Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Il n'y avait plus qu'un point de vue décorporé au milieu d'une étendue de lumière d'argent infinie.
Harry pouvait sentir la vie qui le quittait et alimentait le sortilège ; au loin, il pouvait sentir les ombres de la Mort qui commençaient à s'effilocher.
Je comptais accomplir plus que ça dans ma vie... j'allais combattre le Seigneur des Ténèbres, j'allais unir les mondes Moldu et Magique.
Les nobles buts semblaient très distants, très abstraits comparés à une femme suppliant qu'on l'aide, et il n'était pas certain que Harry ferait jamais quelque chose de plus important que cet acte, cet acte unique dont il était capable, ici et maintenant.
Et avec ce qui aurait pu être son dernier souffle, Harry pensa :
Il y a d'autres Détraqueurs, probablement d'autres Azkabans... si je veux faire ça, je devrais le faire plus près de l'abysse centrale, comme ça, ça me prendra moins de vie, ce qui augmentera la probabilité que je survive et que je détruise d'autres Détraqueurs... même en admettant que c'est le choix optimal, s'il y a un bon moment et un bon endroit pour le faire, ce n'est pas ici et maintenant, CE N'EST PAS ICI ET MAINTENANT !
Quoi ? dit l'autre partie de lui d'un ton indigné tout en cherchant un contre-argument qui n'existait pas -
La lumière s'éclipsa lentement, à mesure que Harry se concentrait sur ce fait indiscutable, sur cette vérité évidente qu'ils n'étaient pas à l'endroit optimal, que le bon moment ne pouvait pas être maintenant...
La lumière s'éclipsa lentement.
Une partie de la vie de Harry reflua vers lui.
Une partie avait été perdue sous la forme de radiation.
Mais il lui en restait assez pour rester sur pied et pour maintenir une certaine luminosité dans la silhouette d'argent ; et lorsque son bras armé se leva et que sa voix murmura "Wingardium Leviosa", la magie obéit, s'écoula hors de lui et aida Bellatrix à se remettre sur pied (car ce n'était pas sa magie qu'il avait dépensée, sa magie n'avait jamais été le combustible du Patronus).
Je jure, pensa Harry alors qu'il respirait aussi régulièrement que possible en présence de Bellatrix, alors que des larmes coulaient le long de ses joues invisibles, je jure sur ma vie et ma magie et mon art de rationaliste, je jure sur tout ce que je tiens pour sacré et sur tous mes souvenirs heureux, je fais le serment qu'un jour je mettrai fin à ce lieu, s'il vous plaît, s'il vous plaît, puissé-je être pardonné...
Et ils continuèrent tous deux, tandis que la voix d'une meurtrière hurlait et suppliait quelqu'un de revenir et de la sauver.
Il y aurait dut y avoir plus de temps, il y aurait dut y avoir une cérémonie pour le sacrifice que Harry avait fait de cette partie de lui, mais Bellatrix était à côté, et il ne pouvait que continuer sans s'interrompre, sans rien dire, en respirant à un rythme régulier.
Et il continua donc, laissant une partie de lui en arrière. Elle demeurerait pour toujours en ce temps et en ce lieu, il le savait. Même après qu'il soit un jour revenu avec une compagnie de lanceurs de Véritable Patronus et qu'ils aient détruit tous les Détraqueurs présents. Même s'il faisait fondre le bâtiment triangulaire et qu'il brûlait l'île jusqu'à ce que la mer la recouvre, ne laissant aucune trace pouvant indiquer qu'un tel endroit avait jamais existé. Même alors, il ne la récupérerait pas.
Le troupeau de créatures lumineuses s'arrêta, regarda vers le bas, puis se remit à patrouiller dans les couloirs de métal comme si rien ne s'était passé.
"Comme la dernière fois ?" lâcha la directrice Bones à l'intention de l'Auror Li, et le jeune Auror répondit : "Oui m'dame."
La directrice fit une nouvelle requête afin de voir si les Détraqueurs pouvaient maintenant trouver leur cible, et elle n'eut pas l'air surprise en recevant un réponse négative quelques secondes plus tard.
Emmeline Vance se sentait déchirée entre deux allégeances.
Elle n'était plus un membre de l'Ordre du Phénix, car il s'était dissolu après la fin de la dernière guerre. Et pendant la guerre elle avait su, ils avaient tous su, que le directeur Croupton approuvait leurs batailles secrètes en silence.
Bones n'était pas Croupton.
Mais maintenant, ils traquaient Bellatrix Black, et elle avait été un Mangemort, et c'était certainement des Mangemorts qui étaient en train de la sauver. Leur Patronus se comportaient étrangement - toutes les créatures lumineuses s'arrêtaient et regardaient en bas avant de recommencer à suivre leur maître. Et les Détraqueurs ne pouvaient pas trouver leur cible.
Il lui semblait que le moment était extrêmement opportun pour consulter Albus Dumbledore.
Devait-elle juste suggérer à Bones de contacter Dumbledore ? Mais si elle ne l'avait pas déjà fait...
Emmeline hésita un moment, probablement trop longtemps, puis finit par se décider. Au diable tout ça, pensa-t-elle. On est tous dans le même camp, on doit se serrer les coudes, que Bones apprécie ou pas.
Par une pensée, son moineau d'argent voleta jusqu'à son épaule.
"Ralentis pour garder nos arrières," murmura-t-elle doucement, presque sans remuer ses lèvres, "attends jusqu'à ce que personne ne te regarde directement, puis vas voir Albus Dumbledore. S'il n'est pas déjà seul, attends qu'il le soit. Et dis-lui cela : Bellatrix Black s'échappe d'Azkaban et les Détraqueurs ne peuvent pas la trouver."
*Chapter 56*: EPS, Optimisation sous contraintes, pt 6
Silencieuse, heureusement qu'elle était silencieuse, la porte de métal de l'étage suivant. Soit il n'y avait personne derrière, soit ils souffraient en silence, ou peut-être qu'ils criaient mais que leur voix avait déjà lâché, ou peut-être qu'ils monologuaient en marmonnant, seuls dans le noir...
Je ne suis pas sûr d'en être capable, pensa Harry, et il ne pouvait pas blâmer les Détraqueurs pour ces pensées désespérées. Il valait mieux descendre, c'était plus sûr, car son plan mettrait longtemps à être mis en œuvre et les Aurors progressaient probablement déjà dans sa direction. Mais s'il passait devant une seule porte de métal supplémentaire en restant coi et en gardant une respiration parfaitement régulière il deviendrait peut-être fou ; s'il fallait qu'il délaisse une partie de lui-même à chaque fois, il ne resterait bientôt plus rien de lui -
Un chat à l'éclat lunaire se forma et bondit devant le Patronus de Harry. Ce dernier cria presque, ce qui n'aurait pas amélioré son image auprès de Bellatrix.
"Harry !" dit la voix du professeur McGonagall d'un ton plus alarmé que Harry ne l'avait jamais entendu chez elle. "Où es-tu ? Tu vas bien ? C'est mon Patronus, réponds-moi !"
Dans un effort convulsif, Harry se vida l'esprit, réajusta sa gorge, se força à redevenir calme, changea de personnalité comme s'il s'était agi d'une barrière Occlumantique. Cela prit quelques secondes et il espéra de toutes ses forces que grâce aux délais habituels de communication, le professeur McGonagall ne remarquerait rien ; il espéra tout aussi fort que les Patronus ne rendaient pas compte de leur environnement à leur possesseur.
Une jeune voix innocente dit : "Je suis à la chambre de Marie, professeur, au Chemin de Traverse. Pour tout vous dire, je suis en train de me rendre aux toilettes. Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Le chat s'en fut d'un bond, et Bellatrix se mit à glousser doucement, c'était un rire appréciateur et empoussiéré, mais elle s'interrompit abruptement au premier sifflement de Harry.
Un instant plus tard, le chat était de retour, et il dit de la voix du professeur McGonagall : "Je viens te récupérer tout de suite. Ne vas nulle part, si tu n'es pas près du professeur de Défense ne vas pas le voir, ne dis rien à personne, je serai là aussi vite que possible !"