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Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]

Электронная книга - «Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]». Краткое содержание книги:

Le chef-d'œuvre absolu de la science-fiction, adapté au cinéma par Denis Villeneuve.
Traduction revue et corrigée.
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?
Préfaces de Denis Villeneuve et Pierre Bordage.
Postface de Gérard Klein.
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« Tu ne refuseras pas », dit le Baron.

Que pourriez-vous faire si je refusais, vieil homme ? se demanda Feyd-Rautha. Mais il savait bien qu’il devait exister quelque autre châtiment, peut-être plus subtil encore. Quelque autre levier plus brutal pour agir sur lui.

« Je te connais, Feyd. Tu ne refuseras pas. »

D’accord, pensa Feyd-Rautha. J’ai besoin de vous maintenant. Je le comprends. Le marché est conclu. Mais je n’aurai pas toujours besoin de vous. Et un jour…

Le besoin pressant d’un univers logique et cohérent est profondément ancré dans l’inconscient humain. Mais l’univers réel est toujours à un pas au-delà de la logique.

Extrait de Les Dits de Muad’Dib,

par la Princesse Irulan.

Je me suis assis en face de bien des maîtres de Grandes Maisons, se dit Thufir Hawat, mais jamais encore devant un porc aussi énorme et dangereux que celui-ci.

« Vous pouvez parler franchement avec moi, Hawat », grommela le Baron. Il se laissa aller en arrière dans son fauteuil à suspenseur. Ses yeux cernés de plis de graisse étaient fixés sur le Mentat.

Le regard de Thufir Hawat se posa sur la table, entre le Baron et lui, et il admira le grain du bois. C’était là un facteur à considérer lors d’une entrevue avec le Baron, au même titre que les murs rouges de la salle de conférences privée et que la faible senteur douceâtre d’herbe qui flottait dans la pièce, mêlée à un parfum plus fort.

« Ce n’est pas par un simple caprice que vous m’avez fait expédier cet avertissement à Rabban », dit le Baron.

Le visage parcheminé du vieux Mentat demeura impassible, ne révélant pas la moindre trace de son dégoût.

« Je soupçonne diverses choses, Mon Seigneur », dit-il.

« Oui. Eh bien, j’aimerais savoir comment il se fait qu’Arrakis entre dans vos soupçons à l’égard de Salusa Secundus. Il ne me suffit pas que vous m’ayez dit que l’Empereur s’énerve à propos d’une certaine relation entre Arrakis et sa mystérieuse planète-prison. Je n’ai adressé cet avertissement à Rabban que parce que le courrier devait partir par ce vaisseau. Vous m’avez dit que cela ne pouvait attendre. Très bien. Maintenant, je veux une explication. »

Il bavarde trop, se dit Hawat. Le Duc Leto, lui, pouvait me dire une chose d’un simple geste de la main, d’un haussement de sourcil. Et le vieux Duc exprimait toute une sentence en accentuant un seul mot. Quel rustre ! En le détruisant, je rendrai service à l’humanité.

« Vous ne partirez pas sans que j’aie une explication totale », dit le Baron.

« Vous parlez trop à la légère de Salusa Secundus », dit Hawat.

« C’est une colonie pénitentiaire, dit le Baron. On y expédie la pire racaille de la galaxie. Est-il utile d’en connaître autre chose ? »

« Les conditions qui règnent sur la planète-prison sont plus terribles que partout ailleurs, dit Hawat. Vous savez que le taux de mortalité chez les nouveaux détenus est supérieur à soixante pour cent. Vous savez que l’Empereur utilise là-bas toutes les formes d’oppression possibles. Vous savez tout cela et vous ne posez aucune question ? »

« L’Empereur n’autorise pas les Grandes Maisons à visiter sa planète-prison, grommela le Baron. D’ailleurs, il n’a jamais inspecté mes oubliettes. »

« Et toute curiosité à propos de Salusa Secundus, dit Hawat, est… (il porta un index osseux à ses lèvres)… découragée. »

« C’est parce qu’il ne tire aucune fierté de certaines des choses qu’il fait sur Salusa Secundus ! »

Le plus subtil des sourires effleura les lèvres sombres de Hawat. Ses yeux brillaient comme il regardait le Baron.

« Et jamais vous ne vous êtes demandé où l’Empereur trouvait ses Sardaukars ? »

Le Baron plissa ses lèvres grasses. Ainsi, il ressemblait à un bébé faisant la moue. D’un ton presque joyeux, il répliqua : « Mais… il recrute… c’est-à-dire que les enrôlements et les engagements… »

« Ppss ! Mais ce que vous entendez raconter à propos des exploits des Sardaukars, ce ne sont pas des rumeurs, non ? Ce sont des récits faits par les quelques rares survivants qui les ont affrontés, n’est-ce pas ? »

« Les Sardaukars sont des combattants excellents, cela ne fait pas de doute, dit le Baron. Mais je pense que mes propres légions… »

« De joyeux excursionnistes, par comparaison ! Vous croyez que je ne sais pas pourquoi l’Empereur s’est retourné contre la Maison Atréides ? »

« Ce n’est pas là un sujet ouvert à vos spéculations ! »

Est-il possible qu’il ne connaisse pas les motivations de l’Empereur ? se demanda Hawat.

« Tout est ouvert à mes spéculations, dit-il, si cela a quelque rapport avec la tâche dont vous m’avez chargé. Je suis un Mentat. On ne cache aucune information, aucune donnée à un Mentat. »

Durant une longue minute, le Baron le regarda en silence, puis il déclara : « Dites ce que vous avez à dire, Mentat. »

« L’Empereur Padishah s’est retourné contre la Maison Atréides parce que les Maîtres de Guerre du Duc, Gurney Halleck et Duncan Idaho, avaient constitué une unité de combat – une petite unité – qui était bien près de valoir les Sardaukars. Certains hommes étaient même meilleurs. Et le Duc avait la possibilité de développer cette unité, de la rendre aussi puissante que les forces de l’Empereur. »

Le Baron soupesa un instant cette révélation, puis demanda : « Quel est le rôle d’Arrakis dans tout cela ? »

« La planète constitue une réserve de recrues déjà formées aux conditions les plus difficiles. »

Le Baron secoua la tête. « Vous ne voulez pas parler des Fremen ? »

« Je veux parler des Fremen. »

« Ah !… En ce cas, pourquoi avertir Rabban ? Après le pogrom des Sardaukars et la répression de Rabban, il ne doit pas rester plus d’une poignée de Fremen. »

Hawat le regardait en silence.

« Pas plus d’une poignée ! insista le Baron. Rien que l’année dernière, Rabban en a tué six mille ! »

Hawat se taisait toujours.

« Et l’année d’avant, c’était neuf mille. Et avant leur départ, les Sardaukars ont bien dû en éliminer vingt mille. »

« Quelles sont les pertes des troupes de Rabban pour ces deux dernières années ? » demanda Hawat.

Le Baron se gratta les bajoues. « Eh bien, il a eu le recrutement plutôt lourd, dirons-nous. Ses agents font des promesses assez extravagantes et… »

« Disons aux alentours de trente mille ? »

« C’est une estimation assez large. »

« Bien au contraire, dit Hawat. Je peux aussi bien que vous lire entre les lignes des rapports de Rabban. Et, très certainement, vous avez compris ceux de mes propres agents. »

« Arrakis est un monde redoutable, dit le Baron. Les tempêtes à elles seules peuvent… »

« Nous connaissons tous deux la part attribuée aux tempêtes », dit Hawat.

« Alors qu’en est-il de ces trente mille hommes perdus ? » demanda le Baron, et l’afflux de sang assombrissait son visage.

« Selon votre propre estimation, il a tué environ quinze mille Fremen en deux années pour des pertes doubles. Vous dites que, de leur côté, les Sardaukars en auraient éliminé vingt mille, peut-être un peu plus. J’ai vu les manifestes de transport lorsqu’ils sont revenus d’Arrakis. S’ils ont vraiment tué vingt mille Fremen, leurs pertes sont dans la proportion de cinq pour un. Pourquoi ne pas accepter ces chiffres, Baron, et comprendre ce qu’ils signifient ? »

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