Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
1942-Le jour se lève - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

1942-Le jour se lève

Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:

1942-Le jour se lève
1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 60
Перейти на страницу:

Pétain rassure l’amiral Leahy : il ne laissera plus jamais Laval jouer un rôle politique.

Peu après, l’ambassadeur allemand à Vichy, Krug von Nida, averti des propos de Pétain, notifie à l’amiral Darlan que le Führer a déclaré :

« Selon que le Maréchal chargera ou non Laval de former le gouvernement, je jugerai si la France préfère l’amitié des États-Unis à celle de l’Allemagne. »

Le piège s’est refermé sur Pétain.

Le docteur Ménétrel, l’un de ses intimes, vient de passer deux jours à Paris. Il a vu l’ambassadeur Abetz, et Laval.

« Ou je reviens au pouvoir ou un Gauleiter est nommé », a dit Laval, et Otto Abetz a confirmé.

Brinon – ambassadeur de Vichy à… Paris – prévient le Maréchal que « les Allemands se refuseront à toute conversation tant que Laval ne sera pas chef du gouvernement ».

Le 15 avril 1942, Pétain murmure :

— Si j’envisage son retour, c’est afin d’éviter aux Français des malheurs et des souffrances.

Il soupire, ajoute :

— Mais je me demande ce qu’il y a de véridique dans les menaces proférées…

Les ministres, Darlan, la plupart des proches s’efforcent de démontrer à Pétain que « les Allemands ne peuvent rien ».

« À la veille de la campagne de printemps et d’été en Russie, il est exclu que le commandement allemand immobilise en France les dix à douze divisions supplémentaires nécessaires à l’occupation de la zone libre », répète Darlan.

Le ministre d’État Henri Moysset ajoute :

« Voilà pourquoi le génie politique pour le Maréchal est de gagner la fin de cette année 1942 sans modifier quoi que ce soit de position. »

Face à face avec Pétain, Moysset ajoute, parlant lentement et plus fort pour que le Maréchal l’entende, le comprenne :

« L’Allemagne a perdu la guerre. Elle entraînera dans son gouffre tous ceux qui auront marché ou semblé marcher dans son sillage. Prenez garde, monsieur le maréchal, de ne pas survivre à votre gloire. »

Mais Paul Marion, chargé de l’information, est un ardent partisan de Laval.

Il présente Laval comme le « sauveur, la mesure de protection ultime pour éviter le pire… barrer la route aux entreprises de Goering, à la polonisation, au massacre des otages ».

Le jeudi 16 avril, Pétain reçoit Laval et capitule. Laval sera chef du gouvernement.

Le vendredi 17 avril 1942, au pavillon Sévigné, se tient le dernier Conseil des ministres du gouvernement Darlan.

— Messieurs, j’agis sous la contrainte, dit le Maréchal en faisant circuler la lettre collective de démission.

Le lundi 20 avril 1942, recevant quelques-uns des déjà anciens ministres, Pétain leur dira, et certains ont eu l’impression qu’il allait pleurer :

— Plaignez-moi, car, vous savez, maintenant je ne suis plus qu’un homme à la dérive.

13

.

Pour le maréchal Pétain, qui vient ce 17 avril 1942 de capituler à nouveau, d’abandonner le pouvoir à Laval, c’est-à-dire aux nazis, mais qui implore aussi la compassion, de Gaulle est impitoyable.

Il se rend le 18 avril au siège de la BBC.

Chaque jour, il mesure l’écho de plus en plus grand des émissions de la France Libre. Des millions de citoyens sur le territoire national, en Afrique du Nord, écoutent « Les Français parlent aux Français », cette émission qui sape la propagande vichyste, allemande.

« Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand », chantonne l’humoriste Pierre Dac. Et Maurice Schumann, de sa voix brûlante, exalte les patriotes, dénonce les collaborateurs, stigmatise l’ennemi, ces bourreaux qui fusillent les otages par dizaines.

Les affiches noir et jaune apposées sur les murs, signées du général Schaumburg, commandant du Gross Paris, annoncent que, à la suite du meurtre d’un soldat allemand, « vingt communistes et Juifs, appartenant aux mêmes milieux que les auteurs de l’attentat, seront fusillés et que vingt autres seront passés par les armes, si les coupables ne sont pas découverts ». Les Allemands ont transformé la grande salle de la présidence de la Chambre des députés en tribunal, décoré de croix gammées. Von Stülpnagel et son état-major viennent assister aux audiences. Parfois, c’est la grande salle de la Maison de la chimie qui devient siège du tribunal, avec, tapissant les murs, les croix gammées noires sur fond blanc et rouge.

On juge 27 accusés le 15 avril, pour meurtres et sabotages. Le 16 avril, 23 d’entre eux sont condamnés à mort.

Ils seront exécutés, le 17 avril 1942, au mont Valérien.

Ce jour-là, à Vichy, c’est la passation des pouvoirs de l’amiral Darlan à Pierre Laval.

Ce même jour, les instructions du Führer sont transmises au général von Stülpnagel :

« Pour chaque attentat, vingt exécutions, dont cinq immédiatement et quinze, cinq jours plus tard, si les auteurs ne sont pas arrêtés. En outre, cinq cents otages sont à déporter pour chaque attentat. »

« Plaignez-moi », a dit Pétain, de sa voix implorante de vieillard prêt à toutes les capitulations pour conserver les apparences du pouvoir.

De Gaulle, quand il commence à parler devant le micro de la BBC, ce 18 avril 1942, se souvient de ces noms des fusillés que les réseaux de résistance transmettent à Londres.

Il salue cette « France qui combat », il fustige « les traîtres de Vichy », il analyse le choix de Hitler.

Le Führer, dans « sa volonté de pervertir la France pour mieux l’asservir et l’exploiter, délègue l’exercice de l’oppression à des gens plus spécialement habiles dans l’art de corrompre et de terroriser… contre le monde et contre la France, il se sert de l’infamie et de la trahison ».

De Gaulle n’a pas de compassion pour Pétain, ni d’« illusions dérisoires sur le redressement possible de chefs prosternés dans la boue ». Qui pourrait croire que « ceux qui sont allés sur le sol frémissant de la patrie martyrisée, mettre leur main dans la main de Hitler, sortiraient jamais du déshonneur » ?

Une seule issue pour les Français : la lutte « contre l’ennemi et contre les gens de Vichy qui sont les complices de l’ennemi ». Et de Gaulle, ce 18 avril 1942, va plus loin qu’il n’a jamais été en déclarant : « La libération nationale ne peut être séparée de l’insurrection nationale. »

Pour de Gaulle il n’y a pas d’autre issue que de parler haut et fort, à la fois pour imposer la souveraineté et l’indépendance de la France aux Américains et aux Anglais, et pour faire entendre la voix de la Résistance.

De Gaulle n’est dupe ni des intentions des Alliés à l’égard de la France Libre, ni des arrière-pensées des chefs de la Résistance qui le soupçonnent de ne pas être aussi républicain qu’ils le souhaiteraient.

Les Anglais et les Américains, eux, agissent brutalement aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie, en Orient, à Madagascar. Les Américains traitent avec les représentants de Vichy !

Et pendant ce temps, l’Allemand, grâce, reconnaît-il, « à la qualité de sa collaboration avec la police française », arrête, condamne, fusille plus d’une centaine d’otages à Paris, 55 à Lille, 40 à Caen.

La répression, dirigée maintenant par le général SS Karl Oberg, est efficace. Oberg, Hoherer SS und Polizei Führer, s’est installé dans de vastes locaux, 57, boulevard Lannes.

Il prend conscience de la gravité de la situation. Chaque jour, en ce printemps 1942, il y a une action violente – meurtre, attentat, sabotage, manifestation de rue ; ainsi rue de Buci à Paris – contre la Wehrmacht.

1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 60
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)