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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]

Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:

Vous connaissez l’histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière.
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
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« Tu veux qu’on la traîne avec nous, qu’elle mange nos vivres et flanque le bazar ? fit Pur-Porc. Elle ne parle pas, elle ne pense pas…

— Nous non plus, il n’y a pas si longtemps ! cracha Pêches. On était tous comme elle !

— Maintenant on pense, jeune femelle ! fit Pur-Porc dont les poils se hérissaient.

— Oui, dit tranquillement Pistou. Maintenant on pense. On peut réfléchir à ce qu’on fait. On peut prendre en pitié l’innocent qui ne nous veut aucun mal. Voilà pourquoi elle peut rester. »

Pur-Porc tourna sèchement la tête. Pistou faisait toujours face à la nouvelle venue. Pur-Porc se cabra instinctivement dans la posture du rat prêt à combattre. Mais Pistou ne le voyait pas.

Pêches observait le vieux rat d’un œil inquiet. Il se voyait défié par un petit rat à l’air de mauviette qui ne tiendrait pas une seconde en combat. Et Pistou ne s’était même pas rendu compte qu’il avait lancé le défi.

Il ne pense pas ainsi, se dit Pêches.

Les autres rats observaient Pur-Porc. Eux pensaient encore ainsi, et ils attendaient de voir ce qu’il allait faire.

Mais même Pur-Porc finit par comprendre que sauter sur le rat blanc était impensable. Autant se couper sa propre queue. Il laissa prudemment sa colère retomber. « Ce n’est qu’un rat, marmonna-t-il.

— Mais pas vous, cher Pur-Porc, dit Pistou. Est-ce que vous voulez accompagner la brigade de Noir-mat pour découvrir d’où elle vient ? Ça pourrait être dangereux. »

À ces mots, les poils de Pur-Porc se hérissèrent encore. « Je n’ai pas peur du danger ! rugit-il.

— Bien entendu. C’est pour ça que vous devriez y aller. Elle était terrifiée, elle, dit Pistou.

— Je n’ai jamais eu peur de rien ! » s’écria Pur-Porc.

Pistou se tourna alors vers lui. À la clarté des bougies, on vit une lueur dans les yeux roses. Pur-Porc n’était pas un rat qui passait beaucoup de temps à réfléchir sur ce qu’il ne voyait pas, ne sentait pas, ne mordait pas, mais…

Il leva la tête. La lumière des bougies faisait danser de grandes silhouettes de rats sur le mur. Pur-Porc avait entendu les jeunes rats parler d’ombres, de rêves et de ce qui arrivait à son ombre quand on mourait. Il ne s’inquiétait pas de ces histoires-là. Les ombres ne mordaient pas. Il n’y avait rien à craindre dans les ombres. Mais à présent il entendait sa propre voix sous son crâne lui dire : J’ai peur de ce que voient ces yeux-là. Il jeta un regard mauvais à Noir-mat qui grattait quelque chose dans la boue avec un de ses bâtons. « Je vais y aller, mais c’est moi qui conduis l’expédition, dit-il. Je suis le rat le plus âgé ici !

— Ça ne me gêne pas, fit Noir-mat. Clic-clic passera devant, de toute manière.

— Je croyais qu’il s’était fait écraser la semaine dernière ? s’étonna Pêches.

— Il nous en reste deux. Ensuite il faudra faire une razzia dans une autre boutique d’animaux de compagnie.

— C’est moi le grand chef, intervint Pur-Porc. C’est moi qui ordonne ce qu’on fait, Noir-mat.

— Très bien, chef. Très bien, dit Noir-mat tout en continuant de dessiner dans la boue. Et tu sais comment on rend tous les pièges inoffensifs, n’est-ce pas ?

— Non, mais je peux t’en donner l’ordre !

— Bien. Bien, répéta Noir-mat qui traça d’autres traits dans la boue sans lever les yeux sur le chef. Et tu vas me dire quels leviers il ne faut pas toucher et quelles parties mobiles il faut coincer en position ouverte, hein ?

— Je ne suis pas obligé de comprendre le fonctionnement des pièges.

— Mais moi si, chef, reprit Noir-mat de la même voix calme. Et je te dis qu’il y a deux ou trois choses dans ces nouveaux pièges que je ne comprends pas, et, tant que je n’aurai pas compris, je te suggère très respectueusement de me laisser mener les opérations.

— Ce n’est pas une façon de parler à un rat supérieur ! »

Noir-mat lui jeta un regard. Pêches retint son souffle.

C’est l’épreuve de force, se dit-elle. C’est là qu’on voit qui est le chef.

« Pardon, dit alors Noir-mat. Je ne voulais pas être impertinent. »

Pêches sentit l’étonnement chez les vieux mâles qui suivaient la scène. Noir-mat. Il s’était dérobé ! Il n’avait pas bondi !

Mais il ne s’était pas fait tout petit non plus.

Le pelage de Pur-Porc retomba. Le vieux rat ne savait plus quelle attitude tenir. Tous les signaux se mélangeaient.

« Ben, euh…

— À l’évidence, en tant que grand chef, c’est à toi de donner les ordres, dit Noir-mat.

— Oui, euh…

— Mais mon conseil, chef, c’est d’enquêter là-dessus. Ce qu’on ne connaît pas est dangereux.

— Oui, c’est sûr, fit Pur-Porc. Oui, effectivement. On va enquêter. Évidemment. Occupe-toi de ça. Je suis le grand chef, et c’est ce que j’ordonne. »

Maurice passa en revue l’intérieur de la cabane des chasseurs de rats.

« Ça ressemble à une cabane de chasseurs de rats, dit-il. Des établis, des chaises, un poêle, des tas de peaux de rongeurs qui pendouillent, des piles de vieux pièges, deux muselières pour chien, des rouleaux de treillis métallique et partout les preuves d’une absence totale de ménage. C’est ce que je m’attendais à trouver dans une cabane de chasseurs de rats.

— Moi, je m’attendais à quelque chose… d’horrible mais intéressant, fit Malicia. Une preuve effrayante.

— Il faut une preuve ? demanda Keith.

— Évidemment ! répondit Malicia en regardant sous une chaise. Écoute, le chat, il y a deux sortes d’individus dans le monde. Ceux qui sont au courant de l’intrigue et les autres.

— Il n’y a pas d’intrigue dans le monde, dit Maurice. Les événements… arrivent comme ça, les uns après les autres.

— Seulement si tu vois les choses sous cet angle, objecta Malicia avec bien trop de suffisance du point de vue de Maurice. Il y a toujours une intrigue. Il suffit de savoir où regarder. » Elle marqua un temps avant de reprendre :

« Regarder ! Tout est là ! Il y a un passage secret, c’est évident ! On va tous chercher l’entrée du passage secret !

— Euh… comment on sait qu’il s’agit de l’entrée d’un passage secret ? demanda un Keith à l’air encore plus ahuri que d’habitude. À quoi ça ressemble, un passage secret ?

— Sûrement pas à un passage secret, évidemment !

— Oh, ben, dans ce cas, j’en vois des dizaines, dit Maurice. Des portes, des fenêtres, ce calendrier de la Société des poisons Acme, le placard là-bas, le trou de rat, le bureau, le…

— Tu fais de l’ironie, le coupa Malicia qui souleva le calendrier pour examiner le mur avec grand sérieux.

— En réalité, je fais de l’irrévérence, répliqua Maurice, mais je peux essayer l’ironie si tu veux. »

Keith fixait le grand établi devant une fenêtre sur laquelle de vieilles toiles d’araignée formaient comme une couche de givre. Des pièges s’entassaient dessus. Toutes sortes de pièges. Et à côté s’alignaient des rangées successives de vieilles boîtes de conserve cabossées et de bocaux aux étiquettes libellées Danger : dioxyde d’hydrogène !, Toxi-rat, Tripenfeu, Polynamisulfeulakasrol : extrême prudence, Ratonnade ! ! !, Ratiboise !, Essence de fil de fer barbelé : danger !!! et… (il se pencha plus près pour regarder la suivante) Sucre. Traînaient également deux chopes et une théière. De la poudre blanche, verte et grise était éparpillée sur l’établi. Il en était même tombé par terre.

« Tu pourrais essayer de nous aider, dit Malicia en tapotant les murs.

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