Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]
Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]

Электронная книга - «Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]». Краткое содержание книги:

Vainqueur de la guerre des Sorciers, Prestimion, qui a manqué d’y perdre la vie, a payé chèrement le titre de Coronal. La fine fleur de Majipoor a été décimée, le monde ravagé, et la belle Thismet, la grande passion de Prestimion, est morte dans les combats.
Prestimion a décidé de rendre la paix à la planète géante et d’effacer de toutes les mémoires, avec l’aide de deux mages, le souvenir du conflit atroce et de tous ceux qui ont péri. Seuls deux de ses compagnons d’armes et lui-même en garderont la trace indélébile dans leurs souvenirs.
Mais comment Prestimion pourrait-il exulter de joie durant la cérémonie de son couronnement alors que ce secret lui pèse ? Et comment pourrait-il prendre femme comme le doit un Coronal alors qu’il demeure obsédé par l’image de Thismet ?
Pire, le charme d’oubli a creusé dans les esprits un vide insidieux que vient souvent remplir la folie. La sédition gronde. La violence menace à nouveau de ravager Majipoor.
Prestimion saura-t-il guérir les peuples dont il a la charge, et se sauver lui-même en retrouvant l’amour ?
1 ... 87 88 89 90 91 92 93 94 95 ... 136
Перейти на страницу:

Le Procurateur aurait dû être de retour à Ni-moya, mais son palais demeurait vide. Il ne s’était pas non plus montré ni dans le sud ni dans l’ouest d’Alhanroel. C’était profondément inquiétant. Dantirya Sambail réapparaîtrait quand on ne l’attendrait plus, Prestimion le savait, et ce serait pour lui causer le maximum d’ennuis. Mais, encore une fois, il ne pouvait qu’attendre, accomplir ses tâches quotidiennes et attendre. Attendre.

— Regardez, monseigneur, dit en entrant dans son bureau Maundigand-Klimd qui avait demandé une audience.

Le mage Su-Suheris portait un sac de toile plein à craquer, comme s’il apportait du marché deux kilos de calimbots bien mûrs.

C’était un Terdi matin, le jour où Prestimion avait coutume de se rendre dans la salle d’exercices pour un petit duel au bâton avec Septach Melayn. La partie n’était pas égale, car le Haut Conseiller avait une allonge supérieure d’une vingtaine de centimètres et une maîtrise sans pareille de toutes les armes blanches. Mais il était essentiel pour les deux hommes, attelés au travail la plus grande partie de la journée, de veiller à garder leur corps en bon état. Ils s’affrontaient donc au bâton le Terdi et se rendaient le surlendemain sur le pas de tir à l’arc où Prestimion prenait sa revanche.

— Qu’avez-vous là-dedans ? demanda Prestimion d’un ton sec ? Était-il indispensable de me le montrer maintenant ? J’ai rendez-vous avec le Haut Conseiller.

— Cela ne prendra qu’une ou deux minutes, monseigneur.

Maundigand-Klimd retourna le sac et fit tomber sur le bureau de Prestimion une trentaine de petits objets ressemblant à des têtes minuscules.

Après un premier regard stupéfait, il constata qu’il s’agissait de têtes en céramique, modelées avec un réalisme étonnant, présentant des visages aux grimaces terrifiantes – bouches démesurément ouvertes, yeux écarquillés, narines dilatées – et une ligne sanglante à la base du cou. D’habiles représentations de personnes mortes dans les plus atroces douleurs.

— Très joli, fit Prestimion d’un ton lugubre. Je n’ai jamais rien vu de tel. Est-ce la dernière mode en matière de bijoux chez les dames de la cour, Maundigand-Klimd ?

— Je les ai achetées hier soir au marché des sorciers de Bombifale. Ce sont des amulettes, monseigneur, destinées à protéger celui qui les porte contre la folie.

— Le marché des sorciers, s’il m’en souvient bien, n’est ouvert que le Merdi et pas toutes les semaines. Hier, nous étions Secondi.

— Le marché des sorciers de Bombifale est maintenant ouvert tous les jours de la semaine, répliqua doucement le Su-Suheris. Ces objets se vendent sur tous les étals, à cinq couronnes pièce. Ils sont produits en grande quantité, mais extrêmement bien réalisés.

— Je vois, fit Prestimion en poussant une tête du bout d’un doigt.

Les macabres figurines étaient d’un réalisme affreux malgré leur petite taille. Il y avait des hommes et des femmes, quelques Ghayrogs, deux Hjorts et même un Su-Suheris à une seule tête qui fit courir le long de la colonne vertébrale de Prestimion un violent frisson de répugnance. De petites attaches métalliques étaient fixées sur l’arrière.

— Magie contre magie, c’est cela ? On les porte pour se protéger du sortilège qui provoque l’épidémie de folie.

— Exactement, répondit le Su-Suheris. La figurine envoie un message indiquant que la personne qui la porte est déjà atteinte par la folie – elle hurle, les yeux exorbités, son esprit est dérangé – et qu’il n’est pas besoin à l’agent qui inflige la maladie d’agir sur elle.

— C’est efficace ?

— J’en doute, monseigneur. Mais le peuple a foi en ces figurines. Tout le monde ou presque en portait une au marché. D’autres objets sont disponibles, qui ont le même usage, de sept ou huit sortes au moins, tous garantis par le vendeur pour apporter une protection totale. La plupart sont des charmes grossiers, primitifs, dont j’ai honte pour ma profession. Seuls des sauvages pourraient porter cela. Mais la peur est maintenant très répandue… Avez-vous gardé le souvenir, monseigneur, des derniers jours de Prankipin, quand on tirait de sombres présages de la forme du moindre nuage, du vol de tous les oiseaux ? De tous les cultes bizarres qui sont apparus à ce moment-là ?

— Je m’en souviens, oui. J’ai vu les Contemplateurs de Sisivondal pendant la procession de leurs Mystères.

— Eh bien, ils ont recommencé. On ressort les masques, les idoles, tous les instruments sacrés des cultes impies. Ces petites amulettes ne sont qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Je suis sorcier de profession, monseigneur, et je ne doute pas de l’existence des puissances du monde invisible, comme vous le faites le plus souvent. Mais, pour moi, ce sont des abominations. Elles trahissent elles-mêmes un dérangement d’esprit aussi grave que celui auquel elles prétendent porter remède.

Prestimion acquiesça en silence. Il poussa quelques petites têtes, en retourna deux ou trois qui étaient dans le mauvais sens et ouvrit de grands yeux en reconnaissant son visage.

— Je me demandais combien de temps il vous faudrait pour le remarquer, monseigneur, glissa le Su-Suheris.

— Stupéfiant… absolument stupéfiant !

Prestimion saisit l’amulette et l’examina attentivement. C’était à donner le frisson. La ressemblance était saisissante : un lord Prestimion miniature, à peine plus gros que son pouce, les traits déformés par une affreuse grimace.

— J’imagine qu’il y a un Septach Melayn dans le lot, un Gialaurys et, pourquoi pas, une Varaile ? Et ce Su-Suheris est censé vous représenter, Maundigand-Klimd ? Que s’imaginent-ils donc ? Que nos têtes seront plus efficaces pour écarter le sortilège que celles de gens du commun ?

— C’est une interprétation raisonnable, monseigneur.

— Oui, peut-être.

Septach Melayn était là, en effet, fort bien rendu, jusqu’au sourire ironique – certes déformé par un hurlement de fou – et aux yeux d’un bleu étincelant. Il ne vit pas de Varaile et en fut fort heureux.

— Comme j’ai détesté toute cette crédulité ridicule, Maundigand-Klimd ! lança-t-il en repoussant les amulettes. Cette foi pathétique en la magie et les talismans, les charmes et les poudres, les exorcismes et les formules magiques, l’évocation des monstres et des démons, les rohillas, les ammatepilas, les veralistias et tout le reste ! Quelle perte de temps et d’argent, quelles désillusions ! J’ai vu lord Confalume totalement soumis à ces folies, tellement abruti par les susurrements de ses mages que lorsqu’une véritable crise a éclaté, il n’a pas été capable de réagir…

Prestimion s’interrompit. Il n’avait pas envie de parler de l’usurpation de Korsibar, même à Maundigand-Klimd.

— Je sais aussi bien que vous que certaines pratiques sont efficaces, poursuivit-il. Mais ce qui passe pour de la magie dans le peuple n’est le plus souvent qu’absurdité imbécile. J’avais espéré que la vague de superstition commencerait à refluer pendant mon règne. Mais voilà qu’une nouvelle vague de ces stupides croyances déferle sur nous, juste au moment où… Ne m’en veuillez pas, Maundigand-Klimd, reprit-il après un silence, je sais que vous y croyez. Je vous ai froissé.

— Pas le moins du monde, monseigneur. Je n’y crois, comme vous dites, pas plus que vous. Mon seul credo est l’empirisme. Certaines choses sont vraies de toute évidence, d’autres sont fausses. Ce que je pratique est la véritable magie, qui est une forme de la science. J’ai autant de mépris que vous pour l’autre sorte de magie ; voilà pourquoi j’ai apporté ces têtes.

— En pensant que je signerais une ordonnance pour en interdire la vente ? Je ne peux pas faire cela, Maundigand-Klimd. Il n’est jamais bon d’essayer de s’opposer par des lois aux croyances irrationnelles.

1 ... 87 88 89 90 91 92 93 94 95 ... 136
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)