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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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— Nous ferions mieux de nous dépêcher, Ayla. Brun nous attend. Essuie tes yeux, et quand nous ferons une halte, tu pourras me préparer une infusion d’écorce de bouleau, guérisseuse.

Un large sourire apparut derrière les larmes. Au bout de quelques pas, Ayla vint se placer à hauteur du sorcier. Il la contempla un instant, puis hocha la tête d’un air résigné et s’appuya sur elle pour continuer sa route.

Brun remarqua immédiatement l’amélioration de leurs rapports et en profita pour accélérer le pas. Si le vieil homme avait toujours l’air un peu mélancolique, il faisait tous ses efforts pour le cacher. Je me doutais bien qu’il y avait quelque chose entre ces deux-là, se dit Brun, satisfait de sa perspicacité. Mais on dirait que ça s’est arrangé.

Creb ne s’opposa plus à ce qu’Ayla prenne à nouveau soin de lui comme elle avait toujours su si bien le faire. Mais une certaine distance demeurait entre eux. Le fossé qui les séparait était bien trop large pour qu’il pût l’ignorer.

Creb ne pouvait oublier la divergence des destinées de son peuple et de celui des Autres, et cette conscience douloureuse et cruelle de se savoir condamné à disparaître parasitait la douce et paisible harmonie de toutes ces années passées dans la compagnie d’Ayla.

Les journées étaient chaudes, mais les nuits se rafraîchissaient à mesure que le clan de Brun cheminait vers ses quartiers. A la vue des montagnes enneigées à l’ouest, leurs cœurs se réchauffèrent, mais dans cette immensité l’impression de ne pas avancer les fit rapidement se désintéresser du spectacle des pics étincelants. Comme ils continuaient toujours en direction de l’ouest, ils distinguèrent mieux les glaciers veinés du bleu translucide des crevasses et des tons mauves que prenaient les pentes verglacées.

Après avoir marché jusqu’à la tombée de la nuit, ils établirent enfin leur premier campement dans les steppes. Le lendemain matin tout le monde se réveilla aux aurores pour entreprendre la dernière étape. Ils croisèrent un rhinocéros paisiblement occupé à brouter dans une belle prairie verdoyante et la rencontre de cet animal familier leur mit du baume au cœur. Ils approchaient de leur demeure. En atteignant le sentier qui grimpait à travers la colline, ils pressèrent le pas et, le cœur battant, ils contournèrent l’escarpement qui dérobait la caverne à leur vue. Ils étaient enfin de retour chez eux.

Aba et Zoug se précipitèrent à leur rencontre. Aba accueillit sa fille et Droog, serra de joie les autres enfants avant de prendre Groog dans ses bras. Zoug fit un signe à Ayla tout en courant vers Grod et Uka, et Ovra et Goov.

— Où est Dorv ? demanda Ika.

— Il nous a quittés pour le monde des esprits, répondit Zoug. Ses yeux étaient devenus si faibles qu’il ne voyait plus rien de ce qu’on lui disait. Il n’avait même pas le courage d’attendre votre retour. Le jour où les esprits l’ont appelé, il les a suivis. Nous montrerons à Mog-ur l’endroit où il est enterré pour qu’il accomplisse les rites funèbres.

Prise d’une angoisse soudaine, Ayla regarda autour d’elle.

— Où est Iza ?

— Elle est très malade, Ayla, répondit Aba. Elle n’a pas quitté sa couche depuis la dernière lune.

— Iza ! Iza ! s’écria Ayla en s’élançant dans la caverne.

En arrivant au foyer de Creb, elle jeta par terre tous ses paniers et se précipita vers la femme allongée sous les fourrures. La vieille guérisseuse ouvrit faiblement les yeux.

— Ayla, murmura-t-elle d’une voix à peine audible. Les esprits ont exaucé mon souhait. Tu es de retour.

Elle tendit les bras, et Ayla serra contre elle le corps fragile et émacié. Les cheveux d’Iza étaient devenus tout blancs et la peau parcheminée de son visage accentuait les creux des joues et des orbites. Elle semblait parvenue à l’extrême vieillesse, alors qu’elle n’avait que vingt-huit ans.

Ayla avait le plus grand mal à distinguer ses traits à travers le voile de ses larmes.

— Pourquoi a-t-il fallu que j’aille à ce Rassemblement ! J’aurais dû rester ici et prendre soin de toi, se reprocha la jeune femme. Je savais que tu étais malade. Pourquoi suis-je partie ?

— Non, Ayla, non, tu n’as rien à te reprocher, lui dit Iza avec des gestes qui trahissaient une très grande faiblesse. Je savais que j’allais mourir, quand tu es partie. Tu n’aurais pas pu m’aider, personne ne l’aurait pu. Ce que je voulais seulement, c’était te revoir une dernière fois avant qu’il soit temps pour moi de rejoindre les esprits.

— Non, tu ne vas pas mourir ! s’écria Ayla. Je vais te guérir !

— Ayla, Ayla. Il existe des états contre lesquels la meilleure guérisseuse du monde ne peut rien.

L’effort que venait de faire Iza déclencha une terrible quinte de toux. Ayla l’aida à se soulever et roula en boule une fourrure pour la soutenir et lui permettre de respirer plus aisément. Puis elle se mit à fouiller parmi les remèdes rangés près de la couche de la malade.

— Où est l’aunée ? Je n’arrive pas à la trouver.

— Je ne pense pas qu’il en reste, dit Iza avec beaucoup d’effort. J’en ai fait une grande consommation ces derniers temps, et je n’ai pas eu la force d’aller en cueillir davantage. Aba n’a pas réussi à m’en trouver, elle ne m’a rapporté que des hélianthes.

— Je n’aurais jamais dû partir, se lamenta Ayla en sortant précipitamment de la caverne. (Comme elle croisait Creb et Uba, qui portait Durc dans ses bras, elle leur signifia en ralentissant à peine sa course :) Iza va très mal, et elle n’a même plus d’aunée ! Je vais en chercher. Uba, allume un feu dans le foyer, il n’y en a pas non plus. Ah ! jamais je n’aurais dû partir ! Jamais je n’aurais dû la laisser, malade comme elle l’était !

Et le visage blême sous la poussière du chemin, sillonné par les larmes, elle poursuivit sa course vers la rivière, tandis que Creb et Uba se précipitaient dans la caverne.

Elle traversa d’un bond la rivière, courut vers la prairie où poussait l’aunée, en arracha plusieurs pieds qu’elle lava sommairement en repassant le cours d’eau et se dépêcha de regagner le foyer.

Uba avait allumé un feu mais l’eau qu’elle avait mise à bouillir était à peine tiède. Creb, debout aux pieds d’Iza, invoquait les esprits avec des gestes empreints d’une ferveur qu’il n’avait pas éprouvée depuis bien des jours, les suppliant de donner à Iza la force de vivre et de ne pas la rappeler à eux. Uba avait installé Durc sur une natte, et le petit garçon se mit à ramper à quatre pattes vers sa mère occupée à couper en morceaux les racines d’aunée. Comme il essayait de grimper sur sa mère pour téter, elle le repoussa. Elle n’avait pas le temps de s’en charger. Elle plongea les racines dans l’eau et ajouta d’autres pierres pour qu’elle chauffe plus vite. Durc, délaissé et meurtri, se mit à pleurer.

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