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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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Le temps que l’aristocrate ait accompli le trajet, la Grâce Verte avait fini son repas. « N’en déplaise à Votre Magnificence, je vais prendre congé. Le noble Hizdahr et vous avez bien des sujets à discuter, je n’en doute pas. » La vieille femme tapota pour essuyer une trace de miel sur ses lèvres, baisa Qezza et Grazhar sur le front en adieu, et ajusta son étamine de soie devant son visage. « Je rentre au Temple des Grâces prier pour que les dieux indiquent à ma reine la voie de la sagesse. »

Après qu’elle fut partie, Daenerys laissa Qezza remplir à nouveau sa coupe, congédia les enfants et ordonna qu’on admette Hizdahr zo Loraq en sa présence. Et s’il ose dire un mot sur ses précieuses arènes, je vais peut-être le faire jeter de la terrasse.

Hizdahr portait une simple robe verte sous un gilet matelassé. Il s’inclina bas en entrant, le visage solennel. « Vous n’avez pas un sourire pour moi ? lui demanda Daenerys. Suis-je si terrible que cela ?

— J’incline toujours à la solennité en présence de tant de beauté. »

C’était un bon début. « Buvez avec moi. » Daenerys lui remplit sa coupe elle-même. « Vous savez la raison de votre présence ici. La Grâce Verte semble convaincue que, si je vous prends pour époux, tous mes malheurs s’évanouiront.

— Jamais je ne formulerais de si audacieuses prétentions. Les hommes sont nés pour lutter et souffrir. Nos épreuves ne disparaissent qu’à notre mort. Toutefois, je peux vous apporter de l’aide. J’ai de l’or, des amis et de l’influence, et le sang de l’Ancienne Ghis coule dans mes veines. Bien que je ne me sois jamais marié, j’ai deux enfants naturels, un garçon et une fille ; je puis donc vous donner des héritiers. Je puis réconcilier la cité à votre férule et mettre un terme à ces massacres nocturnes dans les rues.

— Le pouvez-vous ? » Daenerys scruta ses yeux. « Pourquoi les Fils de la Harpie déposeraient-ils leurs coutelas pour vous ? Êtes-vous l’un d’eux ?

— Non.

— Me l’avoueriez-vous, si vous en étiez ? »

Il rit. « Non.

— Le Crâne-ras a des méthodes pour découvrir la vérité.

— Je ne doute pas que Skahaz obtienne de moi une prompte confession. Une journée avec lui, et je serai un des Fils de la Harpie. Deux jours, et je serai la Harpie. Trois, et il apparaîtra que j’ai également tué votre père, dans les Royaumes du Couchant, alors que j’étais encore enfant. Alors, il m’empalera sur un épieu et vous pourrez me regarder mourir… Mais ensuite, les meurtres continueront. » Hizdahr se pencha plus avant. « Ou vous pourriez m’épouser et me laisser essayer de les arrêter.

— Mais pourquoi donc voudriez-vous m’aider ? Pour la couronne ?

— Une couronne me siérait fort, je ne le nierai pas. C’est plus que cela, cependant. Est-il si étrange que je veuille protéger mon peuple, comme vous voulez protéger vos affranchis ? Meereen ne peut supporter une autre guerre, Votre Lumière. »

La réponse était bonne, et honnête. « Je n’ai jamais voulu la guerre. J’ai défait les Yunkaïis une fois et j’ai épargné leur cité alors que j’aurais pu la mettre à sac. J’ai refusé de rejoindre le roi Cleon quand il a marché contre eux. Maintenant encore, alors qu’on assiège Astapor, je retiens ma main. Et Qarth… Je n’ai jamais fait aucun mal aux Qarthiens…

— Pas délibérément, non, mais Qarth est une cité de commerçants et ils aiment le tintement des pièces d’argent, les reflets de l’or jaune. Quand vous avez écrasé la traite des esclaves, le coup a résonné de Westeros jusqu’à Asshaï. Qarth dépend de ses esclaves. De même que Tolos, la Nouvelle-Ghis, Lys, Tyrosh, Volantis… La liste est longue, ma reine.

— Qu’ils viennent. Avec moi, ils affronteront un ennemi plus sérieux que Cleon. Je préférerais périr au combat que de rendre mes enfants à leurs fers.

— Il existe peut-être une autre voie. On peut convaincre les Yunkaïis de laisser tous vos affranchis demeurer libres, je pense, si Votre Excellence accepte que la Cité Jaune puisse dorénavant trafiquer et former des esclaves sans être attaquée. Il n’est plus besoin de faire couler le sang.

— Sinon celui des esclaves que les Yunkaïis trafiqueront et formeront », répondit Daenerys, mais elle reconnaissait la vérité de ce qu’il disait. Il se pourrait que ce soit la meilleure fin que l’on puisse espérer. « Vous n’avez pas dit que vous m’aimiez.

— Je le ferai, s’il plaît à Votre Lumière.

— Ce n’est pas la réponse d’un homme amoureux.

— L’amour ? Qu’est-ce donc ? Le désir ? Aucun homme doté de l’intégralité de son corps ne pourrait poser les yeux sur vous sans vous désirer, Daenerys. Ce n’est pas pour cela que je vous épouserais, toutefois. Avant votre arrivée, Meereen se mourait. Nos gouvernants étaient des barbons aux queues flétries, et des vieillardes dont les cons ratatinés étaient secs comme poussière. Ils trônaient au sommet de leurs pyramides, sirotant du vin d’abricot et discutant des gloires de l’ancien empire tandis que s’écoulaient les siècles et que les briques mêmes de la cité s’effritaient tout autour d’eux. La coutume et la prudence nous tenaient dans une poigne de fer, jusqu’à ce que vous veniez nous éveiller par le feu et par le sang. Une nouvelle époque est arrivée, et de nouvelles choses sont possibles. Épousez-moi. »

Il n’est pas désagréable à regarder, se dit Daenerys, et il tient un discours de roi. « Embrassez-moi », ordonna-t-elle.

Il lui reprit la main, et lui baisa les doigts.

« Pas comme ça. Embrassez-moi comme si j’étais votre épouse. »

Hizdahr la prit par les épaules aussi tendrement que si elle était un oisillon. Se penchant en avant, il appliqua ses lèvres contre celles de Daenerys. Le baiser fut léger, sec et bref. Daenerys ne ressentit aucun élan.

« Dois-je… vous embrasser encore ? demanda-t-il lorsque ce fut fini.

— Non. » Sur sa terrasse, dans son bassin, les petits poissons venaient lui chatouiller les jambes quand elle s’attardait dans le bain. Même eux embrassaient avec plus de fougue qu’Hizdahr zo Loraq. « Je ne vous aime pas. »

Hizdahr haussa les épaules. « Cela peut venir, avec le temps. La chose s’est déjà produite. »

Pas avec nous, songea-t-elle. Pas alors que Daario est si proche. C’est lui que je veux, pas toi. « Un jour, je voudrai rentrer à Westeros, pour revendiquer les Sept Couronnes qui appartenaient à mon père.

— Un jour, tous les hommes doivent mourir, mais s’appesantir sur la mort n’accomplit rien de bon. Je préfère prendre chaque jour comme il vient. »

Daenerys croisa les mains. « Les mots sont du vent, même des mots tels qu’amour et paix. Je place plus de confiance dans les actes. Dans mes Sept Couronnes, les chevaliers partent en quête pour se prouver dignes de la pucelle qu’ils aiment. Ils cherchent des épées magiques, des coffres d’or, des couronnes volées au trésor d’un dragon. »

Hizdahr arqua un sourcil. « Les seuls dragons dont j’aie connaissance sont les vôtres, et les épées magiques sont encore plus rares. Je vous apporterai volontiers bagues et couronnes, et coffres d’or, si tel est votre désir.

— Mon désir, c’est la paix. Vous dites que vous pouvez m’aider à mettre un terme aux massacres nocturnes dans mes rues. Je vous réponds : faites-le. Arrêtez cette guerre de l’ombre, messire. Voilà votre quête. Donnez-moi quatre-vingt-dix jours et quatre-vingt-dix nuits sans meurtre, et je saurai que vous êtes digne d’un trône. Pouvez-vous accomplir cela ? »

Hizdahr parut songeur. « Quatre-vingt-dix jours et quatre-vingt-dix nuits sans cadavre, et au quatre-vingt-onzième, nous nous marions ?

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