Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
San-Antonio polka - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

San-Antonio polka

Электронная книга - «San-Antonio polka». Краткое содержание книги:

Sans vouloir me vanter, vous savez bien que je suis suffisamment sublime pour ne pas avoir besoin de me faire mousser, je suis un skieur de first quality. Selon Béru, je possède à fond la technique du « sale-homme géant », du « Juliénas léger » et du « rapage contrôlé ».
Et c'est peut-être grâce à ces qualités que j'ai pu éviter une catastrophe nationale !
Comment ?
Entrez dans la danse et vous le saurez. Et en avant la polka de San-Antonio.
1 ... 19 20 21 22 23 24 25 26 27 ... 35
Перейти на страницу:

— Vous parlez d'une fiesta ! soupire Belloise.

— Du sang à la dune ! je ricane.

— Du sang à la lune ! rectifie Riri, vous n'avez pas vu le valseur de votre esclave, m'sieur le commissaire ?

Cette conversation a lieu alors que nous sommes à plat bide dans le sable chaud qui sert à parfumer les cheveux de légionnaire.

L'avion tournique encore deux ou trois fois au-dessus de nous, puis il reprend de la hauteur et fait demi-tour.

— Ne bougez toujours pas. Il s'agit peut-être d'une ruse.

Nous restons immobiles. Bien nous en prend, car, cinq minutes plus tard, ces vaches-là font un petit retour.. Mais il s'agit d'une simple vérification. Le coucou de malheur repart, et cette fois c'est pour de bon.

— On peut se relever, mes petits.

— Ouille ! mon dargif ! lamente Béru.

— Mon oreille ! soupire Riri à qui il manque un joli morceau d'étiquette.

Il caresse la plaie en geignant.

— Dites, ça va me gêner pour téléphoner, non ?

— D'ici que tu rencontres un taxiphone ça sera cicatrisé, fais-je sinistrement.

CHAPITRE XI

Le ciel est maintenant vide. Son immensité nous éprouve. Nous ne sommes que de minuscules fourmis égarées dans un univers lunaire. Je le fais remarquer à mes compagnons, mais ils ne sont pas portés sur les considérations philosophiques. Faut dire aussi qu'ils ont faim car nous n'avons rien graillé depuis des millénaires et le vide de notre estom' est déprimant.

— On se croirait peut-être dans la lune, admet Béru, mais c'est pas ce qui nous donne à bouffer. Et puis moi, les voyages dans le cosmétique, je ne suis pas partant.

— Occupons-nous de la charrette, émet Belloise, j'ai l'impression qu'elle en a pris un vieux coup !

Nous contournons le véhicule meurtri et nous poussons une sale grimace en constatant qu'un éclat de grenade a crevé le réservoir d'essence et que notre bonne tisane s'est répandue dans le sable.

— Nous voilà beaux, fait Riri, qu'est-ce qu'on va devenir ?

— De beaux squelettes bien blancs, assuré-je.

Le Gros balbutie :

— C'est pas possible ! Moi, maigrir à ce point ! Oh ! quelle soif il fait, mes aïeux.

— Eh bien ! maintenant on peut boire, dis-je.

— Qu'est-ce tu débloques, San-A ? T'as un coup de palétuvier ou quoi ?

— Puisque la voiture est hors d'usage, on peut picoler l'eau du radiateur.

Je chope une torche électrique dans la niche du tableau de bord, j'ôte la tête et la pile, et je tends le gobelet improvisé au Gros.

— Sers-toi, Béru, c'est ma tournée. Le robinet de vidange est au bas du radiateur !

Belloise en conçoit une légitime admiration.

— On peut dire que vous êtes un homme de ressource, m'sieur le commissaire.

— Un homme de source, oui, tu veux dire ! rigole Sa Majesté Assoiffée, en se tirant à boire. Mince ! s'exclame-t-il, on dirait du rosé de Provence, t'es sûr qu'il y a pas d'antigel dans cette flotte ?

— De l'antigel ici ! Ce serait vraiment du luxe ! C'est plutôt de l'antivapeur qu'on mettrait dans l'eau.

Il goûte le breuvage et fait la grimace.

— Pouah, c'est infect, ça a un goût de ferraille.

— C'est ce qu'on appelle se taper un coup de rouille, Gros.

Il boit pourtant, et, complaisant, nous tire du nectar. En effet, il n'est guère fameux, mais il nous hydrate cependant.

— Et maintenant, que vais-je faire ? chantonne le Gros qui connaît toutes les chansons en vogue depuis qu'il possède un poste de tévé.

— Du stop ! annoncé-je.

— Tu charries.

— Non. A pied, nous n'irions pas loin, surtout avec le ventre vide. Ici au moins nous avons l'eau et l'ombre de la voiture pour attendre.

— Mais attendre quoi ! s'insurge Riri.

— Un messager de la Providence.

— J'ai idée qu'il est en retard, ton mec, fait Gras-Dubide en s'asseyant.

Il pousse un cri et se relève. Son dargif meurtri lui interdit dorénavant cette agréable position. Alors ma pauvre gonfle s'étend à plat ventre sur le sable chaud.

— C'est pas pour rouscailler, m'sieur Béru, proteste Riri, mais vous tenez toute l'ombre !

— Tas qu'à te mettre dans mon ombre à moi, rétorque l'Enorme.

Ainsi est fait. Tandis que ces messieurs se reposent, je fais l'inventaire de la jeep. Je n'y trouve qu'une pelle de camping, un paquet de cigarettes entamé, une pochette d'allumettes, un couteau, de la corde et une photographie de Brigitte Bardot découpée dans une revue.

Je place la photo sur le pare-brise et J'allume une cigarette. Le soleil bille avec une telle force que je ressens ses coups derrière ma nuque. L'air que nous respirons paraît sortir d'une forge.

Je me dis, en admirant le galbe de la vedette, que nous sommes dans une drôle d'impasse (l'image est hardie) ou que nous nous trouvons au milieu d'une immensité de roches et de sable. Le jour décroît soudain. La notte s'abat sur nous comme une couverture. Nous tombons en digue-digue (comme on dit à Nantes). Notre faiblesse est telle que nous n'avons même plus le courage de parler. On se paie une dernière tournée de flotte rouillée, puis on se met à ronfler au clair de lune. Chose curieuse, il ne fait pas froid, contrairement à ce qu'on m'a dit des nuits sahariennes. La température est douce et notre organisme s'en trouve apaisé. Nous dormons. Un vrai sommeil enfin !

La voix de Belloise, enrouée par la nuit à la belle étoile.

— M'sieur le commissaire !

J'ouvre les yeux. Il fait jour. Pourtant le soleil ne fait que caresser la ligne d'horizon de ses doigts d'or.

Belloise, avec sa barbouze qui a encore poussé et ses yeux en virgule mal faite n'est pas précisément le pin-up boy qui se pavanait à Courchevel naguère !

— Voilà du peuple ! me dit-il.

Il me montre la piste, dans la direction que nous avons suivie. Au loin, un point noir grossit. Il a un bruit de moteur ce point noir : pas d'erreur, il s'agit d'un véhicule.

Nous attendons un bout de moment, en silence. Seuls, les ronflements du Gros répondent à ceux de la voiture.

Je réveillerais bien la Grosse Pomme, mais à quoi bon ? Dans le sommeil, au moins, il oublie les vicissitudes de l'instant.

— On dirait un camion, assure Belloise.

— Oui, c'en est bien un en effet.

Quelques minutes s'écoulent encore. Les contours du véhicule se précisent : il s'agit bel et bien d'un camion. Et je crois même reconnaître le camion tout-terrain dont j'ai perforé les boudins la veille.

— Ce sont eux, n'est-ce pas ?

— Oui. Ils viennent ramasser nos carcasses et récupérer leur jeep qui aurait pu les trahir.

— Qu'est-ce qu'on fait ? demande Riri.

Je secoue la tête.

— Que veux-tu faire, mon pauvre lapin ! Regarde : ils sont une bonne demi-douzaine, armés jusqu'aux râteliers, et nous n'avons qu'une pelle et un couteau cassé pour leur déclarer la guerre, sans compter que nous ne tenons plus debout !

Maintenant le camion est à vingt mètres de nous. Plusieurs types en dégringolent, dont l'homme en blanc. Ces messieurs possèdent des mitraillettes et des pétards ultramodernes ! Un vrai petit arsenal !

— Cette fois, si vous avez le malheur de lever le petit doigt, nous vous déguisons en chair à pâté ! crie l'homme en blanc.

Au mot pâté ; le Gros sursaute.

— Oui ! oui ! encore du pâté ! fait-il en bavant.

Il se frotte les yeux, zieute la scène et se tourne vers moi.

— Où ce qu'on est, San-A ?

— En plein désert, ma vieille Guenille !

— Tu charries ! Regarde ce buffet comment qu'il est garni. Je voudrais bien un gigot entier, tu crois que ça se remarquerait si je me le calottais pour moi tout seul ?

1 ... 19 20 21 22 23 24 25 26 27 ... 35
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)