Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » L'homme stochastique [The Stochastic Man - fr]
L'homme stochastique [The Stochastic Man - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'homme stochastique [The Stochastic Man - fr]

Электронная книга - «L'homme stochastique [The Stochastic Man - fr]». Краткое содержание книги:

Prévoir l'avenir. Un vieux rêve de l'humanité.
Irréalisable scientifiquement ? Voire. Car les progrès des méthodes prévisionnelles, statistiques et autres, confondues dans un art baptisé stochastique, permettent à quelques-uns de jouer les prophètes.
Ainsi en est-il pour Lew Nüchols, spécialiste de l'art d'emmagasiner et de trier les informations, de dire même ce qu'il faut faire pour réduire l'intervalle d'incertitude entre la prévision et la réalité future.
Intervalle irréductible.
Sauf pour Carjaval, l'homme qui sait absolument tout de l'avenir. Jusqu'à l'heure et la circonstance de sa mort — Carjaval, prophète de l'homme à venir, l'homme stochastique.
Robert Silverberg a écrit ici un étrange roman où la liberté, la nécessité et les probabilités se livrent dans l'avenir proche à un ballet redoutable avec l'amour, le pouvoir et la mort.
1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 62
Перейти на страницу:

« Qui donc est mort à la Maison-Blanche ? » demande alors Lincoln – et on lui répond que c’est le Président, tué par un assassin.

Bien avant que Carvajal fût entré dans ma vie, j’ai su que les filins de l’avenir sont peu solides, que des radeaux de temps rompent leurs amarres et dérivent sur l’immense océan, portés par des courants contraires jusqu’à nos esprits endormis.

J’avais vu Gilmartin, replet, livide, en sueur. Un homme plutôt grand, visage rond, yeux bleus, traîné jusqu’au milieu d’une cour déserte accablée sous un soleil impitoyable où les ombres formaient un contraste brutal. Je l’avais vu se débattre, ruer, gémir, supplier, protester de son innocence. Les soldats alignés, puis levant leurs fusils. La silencieuse, la longue, longue minute pour viser. Gilmartin haletant, priant, pleurant, retrouvant finalement une parcelle de dignité, se tenant plus droit, épaules rejetées en arrière. L’ordre sec, la détonation des fusils, le soubresaut, le corps qui se contorsionne affreusement, s’effondre, pèse dans les liens…

Mais qu’allais-je tirer de tout cela ? Une promesse de difficultés pour Gilmartin, qui en avait causé lui-même à l’administration de Quinn et que je n’aimais guère – ou simplement l’espoir qu’elles se produisent ? Un complot d’assassinat peut-être ? Les assassinats avaient été monnaie courante dans les années 90, plus fréquents même qu’à la sinistre époque Kennedy, mais j’estimais que cette mode était une nouvelle fois passée. Qui, d’ailleurs, voudrait supprimer un vulgaire rond-de-cuir comme ? Gilmartin ? Peut-être était-ce la simple prémonition qu’il allait trépasser de mort naturelle ? Mais Gilmartin se vantait d’avoir une santé de fer. Un accident ? Ou bien une mort au figuré : poursuite judiciaire, scandale, mise en accusation ?

Je ne voyais comment interpréter mon rêve ni quel parti en tirer, et décidai de ne rien faire. Si bien que nous ratâmes le coche lorsque éclata le scandale Gilmartin, car c’était bien comme je l’avais perçu : pas de fusillade pour le contrôleur, certes, mais la honte, le déshonneur et la prison. Quinn aurait pu s’assurer un capital politique considérable à partir de cela, pour peu que les enquêteurs municipaux eussent révélé les tripotages de Gilmartin. Il eût fallu que le maire en personne se levât pour crier que la ville voyait ses crédits rognés, qu’une vérification s’imposait. Mais je n’avais pas su établir ce schéma : ce fut un expert d’Albany, et non un homme à nous, qui découvrit le pot aux roses, comment Gilmartin détournait des millions destinés à New York et les faisait passer dans les caisses de plusieurs bourgades, puis dans ses poches et dans celles de deux ou trois notables ruraux. Un peu tard, je comprenais que j’avais eu par deux fois l’occasion d’abattre Gilmartin, et que je les avais toutes deux manquées. Un mois avant mon rêve, Carvajal était venu me fournir cette mystérieuse note. Gardez l’œil sur Gilmartin, disait-elle. Gilmartin, coagulation du pétrole.

Leydecker. Alors ?

— Parle-moi donc de Carvajal, demandai-je à Lombroso.

— Que veux-tu savoir ?

— Dans quelle mesure il a bien réussi sur le marché des valeurs.

— Tellement bien réussi que c’en est incroyable. Depuis 93, et pour autant que je sache, il a gagné neuf ou dix millions. Peut-être davantage. Je suis persuadé qu’il opère par l’entremise de courtiers. Prête-noms, hommes de paille, toutes sortes de biais pour dissimuler les sommes réelles raflées en Bourse.

— Il a tout gagné en jouant ?

— Absolument tout. Il arrive, mise sur une action et repart. Je connais des gens, dans mon personnel, qui ont gagné des fortunes rien qu’en le suivant.

— Est-il possible à quelqu’un de dominer le marché si solidement sur tant d’années ?

Lombroso haussa les épaules.

— Je suppose que certains, peu nombreux, l’ont déjà fait. N’oublie pas la saga de nos grands spéculateurs, qui remonte à très loin. Mais personne de ma connaissance ne s’est montré aussi avisé que Carvajal.

— A-t-il des renseignements privés ?

— Impossible. Pas sur tant de compagnies différentes. Non, ce doit être pure intuition. Il achète et vend, achète et vend, et glane les bénéfices. Il est venu comme ça, un beau jour, pas de références, pas de relations à Wall Street. Effarant.

— Comme tu dis, opinai-je.

— Le petit père tranquille. Tu l’aurais vu s’asseoir, donner ses instructions. Pas de bruit, pas un mot de trop, pas d’affolement.

— Lui est-il arrivé de se tromper ?

— Il a subi des pertes, oui. Des sommes minimes. Minimes – comparées à d’énormes gains.

— Je me demande pourquoi.

— Pourquoi… quoi ? grommela Lombroso.

— Pourquoi ces pertes, justement.

— Même un Carvajal doit bien être faillible.

— Vraiment ? Supposons qu’il accepte certaines pertes par manœuvre stratégique ? Des échecs voulus, pour inciter les gens à croire qu’il est humain ? Ou pour empêcher des tiers de miser sur ses choix et d’altérer les fluctuations.

— Et toi, Lew, penses-tu qu’il est humain ?

— Je le pense, oui.

— Mais… ?

— Mais il a un don vraiment particulier.

— Pour choisir des actions qui vont monter. Vraiment particulier, je te l’accorde.

— Il y a plus.

— Comment cela ?

— Je ne suis pas en mesure de te le dire à présent.

— Pourquoi as-tu peur de lui, Lew ? insista Lombroso.

— Ai-je dit qu’il me faisait peur ? Quand ?

— Le jour où tu l’as vu ici, tu m’as raconté qu’il te flanquait les jetons, qu’il répandait des ondes… tu te rappelles ?

— Je l’admets.

— Et tu penses qu’il a recours à la sorcellerie ? Tu crois que Carvajal est une espèce de magicien ?

— Je connais la théorie des probabilités, Bob. S’il y a une chose que je connais, c’est celle-là. Or, Carvajal a réalisé deux exploits qui vont bien au-delà des courbes de probabilités. L’un est sa réussite sur le marché des valeurs. L’autre est cette note au sujet de Gilmartin.

— Peut-être se fait-il livrer les journaux un mois à l’avance, plaisanta Lombroso. Il s’esclaffa. Moi pas ! Je repris :

« — Je n’ai aucune hypothèse. Je sais seulement que nous ; travaillons tous deux dans le même genre d’affaires, et qu’il s’y montre tellement supérieur à moi qu’on ne peut établir une comparaison. Maintenant, je te le répète : je suis dérouté, et même effrayé. Imperturbable au point de paraître condescendant, Lombroso traversa tranquillement son majestueux bureau et garda un instant les yeux fixés sur la vitrine où il rangeait ses trésors de l’art juif. Puis, le dos tourné, il me dit :

— Tu es un peu mélodramatique, Lew. Le monde est plein de gens qui font souvent des estimations heureuses. Toi le premier. Carvajal a plus de chance que beaucoup d’autres, mais cela ne prouve pas qu’il puisse voir l’avenir.

— D’accord, Bob. Tu as raison.

— N’est-ce pas ? Quand tu viens m’expliquer que la probabilité d’une réaction défavorable du public à une mesure légale se présente comme ci et comme ça, lis-tu dans l’avenir, ou formules-tu une simple conjecture ? Tu n’as jamais prétendu posséder le don de clairvoyance, que je sache. Et Carvajal…

— Oui, tu as raison !

— Je t’en prie, mon vieux.

1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 62
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)