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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Il lâcha le poignet de Taniane et s’avança lentement vers le mystérieux appareil.

— Non ! Hresh ! Ne fais pas cela !

— Je veux juste me livrer à une petite expérience, dit-il.

Il ramassa un petit fragment d’une statue brisée qu’il soupesa avant de le lancer vers l’ouverture de la sphère lumineuse. Le fragment de pierre flotta un instant dans l’air, juste en bordure de la zone de lumière intermittente, puis il disparut. Hresh demeura immobile, attendant de percevoir le bruit que ferait le fragment de pierre en touchant le sol, mais il n’entendit rien.

— Il fonctionne ! s’écria-t-il. Il fonctionne encore !

— Fais un autre essai.

— Tu as raison.

Il ramassa un second éclat de pierre, plus effilé que le précédent et long comme son bras, et l’approcha précautionneusement de l’ouverture du tube. Il sentit des picotements dans sa main et son avant-bras et, brusquement, il se rendit compte que sa main était vide. Il regarda ses doigts d’un air incrédule.

Hresh fit un pas de plus vers l’appareil.

Et si je glissais ma main à l’intérieur ? se demanda-t-il.

Il se dressa sur la pointe des pieds et se pencha en avant, le front plissé par l’indécision. La tentation était étonnamment forte. Il se souvint des énormes bouches alignées au pied d’une rangée de collines qui, bien des années plus tôt, l’avaient invinciblement attiré à elles avec le grondement prolongé, semblable à un bruit de tambour, qu’elles émettaient à une cadence régulière. C’était la même chose. Il se sentait irrésistiblement attiré par l’appareil. Il avait à moitié envie de s’abandonner à cet appel. Plus qu’à moitié peut-être. Le mystérieux appareil pouvait lui apporter… des réponses. Il pouvait lui apporter… la paix. Il pouvait…

Taniane dut deviner ce qui lui passait par la tête, car elle vint rapidement à sa hauteur, le prit par l’épaule et le tira en arrière.

— A quoi pensais-tu ? demanda-t-elle.

— J’étais curieux, c’est tout, répondit Hresh en frissonnant. Trop curieux, peut-être.

— Allons-nous-en, Hresh. Un de ces jours, ta curiosité te perdra.

— Attends ! Laisse-moi encore vérifier quelque chose.

— Cet appareil est dangereux, Hresh !

— Je le sais. Mais attends ! Attends un peu !

— Hresh…

— Je serai prudent cette fois.

Les jambes très fléchies, il repartit vers l’appareil en détournant les yeux de la zone lumineuse au sommet du tube. Puis il se pencha, passa le bras autour du tube et, comme il l’avait espéré, il le souleva aisément de sa plate-forme de pierre verte. Le tube était chaud et creux ; il aurait sans doute pu le déformer en accentuant la pression de son bras. Il le transporta sans difficulté à l’autre bout de la salle et l’appuya contre la paroi. La sphère lumineuse qui avait cessé d’émettre ses rayons de couleur dès qu’il avait soulevé l’appareil se remit à fonctionner.

— Qu’est-ce que tu fais, Hresh ?

— Tu vois, nous pouvons l’emporter avec nous !

— Non ! Laisse-le ici ! Hresh, cet appareil me fait peur !

— Moi aussi, il me fait peur. Mais je veux pouvoir l’examiner de plus près.

— Tu veux toujours tout examiner de plus près ! Laisse-le ici, Hresh ! Tu risques de te faire tuer !

— Je ne peux pas. C’est peut-être le dernier appareil de ce type qui reste sur toute la planète. Veux-tu que les Beng mettent la main dessus ?

— S’il les absorbe comme il a absorbé la pierre, ce ne serait peut- être pas une mauvaise idée.

— Et s’ils réussissaient à le faire fonctionner ? Et s’ils lui trouvaient une utilité ?

— Il n’a pas d’autre utilité que de détruire, Hresh. Si tu as peur que les Beng se l’approprient, tu n’as qu’à laisser tomber une grosse pierre dessus et il se brisera peut-être. Mais je veux qu’on parte d’ici.

— Je te promets de faire attention, Taniane, dit Hresh en lui lançant un long regard pénétrant. Mais je tiens à emporter cet appareil.

— Hresh ! soupira-t-elle en secouant la tête d’un air résigné. Oh ! Hresh !

Harruel faisait un rêve merveilleux. La terre était tapissée de fleurs aux couleurs exquises dont l’arôme emplissait l’air comme une douce musique. Il était allongé dans un bassin de pierre polie, un bras passé autour du cou de Weiawala, l’autre de Thaloin. Leurs trois corps étaient immergés dans un vin doux et doré qui lui arrivait jusqu’au menton. Tout autour de lui se tenaient ses fils, une douzaine de beaux guerriers, sa réplique par le physique et le courage, qui tous chantaient ses louanges à pleine voix.

— Harruel ! criaient-ils. Harruel ! Harruel ! Harruel !

Mais une note discordante se mêla soudain à ce chœur harmonieux, une voix de crécelle, aigre et criarde.

— Harruel ! Harruel !

— Non, pas toi ! grommela-t-il d’une voix pâteuse. Tu gâches tout. Qui es-tu, d’ailleurs ? Avec une voix pareille, tu n’es certainement pas un de mes fils ! Va-t’en ! Va-t’en !

— Harruel, réveille-toi !

— Cesse de m’importuner ! Je suis le roi !

— Harruel !

Il sentit une main se poser sur sa gorge et des doigts s’enfoncer profondément dans sa chair. Il se dressa aussitôt sur son séant avec un rugissement de rage tandis que son rêve volait en éclats et s’évanouissait. Disparue Weiawala, disparue Thaloin, envolé le chœur viril de ses fils… Il avait l’impression que son cerveau était une éponge saturée de vin. Tout son corps était affreusement endolori et il avait un goût d’excréments dans la bouche. Minbain se tenait devant lui. Ce n’était pas à la gorge qu’elle l’avait saisi, mais par le côté du cou ; il sentait encore la marque de ses doigts. Elle avait une mine hagarde et semblait avoir quelque chose d’extrêmement urgent à lui dire.

— Comment oses-tu me déranger, grommela Harruel d’un ton furieux, quand je…

— Harruel, la ville est attaquée !

— J’essaie de me reposer après… Qu’est-ce que tu as dit ? On nous attaque ? Qui ? Koshmar ? Je vais la tuer de mes propres mains ! Je la ferai rôtir et je la mangerai !

Harruel se releva péniblement.

— Où est-elle ? rugit-il. Apporte-moi ma lance ! Appelle Konya ! Et Salaman !

— Ils sont déjà dehors, répondit Minbain en se tordant nerveusement les mains. Mais ce n’est pas Koshmar, Harruel. Tiens, voilà ta lance et ton bouclier. Ce sont les hjjk qui nous attaquent ! Les hjjk, Harruel !

Il se dirigea en titubant vers la porte. De l’extérieur lui parvenaient des clameurs transperçant le brouillard qui voilait ses perceptions.

Des hjjk ? Dans la Cité de Yissou ?

Salaman lui avait bien raconté quelques jours plus tôt qu’il redoutait l’attaque d’une armée de hjjk. Une vision qu’il avait eue, un rêve insensé. Harruel n’y avait pas compris grand-chose, mais il lui semblait que Salaman avait affirmé que l’invasion ne risquait pas de se produire avant un certain temps, plusieurs mois sans doute. Cela lui apprendra à croire aux visions, songea Harruel.

Il avait mal à la tête et la situation exigeait qu’il eût toute sa présence d’esprit. Il s’arrêta devant la porte et saisit la coupe de vin qui s’y trouvait toujours. Elle était encore aux trois quarts pleine, mais il la vida en quatre grandes lampées.

Il se sentait mieux. Beaucoup mieux.

Il poussa la porte et sortit.

La confusion la plus totale régnait dans le camp. Il lui fallut un certain temps pour accommoder, puis le vin fit son effet et il constata que la Cité de Yissou était en grand péril. L’une des huttes était en feu. Les animaux étaient sortis de leur enclos et ils couraient en tous sens en poussant des cris terrifiés et plaintifs. Harruel entendit des hurlements et des pleurs d’enfants. Il distingua à la lisière du camp un groupe de hjjk, au nombre d’une quinzaine, d’une vingtaine, peut-être de deux douzaines, portant des armes trop courtes pour être des épées et trop longues pour des poignards. Chacun des hjjk à la haute silhouette anguleuse avait au moins deux armes, parfois trois ou quatre, avec lesquelles il faisait de terrifiants moulinets. Ils dansaient en rond en poussant de petits cris chuintants. Harruel vit le corps d’un enfant mort formant par terre un petit tas pitoyable, des animaux couverts de plaies et les possessions de la tribu disséminées un peu partout.

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