1942-Le jour se lève
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:
De ce lieu, il conduira l’attaque contre Tobrouk, défendu par des unités anglaises, indiennes, sud-africaines.
À la jumelle, il regarde les fortifications de ce port assiégé depuis des mois et qui résiste : « Certains secteurs de la ceinture extérieure de fortifications étaient littéralement arrosés de sang : chaque mètre carré avait fait l’enjeu de combats acharnés… »
Le 20 juin 1942, Rommel écrit à sa « très chère Lu ».
« Deux heures de sommeil seulement la nuit dernière. C’est vraiment la journée décisive. J’espère que ma chance tient. Très fatigué. Autrement, tout va bien. »
Avant l’aube, plusieurs centaines de bombardiers de la Luftwaffe pilonnent l’endroit choisi pour l’assaut, dans le secteur sud-est de la forteresse.
« J’observai personnellement, écrit Rommel, les effets considérables de cette attaque. D’immenses colonnes de poussière s’élevaient au-dessus des retranchements occupés par les Indiens et les expulsions projetaient dans les airs les obstacles et les armes. »
Puis c’est l’assaut, les combats sont acharnés.
« À 5 heures, le 21 juin 1942, j’entrai dans la ville de Tobrouk. Elle offrait un spectacle lugubre. À peu près toutes les maisons étaient rasées ou ne formaient qu’un monceau de gravats… »
À 9 h 40, Rommel reçoit la capitulation de la forteresse de Tobrouk, des mains du général Klopper, commandant la forteresse et la 2e division sud-africaine.
L’entretien est courtois.
« Je chargeai le général sud-africain de faire régner l’ordre parmi les prisonniers et d’assurer leur substance sur les stocks capturés. »
Cette guerre-là, aucun de ceux qui la mènent ne conçoit d’appliquer la barbarie qui accompagne les combats sur le front de l’Est : blessés achevés, prisonniers abattus, laissés sans nourriture, civils massacrés, centaines de milliers de Juifs assassinés, leurs corps s’entassant dans des fosses communes.
Ces faits, les hommes de l’Afrikakorps et le général Rommel ne veulent pas les connaître, mais ils imaginent – parfois un officier arrivé de l’Est révèle un détail qui permet de reconstituer l’ensemble – les conditions des combats, et la manière dont la Wehrmacht les livre face aux Russes.
L’Afrikakorps mène sa guerre.
« Très chère Lu, écrit Rommel le 21 juin 1942.
« Tobrouk ! Ce fut une bataille merveilleuse. Grande activité dans le secteur de la forteresse. Il me faut prendre quelques heures de sommeil après tous ces événements. Combien je pense à vous ! »
« Pour tous mes “Africains”, confie Rommel, le 21 juin 1942, la prise de Tobrouk est le point culminant de la campagne en Afrique du Nord. »
Ce 21 juin, Rommel leur adresse un ordre du jour.
La Marmarique, cette portion du désert de Cyrénaïque qui longe la frontière avec l’Égypte et la côte méditerranéenne, est entre les mains allemandes.
« Soldats !
« La grande bataille de Marmarique a eu pour conséquence votre rapide conquête de Tobrouk. Nous avons fait au total 45 000 prisonniers et détruit ou capturé plus de 1 000 véhicules blindés et environ 400 pièces d’artillerie. Au cours de l’âpre lutte des quatre dernières semaines, votre vaillance et votre endurance nous ont permis d’assener de terribles coups à l’adversaire. Grâce à vous, l’ennemi a perdu le noyau de son armée qui s’apprêtait à passer à l’offensive… Pour ce magnifique exploit, j’adresse aux officiers et aux soldats l’expression de ma reconnaissance particulière.
« Soldats de l’armée blindée d’Afrique, il s’agit maintenant d’anéantir l’adversaire. Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir écrasé les dernières unités de la 8e armée britannique. Au cours des prochains jours, je vous demanderai un grand effort final.
« Rommel. »
Le lendemain, 22 juin 1942, Rommel reçut un message radio du quartier général du Führer. À quarante-neuf ans, il était promu Feldmarschall en récompense de sa victoire.
Au dîner, il célébra cette promotion avec ses officiers.
Puis, resté seul, il écrivit à sa « très chère Lu » :
« Hitler m’a nommé Feldmarschall, j’aurais mieux aimé recevoir une nouvelle division. »
DEUXIÈME PARTIE
Mai-juin
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juillet-août 1942
« Nos troupes vivent un enfer, et elles vivront beaucoup d’enfers encore avant le terme de cette guerre. Et dans un enfer comme celui-là, la seule pensée qu’un geste de reddition suffirait à vous valoir un bon lit et un petit déjeuner – comme en ont les prisonniers de guerre britanniques – pourrait être mauvaise pour le moral. Tous les hommes de notre armée ne sont pas taillés dans l’étoffe d’un héros. Alors, laissons-les mourir plutôt que de se rendre… Écoutez : c’est une guerre terrible, plus terrible qu’on n’en a jamais vu. C’est une torture que de penser que nos prisonniers sont affamés à mort par les Allemands. Mais sur le plan politique, les Allemands font une bévue colossale. Si les Allemands traitaient bien nos prisonniers, cela se saurait bientôt. Et c’est horrible à dire mais en maltraitant, en affamant, en faisant mourir nos prisonniers de faim, les Allemands nous aident. »
Un colonel russe
au journaliste anglais du Sunday Times,
Alexander Werth, juillet 1942.
17
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Hitler, d’un brusque mouvement de la main plein d’exaspération, intime le silence à l’officier qui a commencé à lui lire un message de Rommel.
Le Führer fait quelques pas dans la grande salle des cartes de la tanière du loup, son quartier général de campagne situé à Rastenburg, au cœur de la forêt de Prusse-Orientale.
D’une voix lasse, il dicte une réponse au Feldmarschall Rommel. Qu’on le félicite une nouvelle fois pour sa victoire de Tobrouk, qu’on l’incite à prolonger son offensive vers Le Caire, le canal de Suez, comme il dit en avoir l’intention.
S’il réussit, la jonction sera faite entre les combats du Reich et les victoires du Japon.
La veine jugulaire de l’Empire britannique, le canal de Suez, serait tranchée. On s’avancerait dans l’empire des Indes, les populations se soulèveraient, ce serait la mise en place d’un nouvel ordre du monde.
Tout à coup, Hitler s’interrompt, a un geste las. Mais, continue-t-il, le Feldmarschall Rommel ne peut pas compter sur le renforcement de son Afrikakorps ! Pas de renforts, pas de divisions nouvelles pour cette offensive dans le désert.
Hitler serre les poings. Le destin du Reich, donc du monde, se joue en Russie, dans cette campagne de l’été 1942 qui s’annonce plus grandiose encore que celle du printemps 1940 en France, et que celle de l’été 1941, il y a moins d’un an, en Russie.
Puis l’hiver implacable est venu. Et, face à des températures de -50 °C, jamais aussi rigoureuses depuis cent quarante ans, lui seul, le Führer, a imposé aux généraux de ne pas reculer. Il refusait d’être le Führer d’une armée s’effilochant comme la Grande Armée napoléonienne.
Haltbefehl, a-t-il dit, et, maintenant que le printemps est venu, l’offensive décisive va se déployer.
La Wehrmacht va atteindre le pétrole du Caucase, conquérir enfin cette ville de Sébastopol, puisque les contre-offensives russes, en Crimée, ont été arrêtées.
On s’enfoncera dans le cœur russe, on marchera vers le Don et vers la Volga, on s’emparera de Stalingrad. Et on n’oubliera pas, au nord, Leningrad. Et les deux villes symboliques de la Révolution réduites en cendres, Moscou tombera.
Et cela va se réaliser.