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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Des baleines de bois, ou des silhouettes de baleines taillées dans de petits morceaux noirs de ce noble bois de tek des mers du Sud se trouvent fréquemment dans les gaillards d’avant des navires baleiniers américains et certaines sont exécutées avec beaucoup de justesse.

À la porte d’entrée de quelques vieilles maisons à pignons, à la campagne, vous verrez des baleines de bronze, pendues par la queue, servir de marteaux, et lorsque le portier dort la baleine à tête d’enclume semble la plus apte à l’éveiller. Mais ces baleines heurtoirs pèchent rarement par excès de fidélité. Sur les flèches d’églises à l’ancienne mode, des baleines de tôle font office de girouettes, mais elles sont si haut perchées et si bien protégées, à toutes fins utiles, par des écriteaux «Défense de toucher!» qu’on ne peut les examiner d’assez près pour juger de leur valeur.

Dans des régions osseuses, squelettiques, de la terre, là où des groupes de rochers fantastiques s’éparpillent dans la plaine, sous les cassures de hautes falaises, vous verrez souvent des formes pétrifiées de léviathans à demi enfouies dans l’herbe qui, aux jours de vent, brise contre leurs flancs le ressac de sa houle verte.

Puis, dans les contrées montagneuses où des arènes rocheuses ceinturent presque sans cesse le voyageur, d’ici ou de là, d’un point de vue privilégié, vous apercevrez d’éphémères profils de baleines se dessinant sur les crêtes. Mais vous ne les verrez que si vous êtes un baleinier d’expérience, et qui plus est, si vous voulez retourner à ce point de vue, il faut vous assurer de l’intersection exacte de sa latitude et de sa longitude car, sur ces hauteurs, retrouver un tel endroit nécessiterait une véritable redécouverte, comme il a fallu redécouvrir les îles Salomon qui restèrent inconnues bien que Mendana, engoncé dans sa fraise, les ait parcourues et que le vieux Figueira les ait décrites.

Enfin lorsque l’enthousiasme baleinier vous emporte, vous ne manquerez pas d’en découvrir dans les cieux étoiles, poursuivies par des pirogues, comme des nations de l’Est, obsédées par la pensée de la guerre, virent dans les nuages des armées en ordre de bataille. C’est ainsi que j’ai pourchassé le léviathan dans le Nord, tournant encore et encore autour du Pôle avec les révolutions des points brillants qui l’avaient une fois délimité pour moi. Et sous les cieux rayonnants de l’Antarctique, je me suis embarqué sur le navire Argo pour livrer la chasse à la constellation de la baleine, bien au-delà de l’Hydre et du Poisson volant.

Des ancres de frégate pour mors de bride, des faisceaux de harpons pour éperons, j’aimerais pouvoir enfourcher cette baleine et bondir au-delà de la voûte céleste pour voir si les cieux fabuleux ont bien planté leurs tentes innombrables plus loin que ne peut porter mon regard humain!

CHAPITRE LVIII Krill

Faisant route au nord-ouest des Crozets, nous nous trouvâmes dans de vastes prairies de krill, la manne minuscule et jaune dont la baleine franche se nourrit à peu près exclusivement. Cette nappe ondulait autour de nous des lieues durant, de sorte que nous semblions naviguer dans des champs de blé mûr.

Le second jour, nous vîmes un grand nombre de baleines franches. À l’abri des attaques d’un chasseur de cachalots tel que le Péquod, elles nageaient paresseusement, la bouche ouverte à travers le krill qui reste pris dans les fibres des fanons tandis que l’eau est expulsée entre les interstices de sa prodigieuse jalousie.

Comme au matin les faucheurs, côte à côte, poussent lentement leur faux chantante dans la longue herbe mouillée des marécageuses prairies, ainsi les monstres avançaient en faisant un étrange bruit d’herbe qu’on coupe laissant, derrière eux, d’immenses fauchées bleues sur la mer jaune [11].

Mais seul le bruit qu’ils faisaient en essorant le krill rappelait les faucheurs; vus du haut des mâts, surtout lorsqu’ils demeuraient un moment immobiles, leurs gigantesques masses noires ressemblaient bien davantage à des rochers qu’à tout autre chose. C’est ainsi que, dans les vastes territoires de chasse de l’Inde, l’étranger traversant des plaines prendra des éléphants couchés pour des monticules de terre sombre et nue. Il en ira de même pour celui qui voit, pour la première fois, ces léviathans immobiles dans la mer. Et même lorsqu’ils les aura identifiés enfin, il aura grand-peine à croire qu’une masse aussi importante, aussi énorme, puisse être aussi pleine de vie qu’un chien ou un cheval.

À vrai dire, à d’autres égards, on peut difficilement considérer les créatures des grandes profondeurs avec les mêmes sentiments qu’on nourrit pour les animaux terrestres. Cela bien que d’anciens naturalistes aient affirmé que toute la faune de la terre ait son équivalent dans la mer. D’un point de vue général, c’est parfait, mais si l’on en vient aux détails, l’Océan nous offre-t-il jamais l’exemple d’un poisson doué de l’intelligence et de la bonté du chien? Seul le requin maudit pourrait avoir quelque analogie avec lui au point de vue générique.

Mais bien que les terriens en général aient toujours considéré les habitants des mers avec une indicible émotion faite d’antipathie et de répulsion, bien que nous sachions que la mer cache une terre éternellement inconnue et que Colomb ait navigué au-dessus d’innombrables mondes mystérieux pour découvrir celui-là seul qui émergeait à l’ouest, bien que les plus terrifiants désastres se soient abattus sans discrimination et depuis des temps immémoriaux sur des centaines de milliers de ceux qui se sont aventurés sur les eaux, bien qu’un instant de réflexion nous apprenne que l’homme, encore en enfance, se vante de son adresse et de ses connaissances qu’un avenir prometteur augmentera encore, malgré tout cela pour toujours et à jamais jusqu’au jour du jugement, la mer l’insultera, l’assassinera et pulvérisera la frégate la plus majestueuse et la plus robuste qu’il puisse construire. Et cependant, ces impressions mêmes se répétant, la terreur primordiale inhérente à la mer s’est émoussée au cœur de l’homme.

Le premier navire dont nous parle l’histoire flotta sur un Océan dont la vengeance engloutit un univers entier sans même laisser une veuve. C’est le même Océan qui roule maintenant ses flots, c’est lui qui a détruit les vaisseaux naufragés de l’année précédente. Oui, mortels inconséquents, le déluge de Noé ne s’est pas encore asséché, il couvre encore les deux tiers de la douce terre.

En quoi la mer diffère-t-elle donc de la terre pour qu’un miracle sur l’une n’en soit point un sur l’autre? Une terreur sacrée envahit les Hébreux lorsque la terre vivante s’ouvrit sous les pieds de Korah et de ses hommes, les engloutissant à jamais et pourtant le soleil pas un jour ne se lève que la mer vivante n’avale de la même manière navires et équipages.

Non seulement la mer est l’ennemie de cet homme qui lui est étranger mais encore elle est démoniaque envers ses propres enfants, plus fourbe que l’hôte persan qui assassine ses invités, n’épargnant pas ceux qu’elle a engendrés. Comme une tigresse sauvage étouffe en se retournant ses propres enfants, la mer jette aux rochers de la côte les plus puissantes baleines et les abandonne flanc à flanc avec les épaves des navires naufragés. Point de miséricorde, elle ne connaît d’autre maître que sa propre puissance. Haletant et renâclant comme un destrier affolé qui a perdu son cavalier, le libre Océan galope autour du globe.

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[11] Cet endroit de la mer, connu par les baleiniers sous le nom de Bancs du Brésil, ne s’appelle pas ainsi à la façon dont on parle des Bancs de Terre-Neuve où se trouvent des hauts fonds et des sondes, mais à cause de l’aspect remarquable de prairie dû à la quantité de krill qui flotte sur les eaux sous ces latitudes où l’on chasse souvent la baleine franche.

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