1942-Le jour se lève
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:
Quel mépris, mais aussi quelle méprise !
On va « harceler » Rommel, qui s’imagine sans doute que les Italiens l’ont emporté sur ces « satanés Français ».
Kœnig donne l’ordre aux brenn-carriers – ces voitures blindées – de partir en reconnaissance et d’attaquer l’ennemi.
Rommel est surpris par la résistance de ce point d’appui de Bir Hakeim qu’il comptait détruire en une quinzaine de minutes, et qui ne pouvait retarder son offensive.
Il a écrit, ce 27 mai 1942, à sa « très chère Lu » :
« Au moment où vous recevrez cette lettre, les communiqués de la Wehrmacht vous auront depuis longtemps mise au courant de ce qui s’est passé ici. Nous lançons aujourd’hui une attaque décisive. Ce sera dur, mais je suis persuadé que mes hommes vaincront. Ils savent tous ce qui est en jeu. Je n’ai pas besoin de vous dire comment j’y participerai. Je compte bien exiger autant de moi-même que de mes officiers et de mes soldats. Mes pensées volent souvent vers vous, surtout en ces heures capitales. »
Les champs de mines, les pièges ralentissent la progression de Rommel. D’une hauteur au sommet de laquelle Rommel a fait arrêter son command-car, il aperçoit l’Afrikakorps, qui se déploie dans le désert.
« Des nuages noirs roulent dans le ciel, donnant au paysage une étrange et sinistre beauté », écrit Rommel.
Mais il ne peut contempler longtemps ce panorama. Heure après heure, jour après jour, les combats deviennent acharnés.
Dans la nuit du 1er au 2 juin, la XCe division légère allemande et la division italienne Trieste achèvent d’encercler Bir Hakeim.
Les « gaullistes » refusent de se rendre.
« J’assumai moi-même, à plusieurs reprises, le commandement des troupes assaillantes, précise Rommel. Sur le théâtre d’opérations africain, j’ai rarement vu combat plus acharné. Les Français disposaient de positions remarquablement aménagées, ils utilisaient des trous individuels, des blockhaus, des emplacements de mitrailleuses et de canons antichars ; toutes étaient entourées d’une large ceinture de mines. »
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Bir Hakeim n’est investi que le 10 juin, mais dans la nuit Kœnig et la plupart des hommes valides réussissent à quitter le camp retranché, à rejoindre les lignes anglaises. Mission accomplie : la résistance du point d’appui de Bir Hakeim a duré plus de quinze jours.
Le général anglais Norrie adresse ses « félicitations à la 1re brigade des Forces Françaises Libres pour son magnifique succès, sa résistance opiniâtre, son action offensive et ses patrouilles. Merci de grand cœur ».
Dans la matinée du 11 juin, Rommel visite Bir Hakeim.
« Nous avions attendu sa chute avec impatience. Cinq cents Français, la plupart blessés, tombèrent entre nos mains… »
Le 15 juin, il écrit à son épouse :
« La bataille est gagnée et l’ennemi s’effondre. Nous liquidons maintenant les restes encerclés de son armée. Je n’ai pas besoin de vous dire ma joie… Ma santé s’est maintenue excellente. J’ai vécu dans ma voiture pendant des jours entiers et, le soir, je n’avais pas le temps de quitter le champ de bataille. Peut-être nous reverrons-nous en juillet. »
Durant toute la durée de la bataille, de Gaulle a voulu être informé, heure après heure.
Il ne quitte plus son bureau de Carlton Gardens. Il sait qu’à Bir Hakeim, dans ce polygone de 16 kilomètres carrés, « un paysage lunaire où campe une troupe de nomades », se joue un épisode décisif.
« Dans les entreprises où l’on risque tout, écrit-il, un moment arrive d’ordinaire où celui qui mène la partie sent que le destin se fixe. »
La presse anglaise accorde de plus en plus de place aux combats de Bir Hakeim.
« L’opinion s’apprête à juger. Il s’agit de savoir si la gloire peut encore aimer nos soldats », murmure de Gaulle.
Lorsque, le 10 juin 1942, à 17 h 30, de Gaulle rencontre Churchill, celui-ci s’avance, souriant.
« Je vous félicite pour la magnifique conduite des troupes françaises de Bir Hakeim, c’est l’un des plus beaux faits d’armes de cette guerre », dit le Premier ministre.
À la fin de l’après-midi du 11 juin, de Gaulle reçoit un message de l’état-major britannique : « Le général Kœnig et une partie de ses troupes sont parvenus à El-Gobi hors de l’atteinte de l’ennemi. »
Les FFL, après avoir assumé leur mission, bien au-delà de ce qu’on espérait d’eux, ont donc brisé l’encerclement, échappé à la destruction ou à la reddition.
De Gaulle, qui attendait dans son bureau en compagnie de Maurice Schumann, le porte-parole de la France Libre, reconduit Schumann, puis s’enferme.
« Je suis seul. Cœur battant d’émotion, sanglots d’orgueil, larmes de joie. »
Ce même 11 juin 1942, Rommel visite ce qu’il appelle « la forteresse de Bir Hakeim ».
« J’avais attendu sa chute avec impatience », dit-il.
Il passe parmi les « cinq cents Français tombés » entre les mains des Allemands de la XCe division légère.
La plupart sont blessés. Aucun d’eux ne baisse les yeux. Ils se sont battus avec détermination, et ils se sont accrochés aux 1 200 emplacements de combat qu’ils avaient aménagés.
« Une fois de plus, écrit Rommel, la preuve est faite qu’un chef décidé à ne pas jeter le fusil après la mire, à la première occasion, peut réaliser des miracles même si la situation est apparemment désespérée. »
Mais Rommel ne s’attarde pas. Il vient de s’emparer du point d’appui de Bir Hakeim. Il doit, à l’autre extrémité de la ligne de défense anglaise, conquérir le port de Tobrouk.
Une action rapide s’impose.
Il roule donc vers la forteresse anglaise assiégée.
Les traces de la défaite britannique sont partout visibles sur la route et sur les bas-côtés. D’énormes quantités de matériel ont été abandonnées par les Anglais. Des véhicules incendiés, des carcasses vides et noircies par les flammes jalonnent le désert.
Rommel fait arrêter son command-car.
Il marche le long de ces colonnes entières de véhicules tout-terrain intacts laissés par les Anglais. Les Allemands s’affairent à les remettre en route. Bras croisés, Rommel les observe, répond à leur salut.
« J’estime quant à moi, explique-t-il, que les obligations du commandant en chef ne sont pas limitées au travail qu’il accomplit dans son état-major. Il doit se montrer fréquemment sur le front pour s’assurer personnellement, en détail, de l’exécution de ses ordres… Le commandant en chef doit être l’élément moteur de la bataille et il faut que chacun se sache constamment soumis à son contrôle… Le chef doit garder un contact étroit avec sa troupe. Il doit sentir et penser comme elle. La confiance est à ce prix. »
Mais cette volonté de Rommel de se trouver au plus près des combattants comporte des risques.
Lorsque Rommel constate que la division italienne Ariete a perdu le contact avec les unités de l’Afrikakorps, il part à sa recherche.
« Mais je me trouvai bientôt pris dans un combat de chars. Les obus sifflaient de toutes parts et je fus heureux de pouvoir fuir ce séjour guère enviable ! »
Il s’éloigne, mais « lorsque je revins à mon poste de combat, une batterie britannique me prit pour cible.
« Finalement, en ayant assez, je transférai mon poste de commandement dans le fortin d’El-Hatian qui avait hébergé l’état-major du 30e corps d’armée britannique. »