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San-Antonio polka

Электронная книга - «San-Antonio polka». Краткое содержание книги:

Sans vouloir me vanter, vous savez bien que je suis suffisamment sublime pour ne pas avoir besoin de me faire mousser, je suis un skieur de first quality. Selon Béru, je possède à fond la technique du « sale-homme géant », du « Juliénas léger » et du « rapage contrôlé ».
Et c'est peut-être grâce à ces qualités que j'ai pu éviter une catastrophe nationale !
Comment ?
Entrez dans la danse et vous le saurez. Et en avant la polka de San-Antonio.
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— Par exemple ! balbutié-je.

— Défouraille ! Défouraille, mec ! tonne le Gros. C'est lui le patron ! Je sais tout !

— Taisez-vous, espèce d'ignoble braillard gronde Lormont. Et vous, mon bon commissaire, remettez donc votre aune à Eva.

Je hoche la tête.

— Bien joué, Lormont.

— N'est-ce pas ?

Je tends mon arme à Eva ; mais, au moment où elle s'en empare, je balance un magnifique coup de pied dans la lampe qui s'éteint. Affolé, Lormont lâche sa rafale. C'est peut-être le roi des combinards, mais pour ce qui est de l'artillerie légère il n'est pas des plus doués ! Il commet l'imprudence d'arroser jusqu'au bout du chargeur, alors que le gars San-A, fils extrêmement réussi de Félicie, a pris la sage précaution d'exécuter un saut de côté. Au bout de quelques secondes le magasin est vide. Comme en tendant mon arme à Eva j'ai, mine de rien, placé le cran de sûreté, je suis à mon aise pour m'expliquer avec ces messieurs-dames. D'un formidable soufflet je fais éternuer son rouge à lèvres à la môme. Me voici face à face avec Lormont. Il saisit sa seringue par le canon. Au style je reconnais le joueur de golf consommé. Mais avant qu'il ne prenne ma hure pour une balle, il a droit à un coup de tatane dans le tiroir aux bijoux de famille.

Ça lui coupe la chique, le souffle et l'envie de bouffer de la cantharide. Il hurle et se courbe en deux. Sa frime de fumelard se trouve au bon niveau. L'avoinée que je lui mets endormirait tous les encaisseurs de la Banque de France. Je finis de le mettre K.O. d'un terrible coup de 42 fillette dans l'opaline et pour lui c'est le couvre-feu. Un coup de boule dans le museau de la môme Eva et elle repart à dame !

Je n'ai plus qu'à délivrer mes deux lascars. Ils sont plus engourdis, ces dégourdis, que le monsieur qui vient de passer cent vingt ans à l'intérieur d'une banquise. Ils saignent par tous les porcs (Béru surtout).

Mais après quelques mouvements, ça va un chouïa mieux.

— Et ma choucroute ? demande le vorace.

On dirait son frère, tant il a maigri. Il s'est laissé glisser au moins trente livres pendant son séjour ici !

— On va t'en offrir une tellement grosse que ce ne sont pas des garçons de restaurant, mais des garçons d'écurie qui te la feront bouffer !

Un coup de périscope, au loin, me montre les hommes de Lormont, dansant de joie autour du brasier, tout là-bas.

— Si vous avez un brin de force, traînez-moi ces deux personnages jusqu'à l'avion, leur dis-je. Moi, j'ai encore un petit turbin à faire.

— Quoi t'est-ce ?

— Mettre le feu à ce nid de serpents à sonnettes ! Des documents s'y trouvent. Ils brûleront avec le reste, je n'ai pas le temps de les chercher, et comme, en fait, ce ne sont que des photos de documents…

— Si par hasard tu dénichais un bout de pain et — de saucisson, larmoie le Gros en s'attelant aux jambes d'Eva.

Boum !

Nous sursautons. Je regarde Riri. Il tient mon revolver tout fumant à la main. Lormont, le crâne éclaté, fait une grosse tache sur le plancher.

— Belloise, nom de Dieu ! hurlé-je.

— La première fois que j'ai du raisin sur les pognes, m'sieur le commissaire, balbutie-t-il, mais je regrette rien. Ce que ce salingue a pu nous faire endurer, c'est rien de le dire ! Et puis quoi ! ajoute-t-il, après tout, on m'avait chargé de le buter, non ? J'aurais dû le faire plus tôt ! Rien de tout cela ne se serait produit et j'aurais encore ma petite Lydia !

EPILOGUE

Tout en mastiquant, non pas son saucisson — car je n'en ai pas trouvé — mais son gigot froid, le Gros — ou plutôt, le Nouveau Maigre — regarde sous lui par un hublot.

— C'est bon ? lui demande Pinaud, attendri devant cet appétit farouche.

— Ça manque de mayonnaise, mais y a des circonstances où que la gourmandise c'est de la superflue ! répond philosophiquement Boulimique 1, roi des Estomacs et empereur des Intestins.

Il ajoute, désignant le sol :

— L'avantage de ces maisons de bois, c'est qu'elles flambent bien quand c'est qu'on y met le feu !

Moi, je savoure ma joie et ma victoire en regardant le ciel infini où le soleil pète le feu.

C'est bon d'avoir pu se tirer d'une affaire pareille,non ?Alors que tout semblait perdu ?

— Ce salaud de Lormont ! fais-je. Ainsi il a voulu négocier pour son compte l'arme secrète que le gouvernement réalisait dans ses ateliers ! Un drôle de gourmand, hein ?J'ai idée que lorsqu'elle aura retrouvé ses esprits, la môme Eva en aura long à nous dire sur les activités du bonhomme.

— Sûrement, assure véhémentement Béru en mordant dans son gigot.

Il ajoute, heureux, mastiqueur, protéiné :

— Heureusement que ce mouton avait pas une jambe de bois, hein, les gars !

Nous rions en chœur. Mais moi c'est du bout des lèvres car maintenant je me pose des questions. L'une d'elles surtout me taraude : pourquoi diantre avait-on chargé Belloise de tuer Lormont puisque c'était Lormont le chef de la bande ?

Je finis par poser cette colle à Riri.

— Enfin, quoi ! dis-je, admettons que tu n'aies pas eu cette crise de conscience et que…

Mais il hausse les épaules et déclare, la bouche pleine :

— Oh ! ça va, commissaire, je préfère me mettre à table complètement. Je vous ai bourré le mou au début… Et puis après, quand j'ai compris que ça tournait au caca et qu'on m'avait pigeonné, j'ai plus osé parler… Notre rencontre à Courchevel, c'était du flan. J'avais ordre de vous jouer la comédie et de vous vendre cette salade du Lormont que j'étais chargé de buter. M'est avis que c'est lui qui a dû manigancer ça. Comme il s'apprêtait à disparaître, il voulait que la police sache que sa vie était menacée, comprenez-vous ?

Pendant que j'effaçais votre copain, il s'est tiré en douce. Une partie de la bande, Quincy consorts, n'était pas au parfum et s'est laissée avoir aussi… Enfin, je vois les choses comme ça et… Ouille ! ! !

Riri s'abat, la face en avant sur son siège.

C'est Béru, ivre de fureur qui vient de lui casser son manche de gigot sur le dôme.

— Que voulez-vous, c'est sûrement pas un mauvais cheval, mais j'aime pas qu'on mente à mon supérieur rachitique ! dit-il pour se justifier.

Puis, ramassant l'os brisé, il se met à en sucer la substantifique moelle.

FIN
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