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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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Daenerys en fut horrifiée. C’est un monstre. Un séduisant monstre, mais un monstre quand même. « Me prendriez-vous pour le Roi Boucher ?

— Plutôt être le boucher que la viande. Tous les rois sont des bouchers. Les reines sont-elles différentes ?

— Celle-ci, oui. »

Daario haussa les épaules. « La plupart des reines n’ont d’autre but que de réchauffer la couche d’un roi et de lui pondre des fils. Si tel est le genre de reine que vous avez l’intention d’être, mieux vaut épouser Hizdahr. »

La colère de Daenerys fulgura. « As-tu oublié qui je suis ?

— Non. Et vous ? »

Viserys lui aurait fait trancher la tête pour cette insolence. « Je suis le sang du dragon. N’ayez pas l’impudence de me donner des leçons. » Lorsque Daenerys se leva, la peau de lion lui glissa des épaules et tomba sur le sol. « Laissez-moi. »

Daario lui adressa une ample courbette. « Je vis à vos ordres. »

Lorsqu’il fut parti, Daenerys rappela ser Barristan. « Je veux que les Corbeaux Tornade retournent à la bataille.

— Votre Grâce ? Ils viennent tout juste de rentrer…

— Je veux qu’ils partent. Qu’ils patrouillent l’arrière-pays yunkaïi et protègent toutes les caravanes qui arrivent par le col du Khyzai. Désormais, c’est à vous que Daario adressera ses rapports. Donnez-lui tous les honneurs qui lui sont dus et veillez à ce que ses hommes soient bien payés, mais sous aucun prétexte ne l’autorisez à se retrouver en ma présence.

— Comme vous le demandez, Votre Grâce. »

Cette nuit-là, elle ne put trouver le sommeil, se tourna et se retourna sans repos dans son lit. Elle alla jusqu’à faire venir Irri, en espérant que ses caresses pourraient aider à faciliter la transition vers le repos, mais au bout de peu de temps, elle repoussa la Dothrakie. Irri était charmante, douce et docile, mais ce n’était pas Daario.

Qu’ai-je fait ? se demanda-t-elle, recroquevillée sur sa couche vide. J’ai si longtemps attendu son retour, et je le renvoie. « Il me changerait en monstre, chuchota-t-elle, une reine bouchère. » Mais alors, elle songea à Drogon au loin, et aux dragons dans la fosse. Il y a du sang sur mes mains, aussi, et sur mon cœur. Nous ne sommes pas si différents, Daario et moi. Nous sommes tous les deux des monstres.

Le lord perdu

Ça n’aurait pas dû prendre aussi longtemps, se dit Griff en arpentant le pont de la Farouche Pucelle. Avaient-ils perdu Haldon comme ils avaient perdu Tyrion Lannister ? Les Volantains l’avaient-ils capturé ? J’aurais dû envoyer Canardière avec lui. On ne pouvait se fier à Haldon tout seul ; il l’avait prouvé à Selhorys, en laissant s’échapper le nain.

La Farouche Pucelle était amarrée dans une des sections les plus décaties du long front de fleuve chaotique, entre une barge qui donnait de la gîte et n’avait pas quitté le ponton depuis des années et les gais chamarrages du chaland des comédiens. Ces derniers formaient un groupe bruyant et agité, se jetant sans cesse des tirades à la tête, et plus souvent soûls que sobres.

La journée était chaude, poisseuse, comme tous les jours depuis qu’ils avaient quitté les Chagrins. Au sud, un soleil féroce martelait le front de fleuve populeux de Volon Therys, mais la chaleur était le cadet et le moindre des soucis de Griff. La Compagnie Dorée avait dressé le camp à trois milles au sud de la ville, bien au nord de l’endroit où il les aurait attendus, et Malaquo le triarque était venu au nord avec cinq mille fantassins et mille cavaliers pour leur couper la route du delta. Daenerys Targaryen restait à un monde de distance, et Tyrion Lannister… Eh bien, lui, il pouvait être à peu près n’importe où. Si les dieux étaient bons, la tête tranchée de Lannister avait désormais accompli la moitié du trajet qui la ramenait à Port-Réal, mais, plus vraisemblablement, le nain, alerte et complet, traînait dans les parages, ivre mort, à manigancer quelque nouvelle infamie.

« Au nom des sept enfers, qu’est-ce que fout Haldon ? se plaignit Griff devant dame Lemore. Combien de temps faut-il pour acheter trois chevaux ? »

Elle haussa les épaules. « Messire, ne serait-il pas plus sûr de laisser le garçon ici, à bord du bateau ?

— Plus sûr, certes. Plus sage, non. C’est désormais un homme fait, et voici la route qu’il est né pour parcourir. » Griff n’avait aucune patience pour ces arguties. Il était fatigué de se cacher, fatigué d’attendre, fatigué d’être prudent. Je n’ai pas assez de temps pour la prudence.

« Nous avons pris grand soin de tenir le prince Aegon caché toutes ces années, lui rappela Lemore. Viendra pour lui le temps de se laver les cheveux et de se déclarer, je sais, mais l’heure n’est pas arrivée. Pas face à un camp d’épées-louées.

— Si Harry Paisselande lui veut du mal, le celer à bord de la Farouche Pucelle ne le protégera pas. Paisselande a sous ses ordres dix mille épées. Nous avons Canard. Aegon est tout ce qu’on pourrait désirer chez un prince. Ils se doivent de le constater, Paisselande et tous les autres. Ce sont ses propres hommes.

— Les siens, parce qu’on les a achetés et payés. Dix mille étrangers armés, plus le train des équipages et la caravane des suiveurs. Il suffit d’un seul pour tous nous conduire à notre perte. Si la tête d’Hugor pouvait valoir les honneurs dus à un lord, combien Cersei Lannister paiera-t-elle contre l’héritier légitime du Trône de Fer ? Vous ne connaissez point ces hommes, messire. Douze ans ont passé depuis que vous avez chevauché avec la Compagnie Dorée et votre vieil ami est mort. »

Cœurnoir. Myles Tignac débordait tellement de vie la dernière fois que Griff l’avait quitté, que celui-ci avait des difficultés à admettre qu’il n’était plus. Un crâne doré accroché au bout d’une perche, et à sa place Harry Sans-Terre, Harry Paisselande. Lemore n’avait pas tort, il le savait. Quels qu’aient pu être leurs pères ou leurs grands-pères à Westeros avant leur exil, les hommes de la Compagnie Dorée étaient désormais des mercenaires, et l’on ne pouvait pas se fier à un routier. Et pourtant…

La nuit précédente, il avait de nouveau rêvé de Pierremoûtier. Seul, l’épée à la main, il courait de maison en maison, enfonçant des portes, montant en courant des escaliers, sautant de toit en toit, tandis que ses oreilles résonnaient du carillon des cloches au loin. De profonds chocs de bronze et des tintements argentins lui martelaient le crâne, une cacophonie à le rendre fou, qui enflait toujours, jusqu’à ce qu’il semblât que sa tête exploserait.

Dix-sept ans s’étaient écoulés depuis la bataille des Cloches, et pourtant tout carillon continuait à lui nouer les tripes. D’autres pouvaient affirmer que le royaume avait été perdu lorsque le prince Rhaegar était tombé sous la masse de guerre de Robert sur le Trident, mais jamais la bataille du Trident n’aurait été livrée si le griffon avait occis là le cerf, à Pierremoûtier. Les cloches ont sonné notre glas à tous, en ce jour. Celui d’Aerys et de sa reine, d’Elia de Dorne et de sa petite fille, de chaque homme loyal et femme honnête des Sept Couronnes. Et de mon prince d’argent.

« Le plan était de ne révéler le prince Aegon que lorsque nous arriverions devant la reine Daenerys, disait Lemore.

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