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San-Antonio polka

Электронная книга - «San-Antonio polka». Краткое содержание книги:

Sans vouloir me vanter, vous savez bien que je suis suffisamment sublime pour ne pas avoir besoin de me faire mousser, je suis un skieur de first quality. Selon Béru, je possède à fond la technique du « sale-homme géant », du « Juliénas léger » et du « rapage contrôlé ».
Et c'est peut-être grâce à ces qualités que j'ai pu éviter une catastrophe nationale !
Comment ?
Entrez dans la danse et vous le saurez. Et en avant la polka de San-Antonio.
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L'a-dessus, la porte de la soute flics-drogués s'ouvre et Eva paraît.

— Alors, les Laurel et Hardy de l'affaire Lormont sont réveillés ? plaisante-t-elle.

Je lui virgule un clin d'œil façon princesse incognito.

— Tiens, miss Somnifère fait partie du voyage ! Les hôtesses de l'air sont en grève ?

Je poursuis :

— Ce qu'il y a de merveilleux avec vous, ma Douceur, c'est votre fantaisie. On nous kidnappe, on nous enterre vivants, on nous déterre, on nous réconforte avec des somnifères, on nous balade en camionnette, en Cadillac, en avion ! C'est fabuleux. Quand Je raconte rai ça à mes arrière-petits-enfants, ils croiront que je débloque.

— Parce que vous comptez avoir des arrière-petits-enfants ? plaisante-t-elle :

— Yes, beauty. Et mon rêve ce serait de les avoir avec vous. Je suis certain qu'on réussirait une drôle de race, vous et moi !

Elle se penche sur Belloise et fait une grimace aussi véhémente que celle de Béru naguère.

— Il est clamsé ? demandé-je.

— J'espère que non. Il a voulu faire du zèle dans la voiture tout à l'heure et José l'a frappé avec une clé anglaise. Assommer les gens en conduisant est une performance difficile, comprenez-vous ?

Elle s'éclipse et revient, avec un flacon d'alcool et une boîte de compresses.

— Vous feriez une charmante infirmière, assuré-je. Entre vos mains on doit reprendre goût à la vie ! Dites, mon cœur, qu'est-ce qui va se passer maintenant ?

— Je vous en laisse la surprise ! dit-elle.

— Vous ne voulez vraiment pas nous communiquer le scénario du second épisode ?

— Non. Je vous laisse car nous allons bientôt atterrir. Soyez sages !

Elle se retire et la porte se referme. Par un hublot, je vois un petit nuage rigolard en vadrouille dans un ciel bleu comme un paquet de Gauloises.

— Où ce qu'on peut z'être ? demande Bérurier.

— Sûrement dans le Midi, fais-je. Vise un peu ce plafond comme il est pur ; en plein hiver, c'est plutôt rarissime, non ?

Le Mastar n'est pas sensible à la limpidité du ciel. La poésie, il se la paie avec des côtes de porc et beaucoup de moutarde.

Notre coucou amorce un virage brutal qui nous fait rouler l'un sur l'autre. Puis il pique du blair et ses moteurs coupés pétaradent lamentablement. Mais l'atterrissage s'effectue à peu près bien. Quelques légers soubresauts et nous roulons en tangotant un brin. Puis tout s'immobilise.

— Château de Vincennes, fin de section ! brame le Mahousse.

— Ta bouche, B.B. ! (Benoît Bérurier) intimé-je.

Je prête l'oreille. Une voix d'homme questionne, de l'extérieur :

— Hello, Eva, tout s'est bien passé ?

— A merveille ! assure notre pin-up.

— Le voyage ?

— Correct.

— Ainsi, vous nous amenez du monde ?

— Sous forme de saucissons. Je vous laisse le soin de déballer nos invités. Le boss est en forme ?

— En pleine forme, bien qu'il trouve le climat pénible.

Béru grommelle :

— Toi qui causais qu'on était dans le Midi ! On doit se trouver en plein nord, oui ! Tu veux parier qu'on est à l'estrême nord de l'Hollande.

Comme pour lui apporter une réponse, des gens ouvrent la porte du zinc. Une bouffée d'air embrasé nous déshydrate illico. Il doit faire au moins cinquante degrés à l'ombre. Des insectes font un bruit de concassage. Deux messieurs bronzés comme de l'anthracite de la Ruhr s'avancent et nous tirent vers la porte. La chaleur est terrible. Nous plongeons dans un Sauna.

— Dis voir, je murmure, la Hollande se paie l'ambiance tropicale, on dirait.

J'ajoute, car nous sommes à l'extérieur maintenant et je découvre à perte de vulve un désert blanc, hérissé de dunes.

— Quant aux moulins à vent, ils se sont envolés !

Il y a près de l'avion une jeep au volant de laquelle se tient un superbe Noir. Un grand type blond, vêtu de blanc de la tête aux pieds, est en conversation avec Eva.

— Chargez-les à l'arrière de la jeep et conduisez-les au bungalow ! ordonne-t-il.

Les Noirs obéissent. Eva et l'homme en blanc s'éloignent en discutant. Je les entends pendant un instant et ce qu'ils disent m'intrigue.

LUI–Vous avez conduit ces opérations de main de maître, mon petit !

EVA — Le facteur chance a joué.

Lui — Pourquoi diantre avez-vous amené les deux autres ?

Eva — Parce que… monnaie d'échange…

Le reste de la conversation se perd. Je demeure perplexe contre le perplexus de mon Béru contusionné. Qu'entendait donc le gars fringué par Persil par « les deux autres » alors que nous sommes trois ? S'agit-il de Béru et de moi, ou de Belloise et de Béru ?

Je n'ai pas le temps de passer en revue toutes les combinaisons mathématiques. On colle le pauvre Riri sur nos abdomens (qui sont des abdomens publics) et la jeep quitte le terrain.

Bientôt nous arrivons en bordure d'une petite palmeraie ainsi baptisée parce qu'elle est constituée de palmiers. Une construction blanche, de style colonial, se dresse au milieu des arbres. La jeep stoppe et on nous décharge sous la surveillance du bonhomme en blanc des galeries Mekness.

— Mettez-les dans cette pièce ! décide-t-il.

On nous propulse sur un plancher disjoint.

— Espèce d'espèces ! hurle le Gros. Déliez-moi un peu les brandillons que je vous apprenne à me traiter comme du linge sale !

Mais le type en blanc ne se soucie pas le moins du monde des réactions de la Globule.

— Pépé ! dit-il à l'un des Noirs. Tu monteras la garde devant la porte par mesure de sécurité !

On nous laisse. La pièce où nous gisons est une sorte de resserre qui ne ressert pas à grand-chose. Elle n'est éclairée que par un vasistas étroit. Il y règne une chaleur d'autoclave.

M. Riri profite de la halte pour retrouver ses esprits.

— Où sommes-nous ? balbutie-t-il d'une voix molle.

— De l'autre côté de la Méditerranée, lui assuré-je. Mais te préciser l'endroit, ça…

— Vous plaisantez, m'sieur le commissaire !

— Pas aujourd'hui, j'ai ma sciatique qui m'empêche de rigoler.

— Je lui résume le voyage en avion et notre débarquement. Ça le frappe, le pauvre biquet.

— Mais enfin, qu'est-ce qu'on nous veut ! geint-il. Oh ! là ! là ! quelle sale histoire ! Si j'avais su j'aurais mis Lormont en l'air sans rien dire à personne. Probable qu'à cette heure je serais plus tranquille !

— Tu serais tranquille dans une cellote de Chambéry, mon gars, en attendant de passer aux assiettes !

Il hausse les épaules.

— Je serais mieux en taule qu'ici ! Et puis c'est pas prouvé que j'y aurais été, parce qu'entre nous, commissaire, les poulets, c'est pas des épées !

Le sarcasme me flétrit l'empêcheur de durée sous-jacent.

— Rengaine ta rengaine, Riri…

Béru clape des muqueuses.

— Il a rien dit, l'Homme de la Jamaïque, à propos de la bouffe ? s'inquiète Sa Maigreur. Je voudrais pas me répéter, mais j'aimerais bien becqueter un de ces jours, histoire de pas en perdre l'habitude.

— Commence par te taper mes cordes, conseillé-je, ça te fera les crocs !

— Quoi !

Je roule sur lé côté de manière à lui présenter mon dos. C'est un risque qu'on peut se permettre avec un gars comme Béru, dont l'orthodoxie des mœurs est certaine, mais que je ne prendrais pas avec n'importe qui.

— Avec ce qui te reste de ratiches, essaie de défaire les liens qui m'entravent les poignets, tu piges, abominable homme des sables ?

Il dit qu'oui et se met au turf.

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