Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 202 203 204 205 206 207 208 209 210 ... 376
Перейти на страницу:

Boris Tchitcherine a une heureuse formule : l’asservissement des uns entraîne celui des autres. En conséquence, l’affranchissement des uns doit également – les paysans en sont fermement convaincus – entraîner celui des autres. Les nobles étaient dotés de terres et de paysans en échange du service d’État. Dès qu’ils se voient libérés de ce service, leur pouvoir sur la terre et les serfs cesse d’être justifié, légitime. Les espoirs suscités par le manifeste de 1762 ne se réaliseront pas. La déception déclenchera, dix ans plus tard, une guerre paysanne, sous la conduite d’Emelian Pougatchev.

Le renversement de Pierre III n’est provoqué ni par son excentricité, ni par ses absurdes trouvailles, ni, d’ailleurs, par ses raisonnables décrets. Il eût pu gouverner jusqu’à sa mort naturelle, n’eût été l’ambition de son épouse. Le complot contre Pierre III est l’un des épisodes les mieux connus de l’histoire russe. On dispose des récits des acteurs eux-mêmes et des témoins, notamment des Mémoires et des lettres de Catherine II, des carnets de Catherine Dachkova – qui se figure, de façon quelque peu exagérée, être le principal ressort de la conspiration –, des rapports détaillés des ambassadeurs qui connaissent à la perfection les coulisses des intrigues de palais. Le sujet a en outre inspiré des études historiques, des romans, des films. Et pourtant, bien des détails du « complot de l’impératrice » restent mystérieux.

L’idée de ne pas laisser Pierre accéder au trône est née à la fin du règne d’Élisabeth : des plans allant dans ce sens sont élaborés par Bestoujev-Rioumine, par Nikita Panine, gouverneur de Paul, le fils de Pierre III et de Catherine, et bien d’autres. On songe aussi à écarter Pierre III, au profit de Paul, alors âgé de sept ans, Catherine assurant la régence. D’aucuns se souviennent également que l’empereur Ivan Antonovitch vit encore (reclus à la forteresse Pierre-et-Paul). Mais il ne s’agit que de projets, de conversations, de rêves vagues. À ceci près qu’on dispose « d’une arme qui a fait ses preuves dans les coups de force » : la garde.

Les fils de la conspiration se nouent donc mollement, malhabilement, dans la peur : Pierre III est le souverain légitime. Deux impulsions, venues de l’empereur lui-même, vont mettre en branle le mécanisme du complot. Catherine est convaincue que Pierre III a l’intention d’épouser Élisabeth Vorontsova, et la garde, de son côté, ajoute foi aux rumeurs selon lesquelles le tsar a l’intention de la supprimer, comme, en son temps, Pierre le Grand avait anéanti les streltsy.

Les conjurés sont peu nombreux, ils n’ont ni véritable chef ni certitude de l’emporter. En outre, Pierre III a dans son camp le feld-maréchal Munich, militaire expérimenté qui commande les Holsteinois, tout dévoués à l’empereur. Après la prise de Pétersbourg par les conjurés, le feld-maréchal recommande à l’empereur, établi à Peterhof, de gagner par la mer la Poméranie où se trouve l’armée russe. Mais Pierre III est indécis. Un historien dira de lui qu’il fut renversé du trône, comme un enfant qu’on envoie se coucher. Arrêté, il demande qu’on lui laisse les quatre choses auxquelles il tient le plus au monde : son violon, son chien préféré, le négrillon affecté à son service et Élisabeth Vorontsova. Tout lui est accordé, hormis la Vorontsova que l’on envoie à Moscou pour la marier.

Force est d’approuver le jugement de Vassili Klioutchevski qui qualifie cette révolte de palais de « révolution la plus joyeuse et la plus élégante de toutes celles qu’il nous fut donné de connaître, effectuée sans verser la moindre goutte de sang ». Il s’agit, selon son expression, d’une « authentique révolution de dame ». L’historien considère en revanche que cette « révolution élégante et joyeuse » coûte trop cher en vin : lors de son entrée triomphale à Pétersbourg, le 30 juin 1762, Catherine ordonne d’ouvrir tous les débits de boissons. Mais, comme le calculeront par la suite les tenanciers, on ne boit que pour vingt-quatre mille roubles et quelques kopecks au total, ce qui n’est pas énorme, même pour l’époque.

10 Une souveraine éclairée

… Un état lamentable à propos duquel on ne peut que prier Dieu pour que, par un règne meilleur, ce mal soit anéanti.

Prince CHCHTERBATOV, 1790.

… L’époque de Catherine fut la plus heureuse pour le citoyen de Russie ; chacun de nous, ou presque, eût souhaité de vivre en ce temps plus qu’en aucun autre.

Nikolaï KARAMZINE, 1811.

Les deux historiens russes cités ci-dessus ont une opinion radicalement contraire sur le règne de Catherine II. Outre les différences de point de vue et de caractère, cela s’explique par le fait que le prince Chtcherbatov, historiographe et publiciste, auteur du pamphlet intitulé De la corruption des mœurs en Russie, est un contemporain de Catherine II, qu’il sert à sa Cour, tandis que Nikolaï Karamzine écrit sa Note sur l’ancienne et la nouvelle Russie quinze ans après le décès de l’impératrice. Karamzine ne dissimule pas, malgré son admiration, « certaines taches » assombrissant le règne brillant de Catherine. Il les énumère, souligne la « corruption des mœurs » et le fait qu’on « marchande la vérité et les grades », reconnaît que l’impératrice ne « voit ni ne veut voir de nombreux abus ». Karamzine relève une caractéristique importante des jugements portés sur le règne de Catherine II : durant les dernières années de sa vie, « nous avions à son endroit plus de critiques que de louanges ». Les générations suivantes montrent une bienveillance beaucoup plus grande, à l’égard de la « Sémiramis du Nord », que ses contemporains. Ainsi s’exprime le « jugement de l’Histoire » : tout ce qui n’avait qu’un rôle transitoire se voit balayé, ne reste – avec une appréciation positive – que ce que les descendants trouvent important, précieux.

L’importance et la valeur des actes d’un souverain sont des notions relatives et l’œuvre de Catherine II est source de disputes très vives entre les historiens, russes ou non. Après Pierre le Grand, Catherine II est la seule à susciter des opinions aussi contradictoires. Le jugement porté sur l’action de l’impératrice n’est pas, au demeurant, dicté par des considérations « partisanes ». Conservateur acharné, persuadé que la « corruption des mœurs » a commencé en Russie avec Pierre le Grand, le prince Chtcherbatov dénonce l’époque de Catherine II aussi impitoyablement que l’auteur du Voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou, Alexandre Radichtchev, libéral convaincu, formé par les universités étrangères. Le point de vue de Nikolaï Karamzine, chantre de l’autocratie et convaincu que le règne de Catherine II fut « l’époque la plus heureuse », correspond pleinement à celui de l’historien soviétique Evgueni Tarlé qui, dans sa Diplomatie de Catherine II, écrite en 1945, vante les victoires de Staline.

Quand Madame Vigée-Lebrun, peintre français, se rend à Pétersbourg pour y exécuter le portrait de la grande souveraine adulée par les philosophes français, une de ses relations russes lui donne ce conseil : « En lieu d’une toile, prenez une carte de l’Empire russe ; comme fond, la noirceur de son ignorance ; en guise de drapé, les restes de la Pologne déchirée ; le sang humain pour couleur ; et, dessinés à l’arrière-plan, les monuments du règne de Catherine… » Le biographe de l’impératrice commente : « Ce sombre tableau recèle une part de vérité. Mais il y manque les nuances1. » Il convient de préciser que le peintre français visite la Russie à la fin du règne de Catherine.

1 ... 202 203 204 205 206 207 208 209 210 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)