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Tango chinetoque

Электронная книга - «Tango chinetoque». Краткое содержание книги:

Moi, vous me connaissez ?
J'ai pas l'habitude de vous mener en bateau, et quand ça m'arrive, c'est moi qui rame !
Alors si je vous affirme que vous n'avez pas encore jamais lu un bouquin comme celui-ci, vous pouvez me croire !
Dans le Tango chinetoque, vous allez trouver des trucs qui vous feront dresser les poils des bras sur la tronche ! Vous y verrez comment, en Chine, on fabrique mille kilomètres d'autoroute par jour ! Comment un mouton tombe amoureux de Béru ! Comment Béru opère de l'appendicite un zig qui n'en a pas besoin ! Vous y verrez comment le Gros et moi on se paye une virouze dans le cosmos ! Parfaitement ! Et puis, l'amour à la chinoise, ça ne vous dit rien ?
Cette extraordinaire aventure se passe en Chine, mais on ne rit pas jaune pour autant. Et si le coq gaulois se fait déplumasser le dargif par moments, ça ne l'empêche pas de chanter fort !
Non, franchement, je plains Louis XVI qui est mort trop tôt pour avoir pu lire ça !
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Mais à cet instant, un bêlement lamentable éclate dans la nuit étoilée.

— C'est Cyprien ! s'exclame le Gros, Tu parles d'un féal, çui-là !

— Inconditionnel à part entière, renchéris-je. Il a retrouvé ta trace… Il est vrai, ajouté-je, que pour un animal possédant l'odorat surdéveloppé, elle doit être facile à suivre.

— On lui ouvre ? !

— A quoi bon, on ne va pas l'emmener.

— Mais s'il gueule encore longtemps comme ça, il va finir par attirer l'attention !

— Tu as raison, ouvre-lui !

La joie de ce bélier est indescriptible. Il se frotte au Gravos en poussant des soupirs pâmés.

Il est enamouré, en transes, fou de bonheur. Généreux, le gars Béru se déchausse afin de récompenser comme il se doit le fidèle animal.

Une petite heure s'écoule. Le calme est revenu dans le quartier silencieux.

Béru somnole contre la lame de Cyprien. Je commence à redouter que Vao n'ait eu des ennuis lorsque je perçois un ronflement de moteur. Le bruit grandit.

Une voiture stoppe devant la porte du hangar, mais sans que son moulin s'arrête de tourner.

Le pas léger de Vao retentit, je le reconnais. Effectivement, le vantail s'écarte et sa merveilleuse silhouette se découpe dans le rectangle de clarté.

— Ne bougez pas ! recommande-t-elle, je vais entrer en marche arrière, car il y a des policiers non loin d'ici.

Nous la laissons manœuvrer. Elle pilote une camionnette rouge comme une bagnole de pompelards sur laquelle sont peints en noir des caractères chinois.

Le véhicule pénètre à reculons dans l'entrepôt. Brave petite Vao ! Je crois que c'est la Providence qui l'a mise sur notre route ! Maintenant elle est devenue notre ange gardien. Un ange gardien qui n'a pas froid aux yeux et qui, moralement, a du poil au cœur.

Elle redescend, fait basculer le plateau arrière de la camionnette.

Nous nous avançons pour prendre place à l'intérieur. A cet instant, un projecteur s'éclaire dans le véhicule, qui nous frappe en pleine poire. Je cligne des yeux, je détourne la tête, ébloui. Ça grouille, dans le camion ! Ça glapit !

Mettant ma main en écran pour me protéger des ardeurs du projo, j'aperçois quatre poulagas en uniforme, dont l'un est assis derrière une mitrailleuse également braquée sur nous. Pour une surprise, c'est une stupeur, mes fils !

J'en ai la rate qui fait le grand écart, le sang qui se fluidifie, les poumons qui se contractent et les nerfs qui se foutent en pelote.

Désillusion ! Faillite ! Abîmes insondables ! Culbute dans l'amertume ! Chute libre dans le néant ! Dépression ! Dur impact avec la non moins dure réalité ! Nous avons été flouzés, blousés, feintés, brossés, cocus. Vao Dan Sing n'est pas l'amazone éperdue d'amour que je croyais ! Elle n'est pas la Cavalière annoncée à l'extérieur ! Vao Dan Sing est une garce ! Vao Dan Sing est une judasse ! Vao Dan Sing est une salaude !

— Pas un geste ou vous êtes morts ! s'écriat-elle en s'avançant.

Bérurier qui revient de sa stupeur comme on remonte des fonds marins, en effectuant des paliers de décompression, murmure :

— Elle est bath ta sauveuse, pauv' cloche ! Comment qu'elle t'a pigeonné, la Miss réglisse.

Ma commotion est trop forte pour que je puisse répondre.

— Les mains en l'air ! clame la fille.

Nous obéissons. Elle a un sourire maléfique, on sent qu'elle prend son panard plus intensément que tout à l'heure.

— Vous êtes un imbécile, mon cher, me fait-elle rageusement. Lang Fou Ré, ma crapule de cousin, jouait franc jeu avec vous. Il a été mal inspiré en venant à la maison, car je suis présidente de la Section des Dragons Rouges du Kremlin Bi Sètre.

— Bravo, murmuré-je, vous avez magnifiquement manœuvré, et d'une façon très agréable, Vao. C'est un ravissement que d'être arnaqué dans de pareilles conditions !

Je biaise, car j'ai la rage au cœur. Et voici que le fichtre me prend. J'agis sans le vouloir, sans le savoir, impulsivement. Elle est devant moi.

J'abats mes bras levés sur elle, je la plaque contre ma poitrine, d'une étreinte irrésistible. Un littérateur moyen dirait que je m'en fais un vivant bouclier. Elle a beau gigoter, cette vipère lubrique, je la cramponne ferme.

Le mitrailleur poussa un cri terrible. Ça doit signifier : « Lâchez-la sinon je défouraille ». Il a eu tort de glapir si fort.

Cyprien a horreur qu'on fasse du suif dans son espace vital. Il fonce sur la camionnette, d'un bond léopardien, il bondit sur le plateau et culbute la mitrailleuse et le mitrailleur en filant des coups de boule à la ronde.

Les quatre flicards s'évacuent en vitesse. Ils sont mauvais ! Ça commence à canarder. Je sens Vao toute molle dans mes bras. Elle vient d'effacer la première rafale. Bien fait pour elle !

C'est alors que j'assiste à du grand spectacle. Un super-gala signé Béru.

Au moment où les poulets ont sauté de la camionnette afin d'esquiver les charges forcenées du bélier, le Gros s'est payé le luxe d'en cueillir un par le ceinturon. Il le fait tourner à bout de bras, lui fracasse le bol contre un montant du véhicule et le propulse dans les cannes d'un second. Et puis sans perdre un quart de seconde il bondit dans le camion, relève la mitrailleuse et arrose au pied du plateau.

— Barre tes os, San-A ! exhorte le Magistral !

Je calte derrière une pile de caisses. C'est dantesque ce qui se passe, les gars ! Il est dans un état second, notre bon Gros. Inspiré : Le Dieu de la guerre ! Oui, c'est Mars en carême ! Il tac-taque à tout va, inlassablement, en bon paysan ayant appris à œuvrer méthodiquement.

En un rien de temps les quatre poulagas sont étendus dans la poussière, avec Miss Vao par-dessous.

— Arrête, crié-je.

Je cavale au volant, je démarre en trombe. Des gus radinent de toute part et même d'ailleurs.

Ça fourmille intensément. Je fonce dans le tas, le tas s'écarte. Nous passons, je déboule tant que ça peut à travers les ruelles étroites.

Tentatives vaines ! Fuite insensée ! Dans quelques minutes on nous donnera la chasse.

Peu importe. Avec le rire, la bagarre c'est le propre de l'homme.

CHAPITRE DIX

Pendant plus de vingt minutes rien ne se produit. Je roule en direction de l'Ouest, à fond de plancher, sur des chemins cahotiques. De temps à autre nous croisons une patrouille de police, mais les lettres peintes sur les flancs de la camionnette doivent signaler que notre véhicule appartient à l'administration car personne ne nous demande rien.

Et puis, tout à coup, deux phares puissants surgissent derrière nous, enveloppant notre bagnole dans une impitoyable lumière blanche.

Je mate dans le rétroviseur, inquiet. Est-ce le début de la chasse ?

Afin de m'en assurer je champignonne un peu plus. Effectivement, la voiture suiveuse force l'allure. Elle gagne du terrain sur nous. Je me jette sur un chemin de traverse, l'autre guinde en fait autant.

Pas de doute, c'est pour nous ! M'est avis les enfants, que c'est ici que les Athéniens s'atteignirent ! Je me demande si, à l'arrière de la camionnette, le cher Béru s'est aperçu de la chose.

Nous ne pouvons correspondre et c'est fort dommage.

Sans lâcher le volant, je file quelques vaches coups de poing dans la cloison de la cabine.

Un long bâillement me répond. Je suis prêt à vous parier une poignée de fèves contre une poignée de main que cette pomme-à-l'eau dormait. Mais il s'éveille. Il réagit. Il agit ! Il a compris qu'on nous donnait l'assaut. Alors il branche le projecteur fixé sur le plateau de notre chignole en plein dans les carreaux des poursuivants.

Je vois tanguer les phares, là-bas. Aveuglé, le pilote de l'auto fileuse décrit quelques embardées.

Soudain il y a un choc. Un bruit de verre cassé. Notre projo s'éteint.

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