Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Peur sur Montmartre
Peur sur Montmartre - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Peur sur Montmartre

Электронная книга - «Peur sur Montmartre». Краткое содержание книги:

Le 18e arrondissement de Paris est le théâtre de crimes inexpliqués. La signature du tueur, comme un dessin d'enfant, laisse les enquêteurs perplexes. Quand des féticheurs s'en mêlent, la panique est à son comble.
Du monde de la rue à celui de l'édition, le passé trouble des victimes recèle bien des zones d'ombre. Et cette bande des quatre, ces honnêtes commerçants de la butte Montmartre, que dissimulent-ils derrière l'apparence d'une vie bien rangée ?
Meurtres rituels, machination, vengeance ? Les hommes de la brigade doivent se confronter à des situations inattendues.
Le jeune capitaine Escoffier devra accepter de faire face à ses propres démons pour dénouer l'enquête.
1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 71
Перейти на страницу:

Ughetti avait répondu favorablement à la requête du capitaine Escoffier en lui confiant l’affaire de la porte de Clignancourt. Le chef de groupe Pichot devait superviser l’enquête. Le commissaire principal avait bien d’autres chats à fouetter, une affaire autrement sensible était sortie la veille : une synagogue avait été incendiée en plein Paris et il fallait gérer cette enquête avec beaucoup de doigté. Les journalistes le harcelaient pour obtenir des informations sur l’origine de l’incendie, et le meurtre d’un SDF non identifié ne faisait encore partie des priorités ni du quai des Orfèvres, ni de la presse. Ughetti avait beaucoup ri quand Escoffier lui avait montré les clichés du dessin, suggérant le plus sérieusement du monde l’éventualité d’une signature. « Ne vous laissez pas subjuguer par ce genre de mystification, capitaine, avait-il balancé. Une signature, cette tête à Toto, allons, un peu de sérieux ! Vous verrez qu’il ne s’agit que d’un règlement de compte entre clochards, à peine de quoi grossir nos statistiques ! »

Une information judiciaire avait été ouverte.

Escoffier guettait le retour du procédurier de l’institut médico-légal. Dès qu’il sut qu’il était arrivé, il frappa à sa porte.

— Entre, Damien.

Arrosteguy se tenait au milieu de la pièce, un verre à la main.

— Tu veux connaître le contenu du rapport d’autopsie, pas vrai ? Tu me prends de court, je n’ai pas eu le temps de rédiger le PV.

— Je m’en doute. Je désirais seulement connaître vos premières impressions.

Le procédurier fixa son collègue.

— On dirait que cette affaire te tient à cœur ?

— En effet.

Arrosteguy contourna son bureau et prit le temps de s’asseoir confortablement. Il joua avec le liquide brun au fond de son verre.

— Je sais, lâcha-t-il sans regarder son interlocuteur.

Escoffier parut troublé.

— Que savez-vous au juste ?

Le procédurier n’y allait pas par quatre chemins pour balancer ce qu’il avait à dire.

— Tout. Je sais tout. L’affaire Laffon, ce n’est pas moi qui ai travaillé dessus il y a huit ans, mais j’ai suivi l’enquête. La première fois que tu as foulé le sol de mon bureau, petit, je savais exactement ce que tu avais dans le ventre. J’ai deviné ce qui t’amenait dans cette brigade, on n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces. Les autres n’ont pas fait le rapprochement, mais moi si. Tu trimballes de vieilles casseroles derrière toi, pas vrai ?

Escoffier accusa le coup, chancelant. Il avait l’impression qu’on venait de lui balancer un uppercut en pleine mâchoire.

— Pourquoi n’avez-vous jamais rien dit ?

— Je t’ai beaucoup observé depuis ton arrivée, tu t’en es d’ailleurs bien sorti, fiston. J’attendais une occasion valable pour ouvrir ma gueule.

— Et vous pensez tenir cette occasion aujourd’hui ?

— D’après toi ?

Damien Escoffier se sentait démasqué, mis à nu. Il était attaché à cet homme dont il respectait le parcours. Parti du bas de l’échelle, Arrosteguy avait été le larbin des inspecteurs de la crim’, au début de sa carrière. Il avait servi les cafés, répondu au téléphone, avant de se voir autorisé à la ramener. Il était aujourd’hui l’un des meilleurs procéduriers de ce corps d’élite et briguait le poste de commandant. Les lenteurs de sa carrière n’avaient pas altéré ses qualités humaines, ni son goût pour le travail bien fait. Après toutes ces années, il demeurait sensible aux affres de la condition humaine, ce que reflétaient ses innombrables rapports de synthèse. Contrairement à certains de ses collègues, il ne s’était jamais « blindé », se refusait à faire semblant d’être revenu de toutes les horreurs contenues dans les pages des procès-verbaux qui passaient entre ses mains. Il traitait chaque dossier avec le même flegme tatillon.

— Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un SDF qu’il faut se montrer négligent, lança Escoffier, déstabilisé.

Le procédurier quitta lentement son siège et vint se camper devant son collègue.

— Fais gaffe à ce que tu dis, petit. Ton SDF sera traité comme les autres, ni plus ni moins.

Plus doucement, il enchaîna :

— Rien ne prouve qu’il y ait un rapport quelconque avec l’affaire Laffon. Bérangère s’est confiée à moi, tu as démarré sur les chapeaux de roue, comme d’habitude. Ughetti est prudent, mais c’est son rôle. Tu t’emballes toujours trop vite, c’est ton défaut. Tu possèdes un flair remarquable et tu fais du bon boulot, pourtant l’esprit de vengeance n’a jamais fait un bon flic selon moi.

— Ce n’est pas la vengeance qui m’anime, vous vous méprenez.

— Ce que je vais te dire va te paraître un peu dur à entendre, mais c’est pour ton bien. Tu veux libérer ta conscience en traquant le mal. Tu es fasciné par ce meurtre parce qu’il te replace huit années en arrière et, au fond, tu te plais à ressasser. Il aura suffi d’un dessin pour relancer la machine. La bile, ça tue de l’intérieur, aussi sûrement qu’une arme, mais ça tue lentement : il est temps pour toi de passer à autre chose. Le mal existait avant nous et il continuera encore longtemps après nous, mets-toi bien ça dans le crâne.

Escoffier eut un sourire triste. Il ne se sentait pas la force d’argumenter. Ughetti et le procédurier avaient vu juste, il avait démarré au quart de tour. Après tout, ce dessin ne prouvait rien. Il resta sans bouger quelques minutes, la tête vide. Son regard balaya la pièce. Il en aimait l’atmosphère imprégnée d’une odeur de vanille, celle du tabac que fumait son locataire. Arrosteguy ne se séparait jamais de sa pipe, les plus jeunes le surnommaient « Maigret », avec une pointe d’ironie affectueuse. Des meubles anglais, sortis du dépôt, décoraient son bureau. L’homme disait qu’il avait besoin de ce confort pour donner le meilleur de lui-même à la rédaction de ces procès-verbaux qui ne lui inspiraient que dégoût et ennui.

— Je vais essayer de suivre vos conseils, dit Escoffier pour en finir.

— N’en parlons plus, fiston. Je te fais signe dès que j’ai du nouveau.

Arrosteguy sauta du coq à l’âne comme si rien d’important ne venait d’être dit, demandant sur un ton enjoué :

— J’espère que tu seras des nôtres à ma popote, ce soir ?

— Bien sûr.

— Menu basque du début à la fin. Je compte sur toi, petit.

Damien apprécia que l’incident fût traité de la sorte. Il se demanda néanmoins combien de temps encore le procédurier lui donnerait du « petit » et du « fiston ». Venant de son aîné, rien ne lui paraissait offensant, ces termes lui paraissaient simplement ridicules.

9

Deux jours après Noël, Lavigne avait entrepris l’inventaire du Point-Virgule. Il comptait y passer ses prochains week-ends puisqu’il ne voyait pas de projets plus excitants se profiler à l’horizon. Il s’agitait dans tous les sens sous le regard amusé de son assistant. Sans faire de vagues, Yann avait déjà répertorié la moitié du stock en sous-sol. Il restait la seconde partie et, au rez-de-chaussée, les ouvrages anciens, les nouveautés, les dictionnaires, guides et cartes postales, un travail dont le libraire ne détestait pas s’acquitter mais qui le rendait encore plus ronchon que d’habitude, car l’importance du stock le tourmentait. Il trouvait des arrangements avec le brocanteur et le bouquiniste pour en écouler une partie, mais cela ne représentait qu’un maigre pourcentage des ventes.

Victor Lebrognec avait effectué une entrée fracassante dans le sous-sol de la librairie, sous l’œil critique de Lavigne qui détestait que l’on fasse du bruit dans son antre.

1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 71
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)