Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Purgatoire des innocents
Purgatoire des innocents - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Purgatoire des innocents

Электронная книга - «Purgatoire des innocents». Краткое содержание книги:

Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois trouver une planque où il pourra reprendre des forces.
1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 110
Перейти на страницу:

— Oui ?

— Tu ne peux pas le conduire dans un hosto à l’étranger ? La première frontière n’est pas à côté, c’est sûr, mais…

— Impossible. Blessures par balles, ils informeront aussitôt les autorités, comme en France. Et ils viendront nous cueillir avant de nous extrader.

Elle se tait, à court d’arguments. Se remet à fixer le sol, comme s’il allait s’ouvrir pour lui offrir une issue de secours.

Raphaël se penche au-dessus de l’évier, boit quelques gorgées d’eau fraîche à même le robinet. Sandra voit la crosse du colt dépasser de son jean. Il suffirait de tendre le bras… Son cœur s’emballe, la peur la tétanise.

Il y a sans doute un cran de sécurité, il n’est peut-être pas chargé…

Trop tard, Raphaël vient de se retourner. Et la fixe étrangement, comme s’il avait deviné ses desseins.

Elle baisse bien vite les yeux, pour ne pas montrer. Qu’elle n’a pas renoncé.

Qu’elle ne renoncera pas.

Qu’elle n’est pas ce qu’il croit.

Une femme comme une autre qu’il est facile de maîtriser.

Une gentille et fragile vétérinaire, qui mène une vie rangée dans un endroit retiré et qui attend sagement que rentre son mari.

Jeudi 6 novembre

CHAPITRE 10

2 h 35

Ta dernière nuit, ma douce.

La dernière dans ton lit douillet et la chaleur protectrice de ton foyer.

J’espère que tu dors profondément. Que tu fais de beaux rêves, comme on dit.

Les derniers.

Dans quelques heures… Une journée à l’école, au collège. Une journée comme une autre, penseras-tu. Où tu t’ennuieras peut-être, rêvasseras sans doute. Songeant aux lendemains, à cet avenir que tu n’as plus.

Parce que ton seul avenir, c’est moi.

Ton avenir, il m’appartient déjà. Il est là, au creux de mes mains. Je joue avec, comme je jouerai bientôt avec toi.

Bientôt, ma colombe.

Une journée où tu accompliras les choses machinalement, sans émerveillement. Où tu ne profiteras même pas de chaque seconde.

Parce que tu ne sais pas. Pas encore. Parce que tu crois avoir la vie devant toi. Tellement d’années. Tellement de projets. Tellement de rêves.

Une journée où je te suivrai, pas à pas…

Tu quitteras la maison. Définitivement.

Ta mère t’embrassera.

Une dernière fois.

Tu fumeras peut-être une cigarette en cachette dans les toilettes, pendant la récréation.

Pour la première fois.

Tu te montreras insolente envers un professeur, pour épater tes petits camarades.

Une dernière fois.

Tu regarderas sans qu’il y prenne garde ce jeune garçon ; j’ai bien vu qu’il te plaisait… Il te rendra ton sourire, j’espère. Pour la première fois.

Tu te pencheras sur ta feuille blanche, tortureras tes méninges pour récolter la meilleure note possible. Parce que tes parents t’ont promis un cadeau si tu avais la moyenne ce trimestre.

Mais cette fois, tu n’auras pas le temps de savoir si tu avais fait juste ou faux.

Enfin, tu quitteras l’école, soulagée d’en avoir fini avec cette journée.

La dernière.

Tu songeras avec angoisse à ce contrôle de géo du lendemain. Celui que tu ne passeras jamais. J’espère que tu n’as pas trop révisé… Quel temps perdu !

Dans quelques heures tout cela n’aura plus aucune importance.

Plus rien n’aura d’importance. À part moi.

Toi et moi.

Pour toi, rien d’autre que la peur, la souffrance et la mort.

Pour moi, rien d’autre que toi.

Dans quelques heures tu seras à moi.

Je ferai de toi un ange.

Et tu ne seras ni la première, ni la dernière.

CHAPITRE 11

3 h 15

Il y a ce froid qui la ronge. Méthodiquement.

Cette peur qui l’étouffe. Lentement.

Impossible de remonter la couverture sur son corps transi d’effroi.

Impossible de trouver le sommeil même si elle est exténuée. Comment s’abandonner alors qu’elle est attachée sur un lit ? À la merci de cet homme. Là, juste dans la pièce d’à côté, sans doute assis dans le fauteuil, en train de regarder son frère agoniser.

Une simple cloison pour les séparer ; elle voudrait des milliers de kilomètres. Ou la mort.

Elle tremble de plus en plus, ses dents s’entrechoquent. Ses yeux refusent de se fermer, malgré l’épuisement. Elle bouge ses jambes pour lutter contre le froid. Doucement, d’abord. Puis de plus en plus vite.

Bientôt, elle ne contrôle plus rien, ses pieds frappent violemment le montant du lit. Suivent les gémissements qui se transforment en cris. Puis les larmes, coulée de lave sur son visage et son cou glacés. Elle serre les poings, tire sur ses liens. Pas pour se détacher, car elle a déjà essayé des heures durant. Simplement pour calmer ses nerfs.

A-t-elle mérité de vivre ça ? Peut-être.

Pourtant, ça ne la soulage pas de penser qu’elle est à sa place, ligotée sur ce lit, en proie à la peur.

Après tout, ce n’est pas sa faute.

Pas responsable, donc pas coupable. Il le lui a dit si souvent…

Soudain, la porte s’ouvre, une ombre imposante s’insinue dans la chambre en même temps qu’une pâle clarté. Sandra cesse de bouger et même de respirer. Alerte rouge dans son cerveau.

Il est là. Danger.

— C’est quoi ce bordel ? aboie Raphaël.

Au son de sa voix, Sandra comprend qu’elle l’a réveillé. Mauvais plan.

Elle ne répond pas, soudain pétrifiée sur le lit. Calmée net.

Raphaël tâtonne jusqu’à trouver l’interrupteur de la lampe de chevet. Sandra ne peut pas sécher ses larmes, privée de ses mains. Sans défense.

Il la contemple un instant.

— Qu’est-ce que tu fabriques ?

Il voit bien qu’elle a pleuré, ne lui demande pas pourquoi. De toute façon, il le sait. Et s’en fout. Ou du moins essaie.

Il a bien d’autres problèmes à gérer.

— Tu veux te détacher, c’est ça ?… Tu perds ton temps, chérie ! À moins de casser le plumard, mais je doute que tu y parviennes.

Il sourit, c’est intolérable. Elle tourne la tête vers le mur, pour ne plus voir son visage. Et brusquement, le matelas s’affaisse. Il vient de s’asseoir à côté d’elle.

— De toute façon, je te rappelle que j’ai viré la poignée de la fenêtre. Alors, même si par miracle tu te détachais, tu ne pourrais pas quitter la piaule. Enfin, tu pourrais toujours péter la vitre. Mais ça ferait du bruit. Un boucan pas possible… Bref, tu n’as aucune chance de t’enfuir, tu ferais donc mieux de roupiller un bon coup.

Elle garde le silence, fixant désespérément le mur au papier peint défraîchi. Elle a souvent eu envie de le remplacer, mais s’est toujours ravisée au dernier moment. Comme si le moindre changement dans son univers familier la mettait en péril.

— T’as perdu ta langue ? Tu es plus loquace d’habitude !

Raphaël l’oblige à le regarder en prenant son visage entre ses mains et en tordant ses cervicales. Elle lutte un instant puis abandonne.

Surtout, ne pas l’énerver.

— Alors ? dit-il. Pourquoi m’as-tu réveillé ?

— Je n’ai pas voulu te réveiller… Puisque je ne peux pas m’enfuir, tu pourrais me détacher… J’arrive pas à dormir, comme ça !

1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)