La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
— Les seaux de sable ! Vite ! Vite ! hurla quelqu’un.
— C’est un désastre !
— Les saboteurs sont partis par là !
— Rand, dit Loial en prenant son ami par l’épaule, tu ne peux pas l’aider ! Te faire prendre ne servirait à rien ! Il faut filer.
Une silhouette apparut à l’entrée de l’allée.
— Viens, Rand !
Rand se laissa tirer dehors et courut comme un automate. Dans son dos, l’incendie se fit de plus en plus lointain chaque fois qu’il y jetait un coup d’œil. Alors que les deux amis approchaient de la Ceinture, le jeune homme souhaita presque que des Trollocs tentent de les intercepter, histoire de pouvoir se défouler. Mais rien ne se passa.
— J’ai essayé de la retenir, répéta Loial. Nous n’aurions rien pu faire, à part être capturés nous aussi.
— Je sais, Loial… Tu as fait de ton mieux.
Rand s’immobilisa, se retourna et observa l’incendie. À première vue, les Illuminateurs étaient bien partis pour le maîtriser.
— Mais je dois aider Selene…
Comment ? Le saidin ? Canaliser de nouveau le Pouvoir ?
— Il faut que je l’aide…
Une fois dans les rues débordantes de joie de la Ceinture, les deux amis avancèrent dans un silence morose.
Dès qu’ils furent à l’auberge, le patron présenta à Rand un plateau où reposait une feuille de parchemin.
— Qui a déposé ce message ? Et quand ? demanda Rand dès qu’il reconnut le sceau.
Un croissant de lune et des étoiles.
— Une vieille femme est passée il y a moins d’un quart d’heure, seigneur. Une servante, mais qui n’a pas mentionné le nom de son employeur.
— Merci, marmonna Rand.
Loial et lui gravirent les marches sous le regard perplexe de l’aubergiste.
Dès qu’ils entrèrent, Hurin retira sa pipe de sa bouche. Son épée et sa dague à lame crénelée posées sur la table, il les nettoyait avec un chiffon imbibé d’huile.
— Seigneur, tu es resté longtemps avec le trouvère. Il va bien ?
— Pardon ? Thom ? Oui, oui, ça va…
Rand brisa le sceau et lut le message :
« Quand je crois savoir ce que tu vas faire, tu fais autre chose ! Tu es un homme dangereux. Avec un peu de chance, nous serons bientôt de nouveau ensemble. Pense au Cor et à la gloire. Et surtout, pense à moi, parce que tu m’appartiens de toute éternité. »
Comme toujours, la signature manquait, mais l’écriture si élégante en était déjà une.
— Toutes les femmes sont-elles folles ? demanda Rand à personne en particulier.
Hurin haussa les épaules.
Rand s’assit dans le fauteuil géant prévu pour un Ogier. Ses pieds ne touchaient pas le sol, mais ça ne le gêna pas. Maussade, il regarda le coffre enveloppé dans sa couverture glissée sous le lit de Loial.
« Pense à la gloire. »
— J’aimerais qu’Ingtar ne tarde plus…
28
Un nouveau fil dans la Trame
Très raide sur sa selle, Perrin regardait les pics de la Dague – et ce qu’il voyait ne lui plaisait guère. Alors que le sommet de la passe n’aurait plus dû être très loin, la piste continuait de monter comme si elle entendait ne jamais cesser. Sur la gauche des cavaliers s’ouvrait un ravin au fond duquel coulait un de ces cours d’eau de montagne peu profonds qui se transformaient selon la saison en torrents tumultueux. Sur la droite, les monts déchiquetés évoquaient vaguement une cascade d’eau gelée. La piste elle-même serpentait entre des rochers qui pouvaient être à peine plus gros que la tête d’un homme ou atteindre la taille d’un chariot. Pour tendre une embuscade sur un terrain pareil, nul besoin d’être un génie militaire…
Selon les loups, il y avait des gens dans ces montagnes. Des Suppôts des Ténèbres liés à Fain ? Les loups l’ignoraient et, pour tout dire, ils s’en fichaient. Ils savaient seulement que les Contrefaits étaient quelque part devant la colonne commandée par Ingtar. Très loin devant, malgré le rythme infernal imposé par l’officier.
En chevauchant, Perrin avait remarqué qu’Uno scrutait les montagnes avec le même air inquiet que lui. Un détail qui ne le rassurait pas.
Son arc accroché dans le dos, Mat chevauchait en jonglant avec trois balles, comme s’il s’était agi d’une promenade de santé. Mais il était de plus en plus pâle. Deux ou trois fois par jour, Verin l’examinait, et son expression n’augurait rien de bon. Elle avait essayé de le soigner au moins une fois, Perrin en était sûr, mais cette intervention n’avait fait aucune différence.
Rand…, pensa Perrin le regard rivé sur le dos de l’Aes Sedai. En permanence plongée dans des pensées qu’elle ne partageait avec personne, Verin avançait toujours en tête de colonne, avec Ingtar, et elle ne semblait pas satisfaite par l’allure pourtant éprouvante maintenue envers et contre tout par l’officier.
Je suis certain qu’elle sait, au sujet de Rand…
Des images envoyées par les loups défilaient dans la tête du jeune apprenti forgeron. Des fermes en pierre et des villages en terrasses, tout cela situé de l’autre côté des montagnes. Les loups ne faisaient aucune différence entre ces habitations et les prairies semées de collines, mais ils regrettaient cependant qu’on souille ainsi de la bonne terre. Un instant, Perrin s’abandonna au même sentiment. Repensant à des endroits que les deux-pattes avaient depuis longtemps abandonnés, il revécut l’excitation de la chasse, la course folle dans les bois, l’ivresse de la mise à mort au moment où…
Se faisant violence, il chassa les loups de son esprit.
Ces Aes Sedai nous détruiront tous…
Ingtar se laissa décrocher de la tête de la colonne afin de chevaucher près de Perrin. Par moments, la crête en forme de croissant du casque de l’officier rappelait désagréablement une corne de Trolloc – aux yeux de l’apprenti forgeron, en tout cas…
— Répète-moi ce que t’ont dit les loups.
— Je vous ai déjà dit tout ça une dizaine de fois…
— Eh bien, ce sera la onzième ! Si j’ai laissé passer un détail… N’importe quel indice susceptible de m’aider à retrouver le Cor. Il faut que je le récupère, Perrin ! Répète-moi tout !
Après tant d’occurrences, le jeune homme n’eut pas besoin de faire le tri dans ses idées.
— Quelqu’un ou quelque chose, récita-t-il, a attaqué les Suppôts en pleine nuit et tué les Trollocs dont nous avons découvert les restes.
Cette évocation ne donnait plus la nausée à Perrin, mais c’était très récent. Les corbeaux et les vautours festoyaient très salement…
— Les loups appellent cet être ou cette entité « Tueur d’Ombre ». Je pense qu’il s’agit d’un homme, mais ils ne l’ont pas approché d’assez près pour le voir clairement. Ils ne craignent pas ce tueur, je crois même qu’ils l’admirent, et selon eux il est devenu le maître des Trollocs. Fain est toujours avec le groupe de voleurs…
Même après pas mal de temps, le simple souvenir de la puanteur de cet homme retournait l’estomac de Perrin.
— Et, s’il est encore là, les Suppôts doivent y être aussi.
— Cette créature serait l’engeance du Ténébreux, comme les Myrddraals, par exemple ? Dans la Flétrissure, j’ai vu des monstres dix fois pires que les Trollocs. Tes loups ont-ils vu d’autres détails ?
— Ils se tiennent loin du Tueur d’Ombre… Mais ce n’est pas un Blafard. J’ai déjà dit qu’ils détestent les Demi-Humains plus encore que les Trollocs. Pour en tuer un, ils seraient prêts à perdre la moitié d’une meute. Ingtar, les loups qui ont vu le tueur ont transmis l’image à d’autres loups, qui ont fait la chaîne jusqu’à moi. Après tant d’intermédiaires, aucune image ne peut être précise…