Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 226 227 228 229 230 231 232 233 234 ... 376
Перейти на страницу:

Un biographe contemporain de Paul Ier résume les observations de Porochine : « Paul a onze ans, mais ses mœurs et son esprit sont clairement dessinés… De nombreuses circonstances de sa vie future se profilent déjà ; par la suite, elles ne feront que se préciser, rien d’autre. Une vanité démesurée. De la susceptibilité. De brusques accès de colère. Une rancune vite éteinte. De la suspicion. De la confiance envers les délateurs. Des crises d’hystérie. Un esprit aigu, mais incapable de concentration. De la précipitation. Une inaptitude à s’attacher longtemps à quiconque. Le besoin d’un confident, d’une personne de confiance. La passion des jeux militaires… La conscience de sa mission d’homme d’État. Une soif d’attention et d’amour… L’envie de jouer les chevaliers de Malte. Une curiosité pour les secrets de la maçonnerie. Le rêve de concurrencer son arrière-grand-père, Pierre Ier2. »

En septembre 1772, Catherine décide de marier l’héritier, alors âgé de dix-huit ans. Les principautés allemandes sont une source inépuisable de fiancées : trois princesses de Darmstadt, trois du Wurtemberg, trois de Cobourg, deux de Bade, etc. L’impératrice choisit pour Paul Wilhelmine de Hesse-Darmstadt qui, après sa conversion à l’orthodoxie, devient Natalia Alexeïevna. Paul aime son épouse, mais elle meurt en 1776. Après son décès, il apprend que la grande-duchesse le trompait avec son meilleur ami, le comte Razoumovski. Catherine montre à son fils des lettres des amants de sa femme, qui se trouvent en sa possession. Elle veut ainsi le consoler, atténuer sa peine. Aucun deuil n’est observé et Paul n’assiste pas aux funérailles. Cinq mois plus tard, l’impératrice choisit une nouvelle épouse à l’héritier, la princesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg, qui devient Maria Fiodorovna.

Ne reste plus qu’à attendre l’accession au trône. Sous le nom de comte et comtesse Severny, Paul et son épouse voyagent à travers l’Europe : Autriche, Italie, France. À Paris, ils sont reçus par Louis XVI et Marie-Antoinette. Partout où l’héritier passe, il produit une excellente impression, bien qu’on décèle en lui une certaine mélancolie. Mozart qui se trouve à Vienne au moment où Paul y séjourne, rapporte une anecdote dans une lettre à son père : « En l’honneur de l’hôte étranger, on voulut représenter la tragédie de Shakespeare Hamlet, mais l’acteur qui devait tenir le rôle, déclara qu’il jugeait déplacé de la jouer en présence du Hamlet russe. Joseph II donna pour cela à l’acteur cinquante ducats3. »

Frédéric II, qui rencontre Paul à Berlin où l’héritier est venu faire la connaissance de la princesse de Wurtemberg, écrit à propos du fils de Catherine : « Il se montra altier, haut et violent, ce qui fit craindre à ceux qui connaissaient la Russie qu’il ne lui fût difficile de se maintenir sur le trône où, appelé à gouverner un peuple dur et féroce, gâté en outre par le gouvernement trop doux de plusieurs impératrices, il risquait de subir un sort semblable à celui de son malheureux père4. » On ne peut dénier au roi de Prusse une certaine perspicacité.

Dans ses pomiestiés – Kamenny ostrov, Pavlovskoïé, Gattchina –, Paul se crée une Cour et un détachement militaire composé de soldats et d’officiers de sa garde. Fiodor Rostoptchine, qui jouit de la très grande confiance de Paul, écrit à Semion Vorontsov, ambassadeur russe à Londres : « Le grand-duc se trouve à Pavlovsk, l’humeur constamment maussade, la tête pleine de fantômes, et entouré d’hommes dont le plus honnête mérite d’être roué sans jugement. »

Parmi les « incontournables » du détachement militaire de l’héritier, il est un lieutenant d’artillerie de vingt-trois ans, Alexis Araktcheïev (1769-1834). Venu à Gattchina s’initier au tir d’artillerie, Araktcheïev séduit à ce point Paul qu’il est maintenu dans la garnison du lieu. « En toute chose, rapporte un contemporain, il montrait une méthode et un ordre stricts qu’il s’efforçait de maintenir avec une rigueur confinant à la tyrannie… Par son apparence extérieure, Araktcheïev évoquait un grand singe en uniforme… Il avait des yeux caves et gris, et toute sa physionomie présentait un effroyable mélange d’intelligence et de hargne5. » L’essentiel de l’action menée par Araktcheïev se déploiera sous le règne d’Alexandre Ier. Il inscrira alors son nom dans l’histoire russe, à travers la période dite de l’araktcheïevchtchina. Le nom du favori de Paul Ier et d’Alexandre Ier deviendra si odieux que Staline, dénonçant les erreurs des linguistes soviétiques, les expliquera par « le régime araktcheïevien » instauré dans ce domaine de la science6.

À la petite Cour de Paul, Araktcheïev organise un système à la prussienne. En 1784, le prince Potemkine impose à l’armée russe un nouvel uniforme, plus commode : les soldats ont désormais les cheveux coupés au bol, on remplace les vêtements aux longs pans par des vestes. Au même moment, le détachement de Paul est, lui, revêtu de l’uniforme prussien. L’intention n’est pas seulement, ici, de piquer Potemkine. À l’instar de Pierre III, son père, Paul aime passionnément la Prusse. Alors que la Russie s’apprête à s’engager dans un conflit avec ce pays, Paul écrit à Frédéric-Guillaume II : « Mon attachement au système qui me lie au roi de Prusse est inchangé et… de tout mon cœur, je me rallierai à ses intentions7. »

L’héritier a ses propres opinions. Il s’intéresse vivement à la franc-maçonnerie dont ses favoris, le prince Alexandre Kourakine et Sergueï Plechtcheïev qui l’accompagnent dans sa tournée européenne, sont membres. Rien n’atteste vraiment que Paul soit initié, qu’il compte parmi les « frères », mais de nombreux témoignages font état de sa popularité parmi les francs-maçons.

Quand Paul est âgé de douze ans, Semion Porochine lui fait la lecture de l’Histoire de l’Ordre des Chevaliers de Malte. L’héritier voue dès lors aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem un intérêt qui ne se démentira pas jusqu’à la fin de ses jours.

L’héritier ne s’intéresse pourtant pas qu’aux grandes idées. En 1788, à l’âge de trente-quatre ans, Paul se prépare à guerroyer contre les Turcs et élabore un projet d’organisation de l’État. Ce projet s’ouvre sur une déclaration, bien dans l’esprit de l’absolutisme éclairé : « L’objet de toute société est le bien-être de tous et de chacun. Une société ne peut exister, si la volonté de chacun n’est pas tendue vers un but commun. » Le projet affirme qu’il « n’est pas de meilleur modèle que l’autocratie », car « elle concilie la force des lois et la promptitude du pouvoir d’un seul ». Le système étatique prussien semble à l’héritier du trône russe un idéal d’harmonie. Avant son avènement, Paul se prononce contre l’extension des frontières russes, jugeant indispensable de mettre d’abord de l’ordre sur le territoire dont dispose déjà la Russie. Il est en particulier opposé aux partages de la Pologne.

Savant allemand, spécialiste du magnétisme et de l’électricité, et l’un des précepteurs de Paul, Frantz Epinus dit de son élève : « C’est une tête intelligente, mais elle renferme je ne sais quel mécanisme qui ne tient qu’à un fil. Si ce fil vient à se rompre, la machine s’emballe, et c’en est fini de l’intelligence et du bon sens. » Le professeur Epinus quitte Pétersbourg en 1798. Il a eu le temps de voir le couronnement de son ancien pupille et de se convaincre de la justesse de ses observations, faites au temps de l’enfance de l’empereur.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1796, l’impératrice Catherine II s’éteint et les régiments de la garde prêtent serment à l’empereur Paul Ier, premier souverain légitime depuis de longues années. Le nouvel empereur déploie aussitôt une activité frénétique. Sages changements, justes châtiments, grâces méritées, note un témoin, sont proclamés à chaque heure, à chaque instant. Le 7 novembre, Nikolaï Novikov est libéré de la forteresse de Schlusselburg et les « martinistes » exilés sont autorisés à regagner les capitales. Le 19 novembre voit la libération de Tadeusz Kosciuszko, puis des autres Polonais impliqués dans l’insurrection de 1794 contre la Russie. Paul rend visite au prince Ignace Potocki et lui explique : « J’ai toujours été opposé aux partages de la Pologne, ce fut une démarche honteuse et non-politique. Mais la chose est faite. Peut-on imaginer que l’Autriche et la Prusse acceptent de reformer la Pologne ? Or, je ne peux céder ma partie, pour les renforcer tandis que je m’affaiblirais. Je ne vais pas non plus guerroyer contre elles ? Notre État a mené tant de guerres qu’il est temps pour lui de souffler. Aussi, résignez-vous à l’inéluctable et vivez en paix. Et pour apaiser sa conscience, Paul offre à Kosciuszko et à Potocki mille âmes serves chacun. Kosciuszko répond qu’il préfère des espèces sonnantes et trébuchantes, et on lui remet des lettres de change pour une banque anglaise : mille âmes équivalent à soixante mille roubles8. Le 23 novembre, l’empereur signe l’oukaze libérant Radichtchev du bagne d’Ilimsk.

1 ... 226 227 228 229 230 231 232 233 234 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)