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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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— À vos ordres, amiral.

— Nous partons, dit Horvath à la Granéenne. Je… nous… devons débattre de la question des ambassadeurs. Nous sommes surpris… J’aurais espéré que vous viendriez en personne. Y aura-t-il certains de nos Fyunch (clic)s parmi les ambassadeurs ? » Il parlait rapidement tandis que les sirènes se déclenchaient dans son dos.

« Vous aurez tout le temps de réfléchir, lui assura la Granéenne. Et… non, aucun de nos envoyés ne pourrait s’identifier à un humain en particulier. Ils doivent tous représenter notre race. Vous le comprendrez, bien sûr. On les a choisis tous trois pour qu’ils présentent tous les points de vues et par leur action unanime, ils pourront lier tous les Granéens à quelque accord que ce soit. Étant donné les risques de contagion, ils s’attendront à rester en quarantaine jusqu’à ce que vous soyez sûrs qu’il n’existe aucune menace pour votre santé… » Un sonore coup de klaxon retentit à travers le Lénine. « Au revoir, Antoine. Au revoir à vous tous. Et revenez bientôt. »

Les dernières sirènes de mise en route hurlèrent et le Lénine bondit en avant. Tandis que, derrière lui, éclataient des discussions pleines d’étonnement, Horvath resta les yeux rivés sur l’écran blanc.

40. Adieu 

L’astronef de guerre de classe « Président » de Sa Majesté impériale, le Lénine, était bourré de monde au-delà de sa capacité, avec l’équipage du Mac-Arthur et les scientifiques qui en étaient venus. Les matelots se partageaient les hamacs, en rotation par rapport à leurs tours de garde. Les Marines couchaient dans les coursives, les officiers étaient entassés à trois, ou plus, dans des cabines prévues pour un seul passager. Trois des machines et produits granéens récupérés sur le Mac-Arthur dormaient dans le pont-hangar, que Kutuzov s’obstinait à dépressuriser en le gardant sous constante surveillance armée et l’inspectant de façon régulière. Les passagers n’auraient pu s’assembler nulle part.

Et, si un endroit où une réunion eût été pensable avait existé, on ne l’aurait pas utilisé. Le Lénine resterait en alerte jusqu’à sa sortie du système du Grain, et même durant les services funéraires où officiaient Hardy et l’aumônier du Lénine, Georges Alexis. Cette situation n’était d’ailleurs inhabituelle pour aucun des deux hommes. Bien qu’il fût de tradition que l’équipage au complet se réunisse quand cela était possible, les funérailles avaient souvent lieu en état d’alerte permanente. En endossant son étole noire et en se tournant vers le missel que lui présentait un matelot, David Hardy songeait qu’il avait probablement dirigé plus d’offices de Requiem de cette façon-là que devant une assemblée.

Un son de trompette fit vibrer le Lénine. « Compagnie, repos », ordonna doucement le maître d’équipage.

« Donnez-leur le repos éternel, Ô Seigneur », entonna Hardy. « Et que la Lumière Divine les éclaire à jamais », répondit Alexis. Tous les versets et leurs réponses étaient familiers à quiconque était resté dans les F.S.E. assez longtemps pour faire partie de l’équipage du Lénine.

« Je suis la Résurrection et la Vie, dit le Seigneur. Celui qui croit en moi, pourra mourir, mais il vivra toujours. Et celui qui vit et croit en moi, ne mourra pas. »

Le service continua, les matelots répondant de leurs postes de combat, en un murmure emplissant l’astronef.

« J’ai ouï la voix des cieux me dire : Écris. À partir de ce jour, bénis sont les morts qui meurent dans la grâce de Dieu : ainsi que le dit l’Esprit ; car ils seront en paix après leurs labeurs. »

La paix, pensa Rod. Les petits gars ont au moins ça : la paix. Il frissonna. J’ai vu bon nombre de vaisseaux mourir et nombre d’hommes que je commandais y passer à cent parsecs de leur foyer. Pourquoi suis-je secoué, cette fois-ci ? Il prit une profonde inspiration, mais la douleur qui étreignait sa poitrine ne le lâcha pas.

Dans tout le Lénine les lumières faiblirent et les voix enregistrées de la chorale des F.S.E. entonnèrent un hymne auquel les hommes de l’équipage se joignirent.

« Ce sera le jour de la colère. Le jour qui réduira le monde en cendres, David et la Sibylle nous l’affirment. »

Sibylle ? pensa Rod. Que ce chant devait être ancien. L’hymne se termina en un chœur sonore de voix mâles.

Est-ce que je crois en tout ça ? se demanda Rod. Hardy, oui. Il n’y a qu’à voir son visage. Et Kelley, prêt à lancer ses camarades par les tubes lance-torpilles. Pourquoi ne puis-je partager leur foi ? Mais je la partage, non ? Depuis toujours. J’ai toujours cru qu’il y avait une fin à tout notre univers. Et Bury ? Ce n’est même pas sa religion et pourtant il est ému. Je me demande ce qu’il pense ?

Horace Bury avait les yeux rivés aux tubes lance-torpilles. Quatre cadavres et une tête ! Celle d’un Marine dont les lutins s’étaient servis comme d’un cheval de Troie. Bury ne l’avait vue qu’une fois. Tournoyant à travers le vide dans un nuage de brume, de verre brisé et de lutins gesticulant, se démenant, mourant. Il se rappelait la mâchoire carrée, la bouche large et molle, les yeux morts et luisants. Allah ait pitié d’eux et puissent Ses légions s’abattre sur le Grain !…

Sally le prend mieux que moi, pensa Rod, et pourtant, c’est une civile. Nous aimions tous deux ces gamins… Pourquoi ne puis-je penser qu’à eux ? Cinq Marines sont morts, eux aussi, en évacuant les civils. Ce serait moins pénible si les enseignes avaient péri au cours d’un combat. Pourtant je m’attendais à des pertes quand j’ai envoyé le groupe de sauvetage et l’aviso vers le Mac. Je n’étais pas sûr que les gosses s’en sortiraient. Mais ils s’en étaient sortis ! Ils ne risquaient plus rien !

« À Dieu Tout-Puissant, nous recommandons les âmes de nos frères et confions leurs corps aux profondeurs de l’espace, dans l’espoir de la Résurrection en la Vie Éternelle, par notre Seigneur Jésus-Christ. À ceux qui viendront dans leur glorieuse majesté pour juger le monde, les mers rendront leurs morts et les profondeurs présenteront leur charge… »

Kelley enfonça les touches et il y eut un léger bruit de souffle, un autre… trois, quatre, cinq. Quatre corps et une tête retrouvés, pour vingt-sept morts ou disparus.

« Compagnie, garde à vous ! »

« Feu ! »

Qu’allaient dire les Granéens ? se demanda Rod. Trois bordées, tirées dans l’espace, dans le néant – sauf la troisième qui vaporiserait les corps lancés un instant avant. L’amiral avait insisté, et personne n’avait discuté.

Les notes des clairons du Lénine et du Mac-Arthur moururent lentement. Le vaisseau resta un instant immobile.

« Équipage, rompez les rangs ! »

Les officiers quittèrent en silence la salle des torpilles. Les lumières s’avivèrent dans les coursives et les hommes se pressèrent de regagner leurs postes de combat ou leurs zones de repos surpeuplées. La routine de la Flotte continue, pensa Rod. Les offices funéraires, eux aussi, font partie du « Manuel ». Il y a un règlement pour tout : les naissances à bord des vaisseaux spatiaux, leur enregistrement, les funérailles – avec ou sans corps et même pour les capitaines qui perdent leur unité. Pour ceux-là, la Bible demande une cour martiale.

« Rod. Attendez, Rod. S’il vous plaît. »

Il s’arrêta à l’appel de Sally. Ils restèrent au milieu de la coursive tandis que les autres officiers les contournaient. Rod aurait aimé se joindre à ces hommes, retourner à la solitude de sa cabine où personne ne lui demanderait ce qui s’était passé à bord du Mac-Arthur. Et, pourtant, Sally était là et quelque chose au plus profond de Rod voulait lui parler, ou simplement être près d’elle.

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