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Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
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Sans réfléchir, il donna l’accolade à Manuel, puis à tous les autres. « C’est de la part de Volod », dit-il d’une voix brisée par l’émotion.

Les hommes étaient émus, et leur visage exprimait la honte d’avoir abandonné leur chef.

« Il est mort comment ? demanda Manuel.

— Comme il a vécu. Avec courage », répondit Mikael.

Les hommes acquiescèrent.

« On attend quelqu’un ? demanda Mikael, voyant que deux hommes manquaient à l’appel.

— Non. Paolo est devenu protecteur d’une putain… »

Mikael ne le regretta pas. Depuis qu’il avait tenté de violer Emöke, il ne le supportait plus.

« … et Modric est mort dans une bagarre. »

Mikael hocha la tête. « Vous avez vos armes ? »

Tous, à part Manuel, firent signe que oui.

Manuel rougit. « Non… dit-il à regret. J’ai vendu mon épée pour… boire un verre et tirer un coup… »

Mikael alla jusqu’à son cheval et décrocha de sa selle un objet enveloppé. Il le lança à Manuel. « C’est l’épée de Volod. Fais-lui honneur. »

Manuel, un grand costaud avec une vilaine gueule déformée par les coups de poing, éclata en sanglots comme un gosse.

Mikael se tourna vers Berni. « C’est le moment de nous saluer, lui dit-il.

— Non, je viens avec vous, dit Berni. Si jamais vous voulez bien d’un estropié dans votre compagnie.

— Pourquoi ? demanda Mikael avec étonnement.

— Écoute, je ne suis pas un héros comme vous. Ça me fait des nœuds dans les intestins, dit Berni avec un sourire. Disons que je viens pour t’apprendre quelque chose que tu ne sais pas faire.

— Quoi ?

— Rire. »

Mikael sourit. « Tu as bien réfléchi ? lui demanda-t-il.

— Réfléchir ? Avec mon cerveau minuscule ? Je n’arrive pas à faire deux choses en même temps. Pour le moment je suis occupé à retenir cet animal malodorant », dit Berni en montrant son âne.

Les hommes se mirent à rire.

« En route, alors », dit Mikael en sautant à cheval.

Au bout d’une heure, Berni vint chevaucher à côté de lui.

« T’as changé d’avis, bouffon ?

— Non, baudet. Mais c’est que j’ai encore une autre raison de venir avec vous. » Il lança un regard à Emöke, qui chevauchait derrière eux, une expression sereine sur le visage. « Je ne sais pas si c’est une sainte. Mais j’aime bien être avec elle. » Puis il ajouta : « Peut-être parce que son âme est aussi éclopée que moi ».

Ils chevauchèrent en silence.

Berni dit alors : « Sauf que je n’ai pas d’arme.

— Ça vaut mieux, répondit Mikael en riant. Tu risquerais de te faire mal. »

Plus ils avançaient, plus Mikael sentait le sortilège de Constance l’abandonner. Il ne savait pas ce qu’il allait trouver dans la Raühnvahl, ni ce qu’il en était d’Eloisa, de l’enfant et d’Agnete. Mais il se sentait la force de lutter pour eux, pour ses hommes et pour tous les idéaux qu’il sentait renaître en lui.

Il se retourna vers Emöke. « Chante, Folle ! »

65

Un des quatre chatons que la chatte Eva avait mis bas moins d’une semaine après la naissance du bébé d’Eloisa fit un bond maladroit, pour attaquer le moignon de queue qu’Harro ne cessait d’agiter depuis qu’Agnete l’avait ramené au château. Les petites griffes se plantèrent dans la peau coriace du molosse, qui poussa un soupir patient.

À un autre moment, Eloisa, Agnete et Lukrécia auraient ri.

Mais ce matin-là, les tambours de mort résonnaient dans la cour.

Elles s’étaient toutes les trois promis de ne pas aller à la fenêtre. Pourtant, à mesure que le moment approchait, leurs regards ne pouvaient s’empêcher de se tourner nerveusement vers la cour.

La servante personnelle de Lukrécia, depuis toujours fidèle à sa maîtresse, leur avait rapporté un dialogue effrayant entre Agomar et Marcus. Et Lukrécia, deux semaines plus tôt, avait entendu Marcus promettre à Agomar le gouvernement du royaume, si lui-même en devenait le prince. Le même jour, la servante avait entendu Agomar dire à Marcus : « Nous devons être les seuls à savoir. On ne peut se fier à personne ». Ce qui signifiait qu’Agomar avait accepté la proposition.

Ces roulements des tambours de mort dans la cour le confirmaient, annonçant une exécution imminente.

Eloisa alla à la fenêtre.

Agnete la prit par le bras et l’en écarta. « Ne regarde pas. Les mauvaises émotions gâtent le lait. »

Eloisa se tourna vers l’enfant, qui dormait, en toute innocence. À mesure qu’approchait le moment où Ojsternig viendrait le lui prendre, chaque fois que ses yeux se posaient sur lui, son cœur se serrait. Il avait des joues roses et des cheveux blonds ondulés. Plus tard, ils feraient de jolies boucles, comme celles de Mikael. Mais il avait les yeux bleus d’Eloisa.

Les tambours se turent.

« Lelio Depretis ! annonça la voix d’Agomar dans la cour. Tu es condamné à mort pour haute trahison. Tu as comploté pour assassiner l’héritier légitime du trône. Ta tête et ton corps seront enterrés séparément.

— Non ! Je vous en supplie ! », s’écria l’aide du comptable, d’une voix étranglée par la peur.

Nouveau roulement de tambour.

« Après, ce sera notre tour, dit Lukrécia en se tordant les mains.

— Non », dit Agnete.

Eloisa et Lukrécia la regardèrent.

« J’ai beaucoup réfléchi, leur expliqua-t-elle. S’ils nous tuent avant le retour de votre père, quelqu’un risque de s’échapper pour le prévenir. Dans ce cas, ils entreraient en guerre avec lui. » Elle regarda Lukrécia. « Ils attendront son retour. Ça me retourne l’estomac, mais nous devrons prendre son parti. Dès qu’il reviendra, il vous faudra lui parler et l’informer de ce que trament Agomar et Marcus. C’est notre seul espoir. »

Les tambours se turent.

Le jeune homme sanglotait.

Les trois femmes se précipitèrent à la fenêtre.

Il y eut dans l’air comme un éclat métallique.

Et la lourde hache du bourreau s’abattit sur le billot, sur lequel deux soldats avaient maintenu fermement le condamné. On entendit un bruit mou de chair tranchée, le craquement des vertèbres, puis le choc de la lame qui s’enfonça dans le bois. La tête de Lelio roula dans la poussière.

Les trois femmes crurent voir sa bouche s’ouvrir et se fermer, comme s’il murmurait des paroles inaudibles. Ses yeux étaient exorbités. Un flot de sang jaillissait de son cou, tandis que son corps s’affaissait au pied du billot.

Les soldats, silencieux, regardaient.

Agomar et Marcus se tenaient côte à côte.

Le vieux comptable Arialdo de Tarvis, la tête baissée, était tout pâle.

Soudain une femme, les joues sillonnées de larmes, les cheveux ébouriffés et le regard désespéré, se détacha du groupe des serviteurs qui avaient assisté à l’exécution et se jeta aux pieds d’Agomar.

« Votre Seigneurie ! dit-elle entre deux sanglots. Donnez-moi sa tête, s’il vous plaît… je vous en supplie ! » Elle se frappa la poitrine. « Votre Seigneurie, faites-moi la grâce de pouvoir ensevelir mon fils tout entier, pour qu’il ne se présente pas sans tête au Jugement Dernier, le jour de la Résurrection !

— La décision en revient au prince, pas à moi », répondit Agomar, s’inclinant légèrement vers Marcus.

« Salaud », siffla Agnete entre ses dents.

Marcus adressa un sourire fielleux à la femme. « Tu auras la tête de ton fils. »

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