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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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N. Mme Parangon écrivit à Edmond le 15 juillet suivant; Ursule s’y joignit, mais la lettre fut interceptée par Zéphire: c’est la CLVIIème du PAYSAN). Un an après Edmond apprit du P. Gardien que sa cousine lui avait écrit (CLXIème lettre du PAYSAN); mais il prit cela d’une manière fausse, quoique conforme à ce qu’il méritait (CLXIIème lettre du PAYSAN). Mme Parangon écrivit une autre lettre le 6 novembre 1759, qui fut encore retenue par Zéphire. Au mois d’août 1760, je suppliai Mme Parangon de nous avoir des nouvelles de mon pauvre frère: elle me fit réponse qu’elle lui écrivait. Sa lettre fut répondue par Mme Zéphire. Enfin le 24 janvier, Edmond m’écrivit (la CLXXXIXème lettre du PAYSAN). Pendant ce temps-là, il n’arriva rien à Ursule, qui vivait pénitente chez Mme Parangon, avec Mlle Fanchette, Mme Canon étant morte, comme on l’a vu.

Lettre 155. Ursule, à Fanchon.

[Elle n’ose offrir elle-même ses respects, à la nouvelle année.].

1er janvier 1761.

Je te prie, ma chère sœur, de mettre aux pieds de nos très chers père et mère, les vœux de leur indigne fille: ta médiation les rendra moins téméraires. Quant à toi, mon amie sœur, et à toute notre famille, je vous demande la permission de vous les offrir moi-même.

Mme Parangon m’oblige à te marquer que M. le conseiller, qui est veuf, pense à moi de nouveau. Je n’ose arrêter ma pensée sur aucun mariage, quel qu’il soit: voilà mon sentiment, si j’ai droit d’en avoir un, après avoir si longtemps abusé de ceux que j’ai eus autrefois; si j’en suis crue, il cessera sa poursuite: je me regarde comme trop indigne de lui. D’ailleurs, je songe que j’ai un fils. Tous les jours, depuis que Dieu m’a fait la grâce de le reconnaître, je lui offre mes prières pour ce cher enfant, à qui je n’aurais donné que la vie, et mauvais exemple (s’il m’était resté). Je suis, avec respect, ma chère sœur,

Votre humble servante à tous.

URSULE PÉCHERESSE.

Lettre 156. Gaudet, à Edmond.

[Il adopte un fils d’Edmond.].

1er mars.

K** te remettra cette lettre, et une de recommandation pour lui, que j’ai cru devoir lui donner. Lis ma lettre, promets, et ne tiens rien: c’est un sujet dangereux, qu’il ne faut pas initier.

Voilà donc Ursule à Au**! La voilà enparangonnée! La voilà dévote, pénitente; la voilà femme enfin, dans toute la signification du terme, c’est-à-dire, extrême en tout! Varium et semper mutabile femina! Si elle devait être ainsi, j’ai eu tort de vouloir la guider!… J’y suis attrapé souvent! toutes les fois que j’ai voulu conduire quelqu’un, d’après mes principes, ou j’en ai fait des scélérats, ou j’ai trouvé des âmes timides, incapables d’effort: tu es le seul avec qui j’aie réussi: aussi mon amitié pour toi n’a-t-elle jamais été si vive; tu es un second moi-même: et pour te le prouver, ne pouvant plus espérer d’avoir de ta sœur ce que j’en attendais, car la voilà presque morte, je renonce à l’avoir de toute autre femme; j’adopte le fils de mon ami, et de la vertu dans le vice, de Mme Zéphire enfin. J’aime le père comme moi-même; j’admire la mère, je la regarde en sœur chérie, et je vais faire mon héritier de l’être aimable, qui doit le jour à ces deux êtres si chers à mon cœur. Tout est terminé; quand il s’agit de te marquer mon amitié, toutefois et quand tu verras. Je vais faire, sache que cela signifie, j’ai fait. C’est une donation pure et simple, accompagnée d’une tradition actuelle: M. Trismégiste accepte, comme il le faut, pour l’enfant: la mère a signé; tu signeras comme ami, ainsi que Laure; je voudrais que tous nos amis signassent, non par ostentation, tu me connais, mais pour montrer plus clairement mon amitié pour toi.

J’ai une idée: en conséquence de la loi, Pater est, qui empêchera que Zéphirin ne soit un jour le mari d’Edmée-Colette?

Lettre 157. Ursule, à Fanchon.

[Calme trompeur avant l’orage!].

24 avril.

Une perspective plus riante que nous ne l’avons eue depuis longtemps se présente, ma très chère sœur. Edmond est veuf de cette vieille dame que M. Gaudet lui avait fait épouser, et nous avons, pour le rappeler à celle qu’il a seule constamment aimée, cette Zéphire, qui est honnête aujourd’hui et avantageusement établie, avec un homme qu’elle rend heureux. Mais il faut quelque indulgence pour Edmond! et même de l’adresse, pour l’arracher au plus extraordinaire des hommes, plein de vertus et de vices, qui a été à son but d’une manière effrayante, depuis qu’il connaît Edmond: car il est parvenu à le faire membre d’une cour souveraine. Par quels moyens!… Malgré le sort qui nous rit, je ne saurais me défendre d’une secrète inquiétude: et me rappelant combien nous avons été coupables, Edmond et moi, je me dis que nous ne sommes pas assez punis… Mme Parangon, à l’invitation de Mme Zéphire, part sur-le-champ, et va employer tous ses efforts pour réunir Edmond à jamais avec nous. Fasse le Ciel qu’elle réussisse!… Grand Dieu! écoute la prière de l’infortunée qui a reconnu ta justice dans ses peines, et qui sent aujourd’hui les effets de ta miséricorde, avec les plus vifs transports de reconnaissance!… Ma chère sœur, mes larmes coulent malgré moi; il semble qu’une invisible main me repousse… Priez, vous autres, dont le cœur est pur; le Ciel vous écoutera mieux que les esclaves du vice.

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