Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]
- Автор: Хемри Джон
- Серия: La flotte perdue: Étoiles perdues #2
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: L'Atalante
- ISBN: 978-2-84172-679-0
- Переводчик: Frank Reichert
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]». Краткое содержание книги:
De haute lutte, Midway a conquis son indépendance et s’est soustrait à la dictature syndic. Mais à quoi bon si c’est pour retomber sous sa férule faute d’une flotte spatiale digne de ce nom ? Ou pour succomber à une nouvelle agression des Énigmas ? Car voici que surgissent aux confins du système stellaire les vaisseaux du CECH Boyens, le vieil adversaire, ainsi que ceux des extraterrestres belliqueux. Et, même si Black Jack Geary, retour d’expédition dans l’espace inexploré, a plus d’un tour dans son sac pour venir à bout de ces menaces-là, il reste l’ennemi dans l’ombre, l’ennemi infiltré, celui qui vous sourit en face et vous poignarde dans le dos.
Des siècles de conditionnement dictatorial ne s’effacent pas d’un trait. La présidente Gwen Iceni et le général Drakon vont pourtant devoir apprendre à se faire confiance alors que le danger rôde autour d’eux.
— À vos ordres, kommodore, répondit l’homme avant d’ajouter une question quelques secondes plus tard : Le docteur aimerait savoir ce que vous entendez par une bonne réserve ?
— Suffisamment pour me tenir éveillée et opérationnelle pendant quarante et une heures.
— Kommodore, le médecin de bord affirme que…
— Je sais ce que dit le règlement ! Apportez ces fichus patchs sur la passerelle !
— Oui, kommodore », concéda le technicien avec lassitude.
Bradamont posa un genou à terre près du fauteuil de Marphissa et demanda dans un murmure : « Que dit donc le règlement ?
— Que l’usage de ces patchs pendant toute période supérieure à trente-six heures doit être soumis à l’approbation du commandant en chef. Moi en l’occurrence.
— Vous ne risquez rien ? Je peux vous remplacer un moment si vous avez besoin de vous reposer. »
Marphissa secoua la tête sans quitter son écran des yeux. « Vous l’avez dit vous-même, Honore, et vous aviez raison. Maintenant qu’ils savent qui vous êtes, ils ne se laisseront plus commander par vous. C’est mon job.
— Alors assurez-vous qu’il y aura assez de ces patchs pour nous deux.
— Nous trois », corrigea Diaz.
Marphissa envisagea un instant de leur ordonner à l’une ou à l’autre, voire à tous les deux, d’aller se reposer, mais elle s’en abstint. S’ils ne le peuvent pas, moi non plus. De sorte qu’on fera ça à trois. « Veillez à ce que tous les techniciens de la passerelle se relèvent à tour de rôle pour s’accorder un peu de répit, commanda-t-elle à Diaz.
— Alors, nous allons devoir modifier les horaires de veille et de repos, déclara le kapitan. Huit heures de présence puis huit heures de relâche, ce qui déstabilisera les tours de garde. Nous n’avons pas assez de techniciens à bord pour maintenir le vaisseau en état d’alerte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sauf en procédant ainsi. »
Fichu Syndicat, qui faisait des économies sur les effectifs. Ne vous bilez pas, répondrait-on. Si quelque chose se casse, ce sera réparé la prochaine fois que vous passerez au radoub. Rassurant, n’est-ce pas, quand on doit livrer bataille ! « Je comprends. Je suis passée par là. Nous devons rester au maximum de nos capacités combatives durant les prochaines quarante et une heures, car vous pouvez être sûr que la flottille syndic ne nous laissera aucun répit.
— Message entrant du colonel Rogero », annonça le technicien des trans.
Tout message constituait une distraction superflue, mais elle ne pouvait guère envoyer paître Rogero. « Oui, colonel ? »
Il se trouvait sur la passerelle de son propre cargo, revêtu de sa cuirasse. « Je tenais à vous faire savoir, kommodore, que vous n’aviez à redouter aucune insubordination de la part des cargos. J’ai posté des soldats à moi sur chaque passerelle. Un au moins par bâtiment tant que nous serons encore à Indras, afin de veiller à ce que vos ordres ne soient ni incompris ni mal interprétés. »
Marphissa n’eut aucune difficulté à lire entre les lignes. Un des patrons de cargo avait dû envisager de prendre la tangente ou vacillait encore, et l’on avait dû recourir à des soldats en armes, résolus à faire appliquer les ordres de la kommodore, pour le remettre dans le droit chemin. « Merci, colonel. Vous m’ôtez un poids. »
Rogero eut un morne sourire. « Je ne vous importunerai plus qu’en cas de nécessité absolue, kommodore. Au nom du peuple, terminé.
— Un problème ? s’enquit Diaz.
— Non, répondit-elle. Juste de quoi redonner aux patrons des cargos un peu de cœur à l’ouvrage.
— Oh ! lâcha Diaz. Ce ne sont pas des militaires, voyez-vous. Je parle des patrons et des matelots. Pas d’armes, pas de défenses, ils font des proies faciles. Ça ne doit pas être simple pour eux.
— Parce que, ce que nous faisons, ce serait simple ? »
Le ton de sa voix fit tiquer Diaz. « Non, kommodore. »
Mais elle songeait à tous les hommes et femmes de ces cargos qui, privés de moyens de défense et pour la plupart incapables de consulter un écran afin de se tenir au courant des événements, n’avaient d’autre choix que d’attendre, les bras croisés, les lances de l’enfer qui viendraient peut-être transpercer la coque des bâtiments qui les abritaient, et eux avec.
Au moins les vaisseaux de guerre étaient-ils théoriquement munis d’assez de capsules de survie pour épargner l’équipage des unités trop endommagées pour être sauvées. Sans doute pas tout l’équipage, bien sûr, puisque le Syndicat avait méticuleusement évalué le taux moyen des dommages susceptibles de désemparer un vaisseau et celui des matelots qui trouveraient la mort après telle ou telle avarie précise, puis alloué un budget en conséquence au nombre des modules de survie nécessaires au sauvetage des probables survivants. Tout cela rigoureusement scientifique, bien sûr, y compris les calculs portant sur l’économie réalisée par ce sauvetage par rapport au coût du recrutement, du transport et de la formation des novices destinés à les remplacer.
Cela étant, l’équipage d’un vaisseau de guerre avait de meilleures chances de s’en tirer que celui d’un cargo. L’unique module de survie d’un cargo ne pouvait recueillir que son équipage et, peut-être, quelques passagers. « Vous avez raison, déclara Marphissa au kapitan Diaz. La vie ne doit pas être facile à bord de ces cargos.
— Ce n’est pas facile pour vous non plus, n’est-ce pas ?
— Non, admit Marphissa. Il y a sans doute un certain confort à pouvoir se reposer sur quelqu’un qui dispose d’une autorité supérieure et peut prendre des décisions à votre place. Après avoir été déçue, durant toute ma carrière dans les forces mobiles, par des supérieurs qui tenaient mal ce rôle, j’ai maintenant le loisir de prendre moi-même les décisions et de commettre des erreurs. Une minute ! »
Tous les vaisseaux syndics venaient de virer de bord simultanément pour adopter des trajectoires les ramenant vers les cargos. Marphissa observa la situation en se concentrant au mieux pour tenter de repérer une position où les attaquants déjouaient les manœuvres d’un des siens. C’est à peine si elle prit conscience de celles de Diaz, qui venait d’engager le combat avec le croiseur léger qu’elle avait désigné pour cible au Manticore ; en revanche, elle était pleinement consciente de la trajectoire du Manticore sur son écran et à l’affût de tout signe témoignant que Diaz risquait de le laisser passer. Elle prenait note de toutes les manœuvres de son bâtiment en espérant que rien ne leur échapperait, aux commandants de ses autres vaisseaux ni à elle-même.
L’un après l’autre, confrontés à une puissance de feu supérieure à la leur, les syndics interrompaient leur passe de tir. Ils regagnaient leur position initiale pour se maintenir en vol stationnaire devant la flottille de Midway ou de part et d’autre de celle-ci, et rôdaillaient inlassablement, tels des loups guettant une ouverture pour fondre sur un mouton surveillé par de vigilants chiens de garde.
Pendant plusieurs heures, ils s’y risquèrent ainsi à de multiples reprises et à intervalles irréguliers, parfois tous ensemble, parfois à l’occasion de ruées échelonnées, mais le plus souvent en dépêchant un ou deux vaisseaux qui venaient éprouver la résistance des défenseurs. « Le sous-CECH Ki s’efforce de vous épuiser, fit remarquer Bradamont. Il espère que sous la pression un de vos commandants ou vous-même finirez tôt ou tard par vous fatiguer suffisamment pour commettre une erreur fatale.