Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Год: 2020
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- Жанр: Эпическое фэнтези
Электронная книга - «Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]». Краткое содержание книги:
Traduction revue et corrigée.
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?
Préfaces de Denis Villeneuve et Pierre Bordage.
Postface de Gérard Klein.
« Il y a en toi quelque chose d’effrayant, dit-elle. Lorsque je t’ai enlevé aux autres… j’ai senti ce qu’ils voulaient. Tu… es… comme une force. Tu nous fais voir… des choses ! »
Il s’efforça de parler distinctement.
« Et que vois-tu ? »
Elle baissa les yeux sur ses mains. « Je vois un enfant… dans mes bras. C’est notre enfant, le tien et le mien. (Elle porta la main à sa bouche.) Comment puis-je tout connaître de toi ? »
Ils ont un peu du talent, pensa-t-il, mais ils le repoussent parce qu’ils sont terrifiés.
Durant un instant de clarté, il vit à quel point Chani tremblait.
« Que veux-tu dire ? »
« Usul », murmura-t-elle, et elle tremblait toujours.
« Tu ne peux te replier dans l’avenir », dit-il.
Une profonde pitié l’envahit. Il la serra contre lui, posa les mains sur sa tête. « Chani, Chani, n’aie pas peur. »
« Usul, aide-moi ! » implora-t-elle.
Comme elle parlait, il sentit que la drogue l’envahissait totalement. Les rideaux du temps s’écartaient devant lui pour lui révéler le lointain tourbillon gris de son avenir.
« Tu es si calme », dit Chani.
Il interrompit la vision, au milieu du temps qui s’étirait dans cette dimension nouvelle, stable mais pourtant tourbillonnant, à la fois étroit et tout empli de forces, de mondes, semblable à une barrière qu’il lui fallait franchir, une barrière mouvante.
D’un côté, il voyait l’Imperium, un Harkonnen appelé Feyd-Rautha qui le menaçait comme une lame pointée, les Sardaukars se ruant hors de leur planète pour répandre le pogrom sur Arrakis, la Guilde, complotant et rusant, les Bene Gesserit avec leur plan de sélection. Tous, ils étaient là, massés sur l’horizon comme un gigantesque orage, maintenus par les Fremen et leur Muad’Dib. Le géant fremen qui dormait encore dans l’attente de la croisade sauvage qui allait dévaster l’univers.
Paul se sentait au centre de tout cela, comme un pivot autour duquel toute la structure se déplaçait, chevauchant un segment ténu de paix et de bonheur, Chani à ses côtés. Devant lui, il y avait un moment de relative tranquillité dans quelque sietch caché, une oasis de paix entre bien des périodes de violence.
« Pour la paix, dit-il, il n’est pas d’autre endroit. »
« Usul, tu pleures ! souffla Chani. Usul, ma force, donnes-tu ton humidité aux morts ? À quels morts ? »
« À ceux qui ne le sont point encore », dit-il.
« Qu’ils vivent le temps de leur vie, alors. »
Au sein du brouillard de la drogue, il sut qu’elle avait raison et il la serra encore plus fort contre lui, sauvagement. « Sihaya ! » s’écria-t-il.
Elle mit une main sur sa joue. « Je n’ai plus peur, Usul. Regarde-moi. Je vois ce que tu vois quand tu me tiens ainsi. »
« Que vois-tu ? »
« Je nous vois nous donnant l’amour l’un à l’autre en un moment de calme entre les tempêtes. C’est là ce que nous devions faire. »
À nouveau, la drogue s’empara de lui et il pensa : Tu m’as si souvent donné l’oubli et le réconfort. L’illumination lui revenait avec ses images détaillées du temps et il sentit l’avenir se muer en souvenirs : les tendres agressions de l’amour physique, la communion des moi, la douceur et la violence.
« Tu es forte, Chani, murmura-t-il. Reste avec moi. »
« Toujours », dit-elle, et elle l’embrassa sur la joue.
LIVRE 3
LE PROPHÈTE
Nulle femme, nul homme, nul enfant ne pénétra jamais dans l’intimité profonde de mon père. S’il eut jamais des rapports proches de la camaraderie, ce fut avec le Comte Hasimir Fenring, le compagnon de son enfance. L’influence de l’amitié du Comte eut un premier résultat positif puisque, après l’Affaire d’Arrakis, il parvint à calmer les soupçons du Landsraad. Il en coûta plus d’un milliard de solaris en épice, selon ma mère, sans compter les autres cadeaux : femmes-esclaves, honneurs royaux, titres. Mais l’amitié entre l’Empereur et le Comte Fenring eut un autre effet, négatif celui-là. Le Comte se refusait à tuer un homme, même lorsqu’il en avait reçu l’ordre, même si cela lui était possible. Je vais maintenant expliquer ce qu’il en était.
Le Comte Fenring : Un profil,
par la Princesse Irulan.
Plein de rage, le Baron Vladimir Harkonnen arrivait de ses appartements, le geste frénétique, roulant et tanguant dans ses suspenseurs tout en suivant les longs couloirs, de flaque de soleil en flaque de soleil.
Il traversa la cuisine privée, il traversa la bibliothèque, il traversa la petite salle de réception et l’anti-chambre des serviteurs où, déjà, c’était le repos du soir.
Le capitaine des gardes, Iakin Nefud, était affalé sur un divan. La sémuta avait mis un masque d’hébétude sur ses traits plats. L’atroce miaulement de la musique de la drogue s’élevait autour de lui. Sa propre cour se tenait à proximité, prête à répondre à ses désirs.
« Nefud ! » rugit le Baron.
Les hommes se redressèrent.
Nefud s’était levé, le visage soudain blanc de peur en dépit du narcotique. La musique du semuta s’était tue.
« Mon Seigneur Baron », dit-il, et seule la drogue empêchait sa voix de trembler.
Le Baron examina les visages qui l’entouraient, il vit leurs calmes regards, puis il reporta son attention sur Nefud et demanda d’une voix très douce :
« Depuis combien de temps es-tu le capitaine de mes gardes, Nefud ? »
« Depuis Arrakis, Mon Seigneur. Depuis deux ans. »
« Et tu as toujours su déceler les dangers qui menaçaient ma personne ? »
« Ce fut toujours mon unique désir, Mon Seigneur. »
« Alors, où est Feyd-Rautha ? » gronda le Baron.
Nefud hésita. « Mon Seigneur ?… »
« Tu ne le considères pas comme un danger ? » De nouveau, il parlait d’un ton très doux.
Nefud s’humecta les lèvres. L’hébétude de la sémuta, dans son regard, se dissipait peu à peu.
« Feyd-Rautha est dans le quartier des esclaves, Mon Seigneur. »
« Encore avec les femmes, hein ? » La voix du Baron frémissait de l’effort qu’il faisait pour repousser la fureur.
« Sire, il pourrait être… »
« Silence ! »
Le Baron fit un pas en avant, remarquant le recul des hommes qui, maintenant, avaient ménagé un espace autour de Nefud, se dissociant de l’objet de la colère.
« Ne t’ai-je point ordonné de savoir à chaque instant où se trouve le na-Baron ? (Le Baron fit un nouveau pas en avant.) Ne t’ai-je point ordonné de savoir exactement tout ce qu’il dit ? (Un autre pas.) Ne t’ai-je pas dit de me rapporter chacune de ses visites auprès des femmes-esclaves ? »
Nefud se taisait. Des gouttes de transpiration brillaient sur son front. La voix du Baron devint sans timbre. « Ne t’ai-je pas dit tout cela ? »
Nefud acquiesça.
« Ne t’ai-je pas dit aussi d’examiner tous les esclaves que l’on m’envoyait, et de le faire toi-même… personnellement ? »
Nefud acquiesça.
« Se pourrait-il que tu n’aies point vu cette marque sur la cuisse de celui que l’on m’a envoyé cet après-midi ? Est-ce possible… »
« Mon Oncle. »
Le Baron se retourna. Feyd-Rautha se tenait sur le seuil. Il était visible qu’il était arrivé en hâte. Il avait grand-peine à masquer son expression. Pour le Baron, la présence de son neveu ici, en cet instant, n’était que trop révélatrice. Feyd-Rautha disposait de son propre réseau d’espionnage, un réseau qui surveillait constamment le Baron Vladimir Harkonnen.