avait rétracté son sortilège de lévitation afin de libérer sa magie et son esprit.
Ses yeux étaient braqués sur l'extrémité opposée du couloir, tout près des escaliers qui menaient à l'étage inférieur. Cette fois ci ce n'était pas dans son esprit mais dans la réalité que les lumières s'étaient assombries et que la température avait chuté. La peur tonnait autour de lui comme une mer fouettée par les vents d'un ouragan, et la succion du vide était devenue la force d'attraction hurlante d'un trou noir en approche.
En haut des escaliers situés de l'autre côté ils s'approchèrent, flottants entre les airs mourants, les vides, les absences, les blessures du monde.
Et Harry s'attendait à ce qu'ils s'arrêtent.
Avec toute la volonté et la concentration qu'il pouvait assembler, il s'attendait à ce qu'ils s'arrêtent.
Anticipait leur arrêt.
Croyait qu'ils s'arrêteraient.
...en tout cas, c'était ça l'idée...
Harry éteint la dangereuse pensée errante et s'attendit à ce que les Détraqueurs s'arrêtent. Ils n'avaient aucune intelligence propre, ils n'étaient que des blessures infligées au monde, leur forme et leur structure étaient empruntées aux attentes des autres. Si des gens avaient pu négocier avec eux, s'ils avaient pu leur offrir des victimes en échange de leur coopération, ce n'était que parce qu'ils croyaient que les Détraqueurs marchanderaient. Donc si Harry croyait assez fort que les vides se détourneraient et partiraient, ils se détourneraient et ils partiraient.
Mais les blessures continuaient d'approcher, la peur tourbillonnante semblait maintenant être devenue solide, le vide arrachait la matière comme la pensée, la substance comme l'esprit, et l'on pouvait voir le métal se ternir à mesure que les trous dans le monde défilaient.
Un petit bruit vint de derrière lui, de Bellatrix, mais elle ne dit rien car elle avait reçu l'ordre de rester silencieuse.
Ne les vois pas comme des créatures mais comme des objets psychosensibles, si je peux me contrôler alors je peux les contrôler -
Le problème était qu'il ne pouvait pas se contrôler si facilement, qu'il ne pouvait pas se faire croire que bleu était vert par un acte de volonté. Il ne pouvait pas réprimer toutes ces pensées sur l'irrationalité qu'il y avait à se faire croire quelque chose. Sur l'impossibilité qu'il y avait à se tromper soi-même afin de croire quelque chose lorsqu'on savait ce que l'on était en train de faire. Tout l'entraînement contre le mensonge à soi-même que Harry s'était prodigué refusait de s'éteindre, peu importe les dommages que cela allait causer dans ce cas précis -