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Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:

Qu'un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s'en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l'argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s'attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu'au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l'aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d'oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l'a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d'éliminer l'inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d'immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
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LORSQU’IL A FINI DE SOUPER DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE

Si votre mari propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et, après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez-le à se livrer à ses passe-temps favoris et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant car les centres d’intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre, préparez-vous à vous mettre au lit promptement.

ASSUREZ-VOUS D’ÊTRE À VOTRE MEILLEUR AVANTAGE EN ALLANT VOUS COUCHER…

Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI

Il est important de vous rappeler vos vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par ses désirs et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

SI VOTRE MARI SUGGÈRE L’ACCOUPLEMENT

Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme. Lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

SI VOTRE MARI SUGGÈRE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES

Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez un éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement : ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE RÉVEIL

Afin d’être debout peu de temps avant lui, le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu’il se réveillera.

Joséphine fut parcourue d’un frisson d’horreur.

— Iphigénie ! Iphigénie !

— Qu’est-ce qu’il y a, madame Cortès ?

— Venez vite !

Iphigénie accourut en s’essuyant les bras avec un torchon. Elle avait trouvé la fuite et coupé l’eau. Elle passa la main dans ses cheveux jaune citron et demanda, amusée :

— Vous avez vu une souris ?

Joséphine tendit le doigt vers le texte encadré. Iphigénie se rapprocha et lut attentivement, la bouche arrondie de stupeur.

— La pauvre ! Pas étonnant qu’elle soit épuisée et qu’elle mette jamais le nez dehors ! Mais c’est peut-être pour rire ? C’est une blague…

— Je ne crois pas, Iphigénie, je ne crois pas.

— C’est dommage que votre sœur, elle voie pas ça ! Elle qui ne fout rien de la journée, ça lui aurait donné des idées !

— Pas un mot à Iris ! souffla Joséphine en posant son doigt sur sa bouche. Elle lui en parlerait et ça ferait tout un drame. Il me fait peur, cet homme.

— Et moi, il me fout le bourdon, cet appartement ! Y a pas un gramme de vie. Elle doit passer son temps à tout nettoyer et les enfants doivent pas se marrer, non plus ! Ce doit être un vrai tyran domestique.

Elles refermèrent la porte de l’entrée à clé et regagnèrent, Iphigénie sa loge bariolée et Joséphine, sa chambre encombrée de livres.

Sur le pont du bateau amarré dans le port de Korcula, Hortense rêvassait en regardant un scarabée arpenter une vieille tranche de tomate. Plus qu’une semaine et elle sortirait de cette prison dorée. Quel ennui, mais quel ennui ! Nicholas était charmant, mais les autres ! Des raseurs, snobs, prétentieux, qui comparaient leurs montres Breitling et Boucheron, pesaient les carats de leurs boucles d’oreilles, lisaient Vogue dans toutes les langues, parlaient de leur charity, de Sofia Coppola, de la clé USB Dior, et du dernier show de Cindy Sherman en se pâmant, les yeux révulsés, une main sur la gorge. On ne l’y reprendrait plus à foncer la tête la première dans une croisière de luxe. Comment ça vaaa, daaarling ? était le salut du matin devant la table du petit déjeuner somptueusement dressée par un équipage qui se levait à l’aube pour aller se ravitailler au port. Je suis allé au village, hier, c’était charmant ! Vous avez vu cette misèèère à teeerrre ? C’est pittorreeesque, n’est-ce paaas ? Dis-moi, daaarling, on n’a pas trop bu, hier ? Je ne me souviens plus ! Et Josh, où est Josh ? Tu sais que c’est le plus grand aaartiste vivaaant ! Son don pour la transformation de l’acte au second degré, de cette matière devenue terrain de jeu de l’inconscient, lue par le je conscient, est le thème de sa vie ; lui seul sait passer du trash à l’élégance infinie en définissant une laideur universelle qu’il finit par sublimer en l’immortalisant dans ses œuvres !

Stooop ! vociférait Hortense, les yeux mitraillettes.

— Je n’en peux plus ! Je vais les égorger ! hurlait-elle face à Nicholas, une fois dans la cabine. Et ne me touche pas ou je crie au viol !

— Mais enfin, darling !

— Tu vas pas t’y mettre aussi ! Moi, c’est Hortense.

— C’est le monde des paillettes ! Va falloir t’y faire si tu veux progresser…

— Ils ne sont pas TOUS comme ça ! Jean-Paul Gaultier, il est normal. Il ne met pas des accents circonflexes partout et ne parle pas par concepts empruntés au monde des emplâtrés ! Et ces tonnes de bijoux qu’elles se trimbalent partout ! Elles ont pas peur de couler ?

Nicholas baissait la tête.

— Suis désolé. J’aurais pas dû t’emmener, je croyais que tu allais t’amuser…

Elle se laissa tomber à côté de lui et gratouilla le bouton de son blazer bleu marine.

— Ils t’ont même transformé en clown ! Pourquoi tu portes un blazer ? Il est onze heures du matin…

— Je sais pas. T’as raison, ils sont cons, vains, stériles.

— Merci ! Je me sens moins seule…

— Je peux te toucher maintenant ?

— C’était une ruse ?

Il cligna de l’œil, elle se mit à hurler « au viol » et s’échappa sur le pont.

Ils étaient tous à table. Elle avait la paix. Elle s’allongea sur un matelas et se força à trouver des points positifs. Sinon je vais sauter à l’eau et regagner Marseille à la nage. Elle se dit que beaucoup de gens devaient l’envier, que, de loin, on pouvait croire qu’elle s’amusait, que chaque soir, leur hôtesse, Mrs Stefanie Neumann, déposait un cadeau dans la serviette blanche pliée en deux et qu’elle aurait encore huit surprises délicieuses si elle restait à bord. Mais surtout, surtout elle se rappela que Charlotte Bradsburry rêvait de rejoindre cette compagnie frelatée, mais que Mrs Neumann n’avait jamais voulu l’inviter !

Elle se sentit immédiatement de meilleure humeur.

Quelqu’un avait oublié son portable. Une coque en or avec un énorme diamant serti sur le dessus. Elle le prit et le soupesa. Quelle vulgarité ! Elle l’ouvrit, l’heure s’afficha en gros. Midi trente à Korcula. Onze heures trente à Londres. Gary jouait du piano ou photographiait les écureuils du parc. Elle refusa l’image de Gary dans des draps froissés aux côtés de Mademoiselle-qu’on-ne-nomme-pas. Six heures et demie du matin à New York. Dix-huit heures trente à Pékin ou à Shanghai… Shanghai ! Elle sortit de son cabas Prada (un cadeau de Mrs Neumann) son petit carnet Hemingway, retrouva le numéro de Mylène Corbier et le composa. Elle avait essayé plusieurs fois de l’appeler, Mylène ne répondait jamais. Marcel avait dû faire une erreur en recopiant son numéro. Ça ne lui coûterait rien de tenter une dernière fois.

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