Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]
Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]

Электронная книга - «Prestimion le Coronal [Lord Prestimion - fr]». Краткое содержание книги:

Vainqueur de la guerre des Sorciers, Prestimion, qui a manqué d’y perdre la vie, a payé chèrement le titre de Coronal. La fine fleur de Majipoor a été décimée, le monde ravagé, et la belle Thismet, la grande passion de Prestimion, est morte dans les combats.
Prestimion a décidé de rendre la paix à la planète géante et d’effacer de toutes les mémoires, avec l’aide de deux mages, le souvenir du conflit atroce et de tous ceux qui ont péri. Seuls deux de ses compagnons d’armes et lui-même en garderont la trace indélébile dans leurs souvenirs.
Mais comment Prestimion pourrait-il exulter de joie durant la cérémonie de son couronnement alors que ce secret lui pèse ? Et comment pourrait-il prendre femme comme le doit un Coronal alors qu’il demeure obsédé par l’image de Thismet ?
Pire, le charme d’oubli a creusé dans les esprits un vide insidieux que vient souvent remplir la folie. La sédition gronde. La violence menace à nouveau de ravager Majipoor.
Prestimion saura-t-il guérir les peuples dont il a la charge, et se sauver lui-même en retrouvant l’amour ?
1 ... 86 87 88 89 90 91 92 93 94 ... 136
Перейти на страницу:

Un second couloir orienté différemment donnait accès à une galerie des plaisirs soutenue par des piliers de marbre doré. Les occupants de la suite pouvaient y nager dans une piscine miroitante bordée de dalles grenat, se laisser porter par une colonne d’air chaud et s’abandonner à des stimulations sensorielles, se mettre en contact – à l’aide de connecteurs appropriés – avec les rythmes et les pulsations du cosmos. On y trouvait aussi des tapis à motifs pour la méditation transcendantale, des plaques garnies d’organismes lumineux mobiles pour l’autohypnose et une foule d’autres instruments pour le plaisir du couple royal.

De là la structure projetait deux ailes vers l’arrière de l’établissement, à différents niveaux. La première contenait une collection de peintures d’âmes rassemblées par plusieurs Coronals des deux siècles précédents, la seconde était une galerie abritant des meubles anciens et un choix de petites sculptures et de vases décoratifs. Entre ces deux salles se trouvait l’imposante salle à manger de la suite, un bloc unique, octogonal, d’agate polie, faisant saillie au-dessus de l’abîme pour le plus grand plaisir des invités du Coronal et de son épouse.

Mais le Coronal et son épouse n’avaient envie de voir personne ; ils se suffisaient à eux-mêmes. Ils auraient le temps – plus tard – de plaisanter avec Septach Melayn, d’écouter le vieux Serithorn conter des histoires de la cour du temps jadis, de recevoir la haute aristocratie du royaume. Ils avaient encore beaucoup à apprendre l’un sur l’autre et jamais ils n’auraient de meilleures conditions pour le faire. Prestimion et Varaile occupèrent le temps à passer de salle en salle, de niveau en niveau, examinant les curieux objets dont la suite regorgeait, admirant le panorama magnifique, barbotant dans la piscine, échangeant des idées, des souvenirs, des caresses. Des domestiques silencieux leur apportaient des repas quand ils n’oubliaient pas de les commander.

Le troisième jour, à regret, ils quittèrent leur retraite. Un flotteur royal attendait devant l’établissement pour les raccompagner au Château. Et des milliers de personnes de toute condition, ceux qui étaient en vacances à High Morpin et ceux dont le rôle consistait à satisfaire les besoins des premiers, massés sur le passage du flotteur, lancèrent des vivats.

— Prestimion ! Varaile ! Prestimion ! Varaile ! Vivent Prestimion et Varaile !

Puis il fallut se remettre au travail. Pour Prestimion, la myriade de détails du gouvernement ; pour Varaile la lourde tâche qui consistait à prendre en main la maison royale.

Prestimion avait largement eu le temps, ces dernières années, quand il assistait Confalume dans ses activités, de voir quelle charge de travail incombait au Coronal ; mais il n’avait pas pleinement compris la réalité de la chose. Avec Confalume, sa vigueur et son énergie, tout paraissait facile. Pour Confalume, les innombrables décisions de routine relevant de l’exercice du pouvoir n’avaient été que de simples interruptions dans le courant de sa véritable tâche qui consistait à faire étalage de la grandeur du royaume et de son monarque par un ambitieux programme de construction : fontaines, esplanades, monuments, palais, routes, parcs, ports. La somptuosité de son trône et la salle fastueuse dans laquelle il s’élevait devaient symboliser le règne de lord Confalume dans les siècles à venir. Même au bout de quatre décennies au faîte de la gloire, alors qu’il s’était retiré dans un univers de mages et d’incantations, le vieux roi parvenait encore à affecter l’enthousiasme et la vitalité. Seuls ses plus proches conseillers étaient en mesure, dans les derniers temps, de soupçonner à quel point il était las et avec quel soulagement il avait accueilli la mort du Pontife Prankipin qui allait enfin lui permettre de goûter la vie plus calme du Labyrinthe.

Prestimion était loin de manquer de vitalité, mais elle était d’une nature différente de celle de son prédécesseur. L’énergie de Confalume irradiait de lui en permanence comme d’un soleil. Prestimion, plus versatile, sujet à des tensions intérieures, procédait par à-coups, séparés par de longues périodes consacrées à accumuler de la force. C’est ainsi qu’il était venu à bout de l’insurrection de Korsibar : une longue période de patiente élaboration d’une stratégie précédant la violente contre-attaque qui avait balayé l’usurpateur.

Mais un Coronal ne pouvait régner de cette manière. Un Coronal trônait au sommet du monde – d’une manière littérale – et les besoins, les aspirations, les craintes et les difficultés des quinze milliards d’habitants de Majipoor s’élevaient jusqu’à lui, jour après jour, sur les pentes du Mont. Même en déléguant autant que faire se pouvait, la responsabilité de la décision finale lui appartenait toujours. Tout passait par lui. Le Coronal était l’incarnation de la planète, il était Majipoor, il la représentait en soi.

Quand il avait stupidement décidé de se faire Coronal, Korsibar avait-il conscience de tout cela ? S’était-il imaginé qu’être roi se résumait à une succession ininterrompue de tournois et de banquets ? C’est probablement ce qu’avait cru cet homme de peu de profondeur.

Prestimion n’aurait jamais pu se résoudre à laisser la place à Korsibar ; cela procédait autant d’une obligation envers la planète que d’un désir personnel d’être Coronal.

Ainsi, quand Korsibar lui avait offert la paix et une place au Conseil en échange d’un symbole de la constellation et d’un serment d’allégeance, Prestimion n’avait pu se décider à le faire. Korsibar l’avait jeté dans les tunnels de Sangamor en l’accusant de haute trahison et la guerre civile avait éclaté. Aujourd’hui, Korsibar était oublié et Prestimion était le Coronal de Majipoor. Il lui fallait se colleter quotidiennement avec des piles de requêtes, de résolutions, de mémorandums et de décisions du Conseil à décourager un gabroon. De quoi lui donner – presque – la nostalgie de la guerre civile, du temps de l’action, loin de cette montagne de dossiers.

Tout ce qui passait sur son bureau n’était pourtant pas paperasserie débilitante.

Il y avait pour commencer les rapports sur l’épidémie de folie. Ses victimes, inoffensives pour la plupart, erraient dans les rues de mille cités, le regard vide. Les hôpitaux étaient remplis de déments hurlants. Il y avait des accidents, des violences, des incendies, des meurtres même. Quelle pouvait en être la cause ? Prestimion redoutait de le savoir, mais il ne pouvait s’en ouvrir à quiconque. Et aucune solution ne se présentait à lui. Le chaos qui allait en s’aggravant était un sujet de profonde inquiétude, mais il ne pouvait rien y faire.

Il ne pouvait rien non plus contre le péril que représentait son lointain cousin, Dantirya Sambail, l’adversaire redoutable, l’ennemi diabolique, le Procurateur malveillant, aux réactions imprévisibles, toujours en liberté. Où était-il ? Que manigançait-il ? Des mois s’étaient écoulés sans qu’il eût donné signe de vie.

Il était facile et tentant de se dire qu’il avait péri avec Mandralisca, que son corps et celui de son âme damnée pourrissaient au fond d’un fossé, quelque part dans le Sud. Trop facile, en vérité. Prestimion se refusait à croire que le destin eût si commodément rayé Dantirya Sambail de la liste de ses problèmes, sans qu’il ait eu à faire le plus petit effort. Le réseau d’espions mis en place sur les deux continents n’avait pourtant rien signalé à ce jour.

1 ... 86 87 88 89 90 91 92 93 94 ... 136
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)