La grande mascarade parisienne
- Автор: Robida Albert
- Язык: французский
- Жанр: Европейская старинная литература
Электронная книга - «La grande mascarade parisienne». Краткое содержание книги:
— Un instant, dit Tulipia à Cabassol, vous souvenez-vous de notre excur BioD au Vésuve et de la souscription au profit des indigents de la Calabre?
— Si je m'en souviens! ô Tulipia! vous portiez en descendant un costume de pêcheur napolitain, qui m'a révélé des lignes et des contours qui sont restés gravés dans mon cœur...
— Eh bien, vous vous souvenez que pour obvier à la légèreté, de ce cos-iime napolitain, mon prince avait volé à nos voleurs un ulster volé la veillo-à d'autres voyageurs?
— Je m'en souviens!
— Eh bien, cet ulster était probablement celui de ce monsieur, Car j'ai trouvé dans une poche un petit écrit ainsi conçu : je soussigné, etc., à première réquisition, je m'engage à épouser miss Lucrezia, etc.
— Aïe! fit Palamède avec une forte grimace.
— Et. ce billet, demanda Cabassol, qu'en avez-vous fait?
— Le voici! dit Tulipia en tirant de sa poche un papier qu'elle alluma à la bougie.
— Allons dit Palamède avec le plus grand flegme, négociations inutiles, je vois que miss Lucrezia va encore me rester cette fois-ci... By godl que va penser de moi la grande agence de mariages transatlantiques! depuis dix ans que je voyage pour elle, c'est la première fois que j'opère si difficilement le placement de nos clientes... Je suis déshonoré!
— Je regrette infiniment, cher monsieur Palamède, de vous causer cette petite déconvenue, mais tranquillisez-vous, je ne doute pas que vous ne trouviez bientôt à placer M lle Lucrezia avantageusement!
— Affaire manquée! je suis deshonoré, vous dis-je! et ce ne serait rien si je ne perdais pas ma prime... du moment où je n'ai pas opéré le place-ment de miss Lucrezia dans le temps voulu, l'agence paye une indemnité et naturellement, je ne touche aucune prime... Une idée!... Si j'épousais moi même? je sauverais la prime C'est cela, j'épouse miss Lucrezia! ail fight.
— Allrightl fit Cabassol, el tous mes compliments I Hurrah!
— Bonsoir et -ans rancune! dit Palamède, je vais avertir tout de suite mis= Luerezia, von- -ave/., -i vous changiez d'avis d'ici demain, nous habitons aussi cet hôtel, au même étage n° 31...
— Présentez tous mes compliments à miss Lucrezia et agréez tous les souhaits que je forme pour votre bonheur à tous deux!
Pâlamède salua et sortit.
— Je me sauve aussi, dit Tulipia, enchantée de vous avoir rendu ce petit service... je compte sur votre discrétion!
Le prince ne s'était pas même aperçu du départ de Tulipia. — Tout entier à sa lutte contre les soupçons jaloux, le jeune et séduisant Michel de Bosnie entamait sa troisième bouteille de Champagne, en tête à tête avec Blikèndorf.
Et la pauvre Lucrezia qui gémit en attendant que vous fassiez honneur à votre signature !
Le bon précepteur aidait son élève dans sa lutte, il lui prodiguait les consolations de la pure philosophie et altéré par ses discours, terminait, lui, sa troisième bouteille.
— Eh bien, mon petitMich, dit Tulipia, ètes-vous encore jaloux, méchant?
— Non, ô Tulipia, j'avais tort, vous êtes délicieuse ! je ne suis plus jaloux de ce M. de la Fricottière qui a osé aspirer à votre main...
— Soyez tranquille, je le rembarrerais solidement s'il se permettait de se représenter sous mes yeux...
— C'est bien, je lui pardonne, oublions-le!... Voyons, Tulipia, laites venir votre maîtresse d'étiquette pour que je l'interroge sur vos progrès?
L'ancienne dame d'honneur de la grande duchesse de Klakfeld exécuta en entrant dans Le grand salon la plus ooble révérence sans s'offusquer des bou-teilles de Champagne Rangées en bataille sur un guéridon.
— Madame la baronne, dit Le prince, je vous ai priée de venir pour vous demander si vous êtes satisfaite des progrès de madame?
— Très satisfaite! répondit la dame d'honneur, madame avait des dispositions évidentes que mes leçons ont bien vite développées... madame était née pour faire l'ornement des cours... elle avait l'intuition!
— Très bien !... Et les quatorze manières de faire les révérences de petite cérémonie?
— Madame les a répétées ce matin encore, elle tient les révérences de petite cérémonie.
— Et les dix-huit révérences de grande cérémonie? les révérences de gala?
— Elles vont admirablement... Il n'y a qu'une seule chose que je me permettrai de reprocher à madame... une chose capitale!
— Quoi donc?
— Madame a conservé, dans la conversation, certains tours, certaines expressions dont le purisme de la cour s'effaroucherait peut-être, madame dit souvent flûte ou même zut !
— En effet, dit le prince, mais c'est moins important que vous ne pensez, le parti rétrograde de la vieille cour s'en offusquerait peut-être, mais la jeune cour admettra parfaitement ces interjections...
— Et puis, en Bosnie, fit Tulipia, ils ne comprendront pas exactement, vous pourrez dire que ça signifie : Juste ciel!
— Très bien! s'écria le prince, madame la baronne, continuez vos leçons, dans huit jours nous partons pour la Bosnie, il est temps que j'essaye de fléchir mon auguste père...
— Et en passant par Paris, dit Blikcndorf, nous traiterons d un léger emprunt — grâce à mon habileté, j'ai obtenu de bonnes conditions... dix-huit pour cent et des renouvellements possibles!...
— Ne nous laissons pas abattre par les coups de l'adversité! disait pendant ce temps Gabassol, allons à Paris, et liquidons!... j'ai hâte de réparer nos torts envers M m " Badinard si cruellement outragée!
LA GRANDE MASCARADE PARISIENNE
UN PROCES
HORRIBLEMENT SCANDALEUX
665-82 — IMPRIMERIE D. EARD1N ET C e , A SAINT-GERMAIN.
LA GRANDE MASCARADE PARISIENNE
UN PEOOB8 HORRIBLEMENT SCANDALEUX
TEXTE ET DESSINS
A. ROBIDA
PARIS
LIBRAIRIE ILLUSTRÉE ! LIBRAIRIE M. DREYFOUS
7, RUE DU CROISSANT.
LA GRANDE MASCARADE F^RISIENNF
Grand émoi au Palais de justice.
QUATRIÈME PARTIE
UN PROCÈS HORRIBLEMENT SCANDALEUX
Affaire Badinard contre Cabassol. — Où l'on fait connaissance avec M" Mitaine, avoué de M mt Badinard.
Le train du lundi soir ramenant de Dieppe à Paris deux ou trois cents maris enchantés de leur excursion dominicale à la plage embellie par mesdames leurs épouses, contenait dans les flancs d'un de ses compartiments de première portant l'étiquette caisse louée, deux hommes littéralement accablés sous le poids des chagrins les plus amers. Liv. 61.
«82 LA GRANDE MASCARADE PARISIENNE
Enfoncés chacun dans un des coins du susdit compartiment — qu'ils avaient retenu pour cacher leur douleur à tous les yeux — ils regardaient d'un œil morne et fixe les valises et les parapluies déposés dans le filet, comme pour prendre ces objets insensibles à témoin de l'effroyable férocité du sort à l'égard de leurs propriétaires.
Tandis que tous les maris, dans le train,' paraissaient se réjouir, les uns pour le jour passé près de leur femme, et les autres pour les six journées de la semaine à passer encore loin d'elle, les deux voyageurs du compartiment retenu songeaient, en proie aux plus noires préoccupations.
Ces deux voyageurs, on les a reconnus sans doute, étaient notre héros Antony Cabassol et M e Taparel, à la fois son ami, son notaire et son complice.
La découverte de la véritable propriétaire de l'album aux soixante-dix-sept photographies les avait atterrés! Sans une minute de retard ils avaient quitté la ville, où cette révélation les avait foudroyés, pour revenir en toute hâte aviser à Paris à la conduite à tenir.