Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
San-Antonio met le paquet - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

San-Antonio met le paquet

Электронная книга - «San-Antonio met le paquet». Краткое содержание книги:

C'est par un petit événement en marge de nos activités professionnelles que démarre cette fois-ci l'aventure.
Une aventure vraiment extraordinaire, vous pourrez en juger par la suite si vous avez la patience de poursuivre.
Une aventure comme, à dire vrai, il ne m'en était encore jamais arrivé.
1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 30
Перейти на страницу:

— Trois heures du mat !

Je tique.

— Pas possible ! Ce petit monsieur rangé !

— C’est comme je te cause… On a veillé, Adèle et moi, en l’attendant. On tapait la belote, cette garce m’a secoué mille balles. Les carrés, elle, on dirait qu’elle les attire. Et je t’annonce les quatre barbus ! Et que je t’étale les quatre poufiasses ! Sans parler des valetons qui l’ont à la bonne !

— Et après ?

— Après quoi ?

— Après qu’Aquoix eut rejoint sa base ?

Bérurier passe deux doigts entre la graisse de son cou et celle de son col de chemise.

— C’est ici que j’ai un peu charrié, San-A., je l’admets… Mais tu sais ce que c’est ? Le mari d’Adèle était pas là… Et quand t’es seul avec une fille que t’as broutée jadis la proximité, ça joue…

Je ne fais rien pour l’encourager et force lui est de poursuivre, d’un ton qui va, pantelant.

— On se monte le bourrichon, San-A. Je la regardais, Adèle, et j’oubliais ses moustaches, ses ropoplos décadents pour me rappeler un grain de beauté coquinet qu’elle avait sur la hanche, autrefois… Et puis il faisait chaud dans sa loge… Bon, tu m’as compris ?

— Non, fais-je sans sourciller.

— Oh ! crotte ! ta maman t’a donc rien dit quand t’as été sevré ? Après la belote, on a chahuté un chouïa, quoi ! Une partie de paluches innocente au décarrage et qui vire au libidineux… Je voulais pas, vu qu’Évariste, le mari d’Adèle, est un brave mec… Mais les femmes, mon vieux, quand tu leur inspires le gros désir, tu pourrais te faire souder à l’autogène dans une lessiveuse qu’elles parviendraient à te faire sortir de tes gonds… C’était fatal ! D’autant plus, si tu te rappelles, que le pageot est jamais bien loin chez les concierges. Un rideau à tirer et boum, servez chaud !

— Tu me fais un drôle de flic, Béru. Y aurait de quoi te faire le coup de l’édit de Nantes. Tu sais ce qu’on lui a fait à l’édit de Nantes ?

— Non ?

— On l’a révoqué !

— Dis, c’est la fièvre qui te grimpe à l’hamburger, non ? proteste le Gros.

— Tu t’es conduit comme un pourceau. Prendre la planque de cette manière, c’est indigne d’un gars qui palpe une enveloppe à la fin de chaque mois pour assurer la sauvegarde des institutions.

— Je me suis gouré de lourde, soupire Béru, j’suis entré chez le révérend père Riquet, c’est pas possible autrement !

Je retiens une forte envie de me cintrer et, pressentant que son histoire n’est pas terminée, je lui ordonne de conclure.

— Bon, l’Adèle, si tu veux le savoir, c’est toujours l’affaire de grande classe. Comme fabrique de vertige on n’a jamais trouvé mieux. Il existerait un conservatoire de l’amour, on pourrait la nommer prof dans la classe de flûte !

— Je t’en prie, fais grâce des détails…

— Enfin, quoi, brèfle, c’est la vie, résume pertinemment le Gros. Le hic, c’est qu’on s’est endormis après. L’heure tardive, l’exercice, en plus qu’on avait éclusé un kil de monbazillac supérieur en faisant la belote, tu comprends, on a eu un trou !

Il hausse les épaules.

— Si bien qu’à six heures du mat, c’est le mari qui nous a sortis des toiles. Alors là, t’aurais entendu Le Beau Danube bleu ! Il m’a cueilli à froid, tu comprends ?… Je ronflais, et tout d’un coup me voilà à bas du pieu avec un mec en délire qui me savate la frime ! De ma vie j’ai eu pareille émotion. Naturlich, ça me réveille. Adèle chialait et criait que c’était un malentendu. Moi j’essayais de récupérer mon grimpant… Le mec ameutait l’immeuble comme quoi j’étais un enviandé de poulet ! Il gueulait que la prochaine révolution, on ne la ferait pas par téléphone. Il aurait des idées avancées que ça ne m’étonnerait pas !

— Il a les idées avancées, mais pas larges, conclus-je.

— À la fin, pour le faire taire, je lui ai mis un crochet à la pointe du menton et il s’est endormi. Un veilleur de nuit, tu penses qu’à six plombes, ça a déjà sommeil !

« Moi, je ne pouvais rien faire d’autre que rattacher mes bretelles et dire adieu à Adèle… Et me voilà, finit-il.

— Malheur à celui par qui le scandale arrive ! récité-je.

— Je te jure, San-A., que si tu avais été à ma place…

— Oh ! classe !

Je réfléchis. La fièvre modifie ma perception, comme on dit dans les contributions directes. L’incident est drôle. Ennuyeux mais drôle.

— Où a bien pu aller Aquoix pendant sa longue absence ? murmuré-je…

Constatant que l’engueulade prévue ne vient pas, Béru reprend du poil de la bestiole.

— Si tu veux, on arrête le mec et je me charge de lui faire dire ?

— Silence, goret !

— Pour tout te dire, poursuit-il sans tenir compte de mon ordre, j’ai les nerfs en boule. T’as vu mon œil ! Beau, hein ? Ah ! quel métier… Ce qui m’ennuie, c’est que dimanche prochain je devais chanter à la kermesse des Compagnons du lancer léger. Je peux pas passer en attraction comme ça !

— De toute manière, c’est en répulsion que tu serais passé…

— Merci, fait-il sombrement.

— C’est pas le tout, il faut aviser. Tard dans la soirée, j’ai renvoyé Pinaud chez lui, à Magny. Je voulais qu’il établisse une souricière.

— Une souricière ?

— Oui. J’avais combiné un coup fumant. Il se pourrait qu’un malfrat retourne à Magny pour essayer de dépoter la carcasse de feu m’sieur Keller. Puisque t’es grillé, archigrillé côté Aquoix, va en renfort chez Pinuchet. Emporte de quoi tortorer et boire… Peu de vinasse, hein ! Vous vous barricadez dans la taule, vous faites le moins de bruit possible et vous attendez. Si quelqu’un cherche à entrer, harponnez-le et conduisez le dare-dare à la grande taule.

— Entendu, dit Béru, ravi par ce programme.

— Un conseil, encore, Gros…

— Oui ?

— Ne prends pas l’habitude de jouer les Casanova, c’est plus dans tes emplois…

— Bonne guérison, coupe-t-il en repiquant son bada sur la descente de lit.

Il me sourit. Brave homme, va ! Je l’aime bien, cette grosse gonfle hirsute.

— Tu crois que je pourrai me produire sur scène en mettant des lunettes de soleil ? Depuis quinze jours je repasse Les Matelassiers et Bouton de rose, tu sais…

Il entonne :

Je suis ta chose Rose Et si tu veux, demain J’irai cueillir ta rose l’épine dans la main !

Les vitres tremblent. Félicie accourt. Le Gros se recoiffe.

— Y a huit couplets commak, dit-il. Je voudrais pas me les être farcis pour la peau !

CHAPITRE XIII

Dans lequel je me traite par le mépris

À midi, le thermomètre est descendu à 38,4 mais je me sens dans les vapes. Félicie insiste pour faire venir le toubib.

Le docteur Théo est presque un ami of the San-Antonio’s family. Il m’a mis au monde, ce qui lui vaudrait la Légion d’honneur s’il ne l’avait déjà au titre de la Santé publique.

Je dis à M’man que c’est d’accord, car je sais qu’elle ne vivra pas tant que le bon doc n’aura pas assuré que dans quarante-huit plombes je pourrai tortorer du bœuf mode et grimper les bergères qui ne sont pas allergiques à mon charme.

Le toubib pioge à trois rues de notre pavillon. Il accourt. C’est un grand balèze aux cheveux de neige, avec des lunettes d’or et les oreilles décollées.

1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 30
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)