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Tango chinetoque

Электронная книга - «Tango chinetoque». Краткое содержание книги:

Moi, vous me connaissez ?
J'ai pas l'habitude de vous mener en bateau, et quand ça m'arrive, c'est moi qui rame !
Alors si je vous affirme que vous n'avez pas encore jamais lu un bouquin comme celui-ci, vous pouvez me croire !
Dans le Tango chinetoque, vous allez trouver des trucs qui vous feront dresser les poils des bras sur la tronche ! Vous y verrez comment, en Chine, on fabrique mille kilomètres d'autoroute par jour ! Comment un mouton tombe amoureux de Béru ! Comment Béru opère de l'appendicite un zig qui n'en a pas besoin ! Vous y verrez comment le Gros et moi on se paye une virouze dans le cosmos ! Parfaitement ! Et puis, l'amour à la chinoise, ça ne vous dit rien ?
Cette extraordinaire aventure se passe en Chine, mais on ne rit pas jaune pour autant. Et si le coq gaulois se fait déplumasser le dargif par moments, ça ne l'empêche pas de chanter fort !
Non, franchement, je plains Louis XVI qui est mort trop tôt pour avoir pu lire ça !
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Lang Fou Ré s'approche de l'arrivante, frotte son nez contre le sien et se retourne.

— Je vous présente ma cousine Vao Dan Sing ! dit-il.

Congratulations. Le Béru en oublie sa faim.

— C'est pas possible que ça soye le vieux kroumir du magasin qu'ait fait ce sujet, murmure-t-il, il a dû avoir recours à la main d’œuvre étrangère !

Miss Vao Dan Sing (mais appelons-la Vao tout court pour la commodité de la controverse) se met à nous préparer une collation substantielle : pâté impérial, pousses de soja au trou fi gnou, riz cantonnais et lichee dans la cendre. Le tout arrosé de thé, ce qui démoralise beaucoup le Gravos.

— Dis voir, Lang Fou Ré, pleurniche-t-il, ta cousine aurait pas dans un recoin une petite boutanche de juliénas.

Hélas, la plus belle fille du monde (et elle se trouve à portée du regard) ne peut donner que ce qu'elle a. En l'occurrence elle n'a pas de vin.

Lorsqu'il a décrassé la tortore à tonton, Lang Fou Ré émet quelques-uns de ces rots bruyants dont les Chinois et les grumeurs d'eau Perrier ont le secret.

— Et maintenant, dit-il, si vous me racontiez ce que vous faites en Chine ?

— Tu ne lui as pas dit ? m'étonné-je à l'adresse de Béru.

Le Mastar me virgule un coup de tatane dans les molletières par-dessus la natte.

— Bé si, je lui ai raconté comme quoi on s'est bourrés en redescendant les pentes du Tibet homicide. Et comment qu'on s'est payé le versant chinetoque au lieu de prendre çui qui surplombe le lac Léman ! Tout le monde peut se mettre le piolet dans l'œil, hein ? D'autant plus que notre boussole était en froid avec le Nord… Une boussole qui dit merde au Nord, ça facilite pas les excursions en montagne.

Il parle en ponctuant de clignements d'yeux, lesquels signifient : Je ne suis pas le genre de type qui se confie au premier prisonnier venu. La méfiance est la mère de la Sûreté et de la P.J. réunies.

Le gars Lang Fou Ré émet une nouvelle salve bicarbonatée et hausse les épaules.

— Des alpinistes qui se retrouvent dans le désert de Sinkiang parce qu'ils n'ont pas de boussole, moi je veux bien, les gars, seulement faut publier ce genre de conte dans les journaux d'enfants…

— C'est pourtant l'exacte vérité, tranché-je.

Il n'insiste pas. Les Chinois savent mettre leur mouchoir par-dessus leur amour-propre.

— Vous avez sommeil ? demande-t-il.

— Un peu, mon neveu, d'autant plus que ton thé des familles m'a calorifugé le système nerveux, dit le Gros. Si on voudrait bien nous montrer nos appartements…

Le pédicure discute du problème avec sa cousine. Plus je regarde cette gosse, plus je me sens énervé du bulbe. Cette petite déesse jaune, telle que vous me connaissez, je lui flanquerais volontiers les doigts de pieds en bouquet de violette ! Comment que je te lui projetterais la grande scène du viol sur écran large, interprétée par toute la troupe !

Elle nous considère pensivement, puis, sans le moindre sourire, et tout en conservant farouchement sa figure de divinité asiatique, elle murmure :

— Do you speak english ?

Ce qui signifie « parlez-vous anglais », la plupart d'entre vous plus quelques-uns auront déjà pigé je pense ?

Je m'empresse de répondre que « Yes Miss » et je me réjouis de pouvoir converser avec cette pin up jaune. Les muets diront ce qu'ils voudront, mais la parole aide à l'échange des rapports culturels et sexuels. Sans attendre je déclare donc à notre jeune hôtesse qu'elle est unique en son genre et que ce genre, précisément, est tout à fait le mien.

Cette prise de position la laisse froide comme un pif de clébart. Pour lui célébrer son culte de la personnalité, j'ai idée qu'il doit falloir se lever de bonne heure et avoir des feintes-à-Jules plein sa malle arrière.

— Suivez-moi, me dit-elle.

On repasse par le magasin. Là, elle tire sur une corde pendant du plafond et une échelle à contrepoids s'abaisse. Elle grimpe, ce qui, malgré l'étroitesse de sa jupe, me dévoile un paysage sublime. Parvenue au sommet de l'échelle, la voici qui pousse un trappon et qui nous fait signe de monter.

Je suis.

— T'entends pas, murmure Béru, le regard brillant d'émotion.

— Quoi donc ?

— Le mouton ? Il est resté dans la rue et il m'appelle, ce pauvre biquet !

— Qu'il aille se faire tondre ailleurs, c'est déjà beau que tonton Lang Fou Ré nous accueille, on ne va pas lui imposer ton zoo en supplément tout de même.

Le Gros n'insiste pas et gravit les échelons. Nous arrivons dans une soupente basse de plaftard.

Elle est divisée en deux parties.

— Vous dormirez sur les nattes du fond, recommande-t-elle.

— Et votre cousin ? Je suis curieux.

— Il couchera dans la pièce du bas avec mon père vénéré.

— Et vous, illumination de mon séjour en terre chinoise ? poétisé-je dans le style du cru.

Elle montre une natte à lit dans l'a première partie de la soupente.

— Depuis que mon très honorable père souffre de rhumatismes, je couche ici car il ne peut plus gravir l'échelle.

J'essaie de ne pas extérioriser la big satisfaction que me procure ce voisinage.

— Dormez bien, dit-elle !

La voilà qui redisparait par l'ouverture. Le trappon se referme. Nous sommes seuls.

— Jusqu'ici fait Béru en s'abattant sur une natte, on peut pas dire que ça se soye mal passé.

— Non, conviens-je, seulement je ne crois pas que cette première journée en terre chinoise ait fait avancer notre mission.

— Bast ! me console le Flegmatique, y a un temps pour tout, Mec.

Et sur ces fortes paroles il se met à ronfler.

CHAPITRE HUIT

Pour ma part, ne possédant pas, hélas ! la sérénité du Gros, il m'est impossible de trouver le sommeil.

Dans le feu de l'action et devant les exigences de l'instant on perd de vue la gravité de la situation. Mais pendant une période d'accalmie, la réalité se dégage et montre son sale visage.

Les périls blafards se dressent comme des spectres à la lueur d'un falot. Ils sont tous là, hideux, menaçants, funèbres, qui me défriment avec les trous noirs de leurs orbites vides. Je me sens perdu dans ce formidable pays, immense et surpeuplé, qui craque de trop de vie, impossible à contenir et que l'on sent inflexible et dur.

Depuis longtemps l'alerte a dû être donnée. On nous cherche. Notre piste sera facile à trouver, car nous avons été très remarqués dans les ruelles de Chou Far Ci… Non, les gars, croyez-moi, cette entreprise est vouée à l'échec. Comment peut-on espérer passer inaperçu dans un pays dont les habitants n'ont pas la même couleur de peau que vous ?

Je suis en pleine moulinette farceuse lorsque j'entends s'ouvrir la trappe. C'est la ravissante, l'inoubliable Vao Dan Sing qui vient se coucher, la chère âme.

Cette présence de choix me charge un peu les idées. De noires, elles deviennent grises avec une légère pointe de rose sur les bords et le pourtour. Je me ferais bien un gala d'adieu avec elle, franchement. Le précaire, ça stimule les glandes, mes fifilles. L'homme qui vit à la seconde, il a besoin de jouir de la vie en totalité.

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