Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Elle le regarda sans comprendre, jusqu’à ce qu’il lui prenne le pichet des mains et lui soulève les jupes par-dessus la tête. Dès lors, elle comprit ce qu’on attendait d’elle, même si elle ne se révéla pas la plus active des partenaires. Tyrion était resté si longtemps sans femme qu’il se répandit en elle au troisième coup de boutoir.
Il roula sur lui-même pour se dégager, plus honteux qu’assouvi. C’était une erreur. Quel triste sire je suis devenu. « Connais-tu une femme du nom de Tysha ? » demanda-t-il, en regardant sa semence couler hors d’elle sur le lit. La catin ne répondit pas. « Est-ce que tu sais où vont les putes ? » Elle ne répondit pas davantage. Elle avait le dos zébré de crêtes de tissu cicatriciel. Cette fille est comme morte. Je viens de baiser un cadavre. Même ses yeux paraissaient morts. Elle n’a même pas la force de me haïr.
Il avait besoin de vin. De beaucoup de vin. Il empoigna le pichet à deux mains et le porta à ses lèvres. Le vin se répandit, rouge. Dans sa gorge, sur son menton. Il dégoulina de sa barbe et aspergea le lit de plume. À la clarté de la chandelle, il paraissait aussi sombre que le cru qui avait empoisonné Joffrey. Quand il eut terminé, Tyrion rejeta le pichet vide et, mi-roulant, mi-titubant, il tâtonna en quête du vase de nuit. Il n’y en avait nulle part. Son estomac se souleva et il se retrouva à genoux, en train de rendre sur le tapis, ce merveilleux tapis épais de Myr, aussi réconfortant que des mensonges.
La catin poussa des cris de détresse. C’est elle qu’ils vont blâmer de ça, comprit-il avec honte. « Tranche-moi le chef et emporte-le à Port-Réal, lui conseilla instamment Tyrion. Ma sœur te fera grande dame, et jamais plus nul ne te fouettera. » Ça non plus, elle ne le comprit pas, aussi lui écarta-t-il les cuisses, pour ramper entre elles et la prendre une nouvelle fois. Cela au moins, elle pouvait le comprendre.
Après, il ne resta rien à verser, ni du vin ni de lui, aussi roula-t-il les vêtements de la fille en boule qu’il lança vers la porte. Elle comprit la suggestion et s’enfuit, le laissant seul dans le noir, s’enfonçant plus profond dans son lit de plume. Je suis soûl comme un porc. Il n’osait pas clore les paupières, par crainte de s’endormir. Au-delà du voile du rêve l’attendaient les Chagrins. Des degrés de pierre grimpant sans fin, escarpés, glissants et traîtres et, quelque part au sommet, le Seigneur au Linceul. Je ne veux pas rencontrer le Seigneur au Linceul. Tyrion se rhabilla tant bien que mal et chercha à tâtons son chemin jusqu’à l’escalier. Griff va m’écorcher vif. Eh bien, pourquoi pas ? Si jamais un nain a mérité d’être écorché vif c’est bien moi.
À mi-hauteur de l’escalier, il perdit l’équilibre. Il ne sut comment, il réussit à amortir sa chute avec les mains et à la transformer en une roue, balourde et bruyante. Les putains dans la pièce du bas levèrent les yeux avec stupeur quand il atterrit au pied des marches. Tyrion roula pour se remettre debout et exécuta pour elles une courbette. « Je suis plus agile soûl. » Il se tourna vers le propriétaire. « Je crains bien d’avoir gâché votre tapis. La fille n’y est pour rien. Permettez-moi de payer. » Il tira une poignée de pièces et les jeta à l’homme.
« Lutin », appela une voix grave, derrière lui.
Dans le coin de la pièce, un homme était assis dans une mare d’ombre, avec une gueuse qui se tortillait sur son giron. Je n’ai jamais vu cette fille. Sinon, c’est elle que j’aurais emmenée en haut, au lieu de Taches-de-son. Elle était plus jeune que les autres, fine, jolie, avec de longs cheveux d’argent. Lysienne, supposa-t-il… Mais l’homme dont elle occupait les genoux venait des Sept Couronnes. Massif et large d’épaules, quarante ans au bas mot, probablement davantage. La moitié de son crâne était chauve, mais un chaume dru couvrait ses joues et son menton, et des poils épais lui garnissaient les bras jusqu’aux phalanges.
Tyrion n’aima guère son apparence. Et moins encore le gros ours noir sur son surcot. De la laine. Il porte de la laine, par cette chaleur. Qui d’autre qu’un chevalier serait aussi con ? « Comme c’est agréable d’entendre la Langue Commune si loin de chez soi, se força-t-il à répondre, mais je crains que vous ne m’ayez confondu avec quelqu’un d’autre. J’ai pour nom Hugor Colline. Puis-je vous offrir une coupe de vin, l’ami ?
— J’ai assez bu. » Le chevalier repoussa sa catin et se remit debout. Son baudrier était suspendu à une patère à côté de lui. Il le décrocha et dégaina sa lame. L’acier susurra contre le cuir. Les putains observaient avec avidité, la lueur des chandelles brillant dans leurs prunelles. Le propriétaire avait disparu. « Tu es à moi, Hugor. »
Tyrion n’aurait pas pu s’enfuir davantage que se battre. Soûl comme il était, il ne pouvait même pas jouer au plus fin. Il écarta les mains. « Et que voulez-vous faire de moi ?
— Te livrer à la reine. »
Daenerys
Galazza Galare arriva à la Grande Pyramide avec une escorte d’une douzaine de Grâces blanches, des enfants de noble naissance trop jeunes encore pour avoir accompli leur année de service dans les jardins de plaisir du temple. Elles composaient un joli tableau, cette fière vieille femme toute de vert vêtue, entourée de fillettes en robes et voiles blancs, caparaçonnées d’innocence.
La reine les reçut avec chaleur, puis fit venir Missandei pour veiller à ce que les fillettes soient nourries et distraites tandis qu’elle prenait son repas en privé avec la Grâce Verte.
Ses cuisiniers leur avaient préparé un banquet magnifique d’agneau au miel, embaumant la menthe pilée et servi avec les petites figues vertes dont elle était si friande. Deux des otages favoris de Daenerys servaient les plats et gardaient les coupes pleines – une petite fille aux yeux de biche nommée Qezza et un garçonnet maigrichon appelé Grazhar. Ils étaient frère et sœur, et cousins de la Grâce Verte, qui les accueillit avec des baisers quand elle fit son entrée, et leur demanda s’ils s’étaient bien tenus.
« Ils sont tous les deux très gentils, assura Daenerys. Parfois, Qezza chante pour moi. Elle a une voix charmante. Et ser Barristan enseigne à Grazhar et aux autres garçons les rudiments de la chevalerie ouestrienne.
— Ils sont de mon sang », déclara la Grâce Verte, tandis que Qezza remplissait sa coupe d’un vin rouge sombre. « J’ai plaisir à savoir qu’ils ont séduit Votre Lumière. J’espère qu’il en ira de même pour moi. » La vieille femme avait les cheveux blancs et la peau fine comme du parchemin, mais les années n’avaient pas terni ses yeux. Ses prunelles étaient du vert de ses robes ; des yeux tristes, remplis de sagesse. « Si vous voulez bien me pardonner de le dire, Votre Lumière paraît… lasse. Dormez-vous bien ? »
Daenerys eut du mal à ne pas rire. « Pas vraiment. La nuit dernière, trois galères qarthiennes ont remonté la Skahazadhan sous le couvert de l’obscurité. Les Hommes de la Mère ont décoché vers leurs voiles des volées de flèches enflammées, et jeté sur leurs ponts des pots de poix ardente, mais les galères leur ont prestement glissé entre les mains, sans subir de dégâts durables. Les Qarthiens ont l’intention de nous fermer le fleuve, comme ils ont clos la baie. Et ils ne sont plus seuls. Trois galères de la Nouvelle-Ghis les ont rejoints, ainsi qu’une caraque venue de Tolos. » Les Tolosiens avaient répliqué à sa demande d’alliance en la proclamant putain et en exigeant qu’elle restitue Meereen à ses Grands Maîtres. Mais cela était encore préférable à la réponse de Mantarys, arrivée par caravane dans un coffret de cèdre. À l’intérieur, elle avait trouvé les têtes de ses trois émissaires, embaumées. « Peut-être vos dieux peuvent-ils nous aider. Demandez-leur d’envoyer une tempête et de balayer les galères hors de la baie.