Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]
Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]

Электронная книга - «Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]». Краткое содержание книги:

Vainqueur de la guerre des Sorciers, Prestimion, qui a manqué d’y perdre la vie, a payé chèrement le titre de Coronal. La fine fleur de Majipoor a été décimée, le monde ravagé, et la belle Thismet, la grande passion de Prestimion, est morte dans les combats.
Prestimion a décidé de rendre la paix à la planète géante et d’effacer de toutes les mémoires, avec l’aide de deux mages, le souvenir du conflit atroce et de tous ceux qui ont péri. Seuls deux de ses compagnons d’armes et lui-même en garderont la trace indélébile dans leurs souvenirs.
Mais comment Prestimion pourrait-il exulter de joie durant la cérémonie de son couronnement alors que ce secret lui pèse ? Et comment pourrait-il prendre femme comme le doit un Coronal alors qu’il demeure obsédé par l’image de Thismet ?
Pire, le charme d’oubli a creusé dans les esprits un vide insidieux que vient souvent remplir la folie. La sédition gronde. La violence menace à nouveau de ravager Majipoor.
Prestimion saura-t-il guérir les peuples dont il a la charge, et se sauver lui-même en retrouvant l’amour ?
1 ... 102 103 104 105 106 107 108 109 110 ... 136
Перейти на страницу:

— Je sais. J’ai pu le constater dans chacune des cités où je suis passé au cours de mes voyages. Le chaos, la douleur. Le père de Varaile est atteint lui aussi…

— Mais l’as-tu vraiment vu, Prestimion ? L’as-tu vu comme je l’ai vu. Viens avec moi.

7

Elle sortit en lui faisant signe de la suivre.

Prestimion hésita, lança un regard interrogateur en direction de Varaile, ne sachant si elle devait se joindre à eux ; il se décida, lui fit signe de les accompagner. La Dame Therissa pourrait toujours la renvoyer si Varaile ne devait pas voir ce qu’elle voulait montrer à Prestimion.

La Dame était déjà loin ; elle avait dépassé les deux premiers rayons qui divergeaient à partir du centre du Temple Intérieur. Prestimion vit en passant des acolytes et quelques hiérarques assises à de longues tables, la tête penchée dans une attitude de méditation. Elles avaient les yeux fermés. Toutes portaient autour du front un cercle d’argent ressemblant à celui de la Dame. Les mystères de l’île, se dit Prestimion : elles projettent leur esprit sur toute la surface de la planète, à la recherche de ceux qui souffrent, pour leur apporter des rêves apaisants. Était-ce la sorcellerie ou la science qui permettait à leur esprit de parcourir le monde de la sorte ? Il y avait une différence entre les deux, il en était conscient, même si la manière dont la Dame et son entourage accomplissaient leur tâche lui paraissait empreinte de la même magie que les sortilèges et les incantations des mages.

La Dame était entrée dans une petite pièce éclairée par la lumière naturelle s’engouffrant dans les jours sculptés dans le plafond de marbre, qui semblait être son cabinet de travail. Elle était meublée d’un bureau fait d’une dalle polie de pierre mouchetée de couleurs vives, d’un divan et d’une paire de tables basses. Trois vases d’albâtre alignés contre le mur du fond contenaient de ravissants bouquets de fleurs coupées écarlates, pourpres, jaunes et bleu pervenche.

Le fait que Varaile les eût accompagnés ne semblait pas la déranger. Mais toute son attention était tournée vers Prestimion. Elle s’avança vers son bureau, prit dans un coffret marqueté aux lignes élégantes un fin cercle d’argent semblable à celui qu’elle portait et le lui tendit.

— Mets cela sur ton front, Prestimion.

Il obéit sans discuter. Il sentit à peine le poids du métal, tellement le cercle était fin.

Elle posa deux petites fioles de vin sur une table, poussa l’une d’elles vers Prestimion.

— Voilà, fit-elle. Ce n’est pas un produit de notre vignoble, mais tu reconnaîtras peut-être le goût. Bois-le d’un trait.

Il lui lança un regard perplexe, la vit ouvrir sa fiole et la vider d’un seul coup ; au bout d’un moment, il l’imita. C’était un vin fort, âcre et épais, avec un arrière-goût d’épices. Il lui rappelait quelque chose, mais il ne savait plus quoi. Puis la mémoire lui revint : c’était le vin utilisé par les interprètes des rêves pour leurs consultations, pour permettre à l’esprit de ceux qui venaient leur demander de l’aide de s’ouvrir à eux. Il contenait une drogue qui faisait tomber les barrières entre les deux esprits. Cela faisait des années qu’il n’avait pas eu recours à une interprétation – il préférait analyser ses rêves plutôt que demander à un étranger de lui en révéler le sens caché – mais il était sûr qu’il s’agissait du même vin.

— Tu sais ce que c’est ? demanda la Dame.

— Le vin de l’interprétation, oui. Nous nous allongeons ?

— Ce n’est pas une interprétation, Prestimion. Tu resteras éveillé et tu verras ce que tu n’as jamais vu. Des choses effrayantes, je le crains. Donne-moi tes mains.

Il les lui tendit.

— Il faut normalement plusieurs mois d’entraînement avant d’être autorisé à faire ce que tu vas faire. Le pouvoir de la vision est tout simplement trop fort ; il peut détruire en quelques instants un esprit non préparé. Mais tu ne voyageras pas seul ; tu ne feras que m’accompagner dans mon voyage, celui que j’accomplis chaque jour à travers le monde. Tu verras par mes yeux ce que je vois au cours de ces voyages. Et je te protégerai des effets dévastateurs des visions.

Elle prit délicatement les deux mains de Prestimion, puis elle enlaça les doigts entre les siens et serra brusquement avec une force surprenante.

Il eut l’impression de recevoir un coup de marteau en plein front.

Il ne pouvait plus accommoder ; tout était brouillé devant ses yeux. Il recula en titubant, crut qu’il allait tomber, mais la Dame le retint, apparemment sans effort. Tout tournait et s’agitait autour de lui : Varaile, sa mère, le bureau, les vases de fleurs, tout se balançait et tourbillonnait à toute vitesse autour de sa tête. Son cerveau tournoyait comme s’il avait descendu cinq flacons de vin en une demi-heure.

Puis le calme revint, un moment béni d’équilibre, de stabilité. Il sentit qu’il prenait son essor comme un spectre, se glissait agilement par une des ouvertures du plafond ajouré et s’élevait dans le ciel tel un ballon libéré de ses attaches. Cela lui rappelait la vision qu’il avait eue à Triggoin, la cité des sorciers, sous l’empire des drogues, quand, par la consommation d’herbes magiques et l’évocation de Noms puissants, il s’était élevé au-delà du royaume des nuages et avait contemplé Majipoor depuis les confins de l’espace.

Mais les effets, cette fois, étaient tout autres.

Dans sa vision de Triggoin, il avait contemplé le monde de très haut avec l’impartialité d’un dieu. Il avait vu la planète géante ramenée aux dimensions d’un ballon d’enfant tournant lentement dans le ciel, un modèle réduit du monde avec ses trois continents allongés, pas plus gros que les ongles de ses doigts, ressortant sur l’immensité émeraude des océans. Il avait lentement tendu la main pour prendre cette petite balle au creux de sa paume ; délicatement, avec curiosité, il l’avait touchée du bout du doigt, l’avait examinée avec fascination, avec amour, mais en la considérant toujours de l’extérieur, à une grande distance de la vie de ses habitants.

Cette fois, il en allait autrement : il se trouvait en même temps au-dessus de la planète et très étroitement mêlé à la réalité de ce qui était sous lui. Il la regardait de haut et était intimement lié à l’énergie bouillonnante, turbulente, de ses milliards d’habitants.

Il sentit qu’il s’élevait à une vitesse infinie dans une haute région de l’atmosphère, mais, au-dessous de lui, la myriade de cités, de villes et de bourgades de Majipoor brillaient comme des phares dans l’obscurité, parfaitement distinctes, faciles à identifier. Il y avait le Mont gigantesque, avec ses Cinquante Cités et ses Six Rivières, il y avait le Château accroché à la cime de l’énorme masse rocheuse et recouvrant les pentes sommitales, et là, se détachant avec une merveilleuse netteté, il y avait Sisivondal, Sefarad et Sippulgar, Sintalmond, Kajith Kabulon, Pendiwane, Stoien, Alaisor et toutes les autres ; il y avait les cités de Zimroel, aussi nettes, Ni-moya et Piliplok, Narabal, Dulorn, Khyntor et leurs nombreuses voisines ; il y avait l’île juste au-dessous de lui et Suvrael qui apparaissait au sud avec des cités qu’il n’avait jamais vues, même en rêve, Tolaghai, Natu Gorvinu et Kheskh. Il les reconnaissait toutes au premier coup d’œil, intuitivement, comme si elles portaient des étiquettes.

Mais il avait en même temps l’impression de se déplacer juste au-dessus des toits de toutes ces agglomérations, si près qu’il aurait pu effleurer l’âme de leurs habitants comme il avait caressé la petite balle blanche de la planète dans la vision de Triggoin.

1 ... 102 103 104 105 106 107 108 109 110 ... 136
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)