La Bataille des rois [A Clash of Kings (part 1) - fr]
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 2-85704-620-0
- Переводчик: Jean Sola
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Bataille des rois [A Clash of Kings (part 1) - fr]». Краткое содержание книги:
Grâce à son pouvoir d’évocation sans égal, George R.R. Martin nous entraîne dans un fabuleux univers de complots, de vengeances et de combats, de poison et de magie. Ses personnages ont la force des plus grandes créations romanesques : une fois le livre refermé, quel lecteur pourra oublier Sansa, la princesse sentimentale qui se découvre le jouet d’intrigues machiavéliques, Arya, sa sœur casse-cou qui se déguise en garçon pour échapper à la mort, ou leur frère Bran, l’étrange infirme à demi loup-garou ?
Audacieux, imaginé avec un luxe inouï de détails, nourri par une invention débridée, La Bataille des Rois est un roman éblouissant. Il a la puissance des contes anciens qui hantent toutes les mémoires.
— Qui vous empêche de le raser et de le rebâtir à votre gré ? Ce n’est pas le numéraire qui vous manquera. Je prétends vous faire suzerain du Trident. Ces fichus seigneurs riverains se sont révélés des gens sans parole. Autant en faire vos vassaux.
— Tully inclus ?
— S’il reste des Tully quand nous en aurons terminé. »
Littlefinger avait la mine d’un marmot qui vient de mordre à la dérobée dans un rayon de miel. Il tentait bien de loucher du côté des abeilles, mais le miel était si friand… « Harrenhal et tous ses terres et revenus, murmura-t-il, rêveur. Ainsi, d’un seul coup, vous feriez de moi l’un des tout premiers seigneurs du royaume. Ne voyez pas en moi un ingrat, messire, mais – pourquoi ?
— Vous avez bien servi ma sœur, au moment de la succession.
— Tout comme Janos Slynt. A qui ce même château de Harrenhal était échu tout récemment – et qu’une pichenette en a dépossédé sitôt qu’il fut devenu inutile… »
Tyrion se mit à glousser. « Vous m’avez, messire. Que puis-je dire ? J’ai besoin de vous pour accoucher la lady Lysa. Je n’avais pas besoin de Janos Slynt. » Il haussa une épaule. « J’aime mieux vous voir siéger à Harrenhal que Renly sur le Trône de Fer. Se peut-il rien de plus simple ?
— Rien, en effet. Vous vous doutez qu’il va me falloir à nouveau baiser la Lysa Arryn avant qu’elle ne consente à ce mariage ?
— Je ne doute guère que vous ne soyez à la hauteur de la besogne.
— J’ai dit un jour à Ned Stark que la seule chose à faire, si l’on se trouve à poil avec un laideron, est de clore les paupières et de se la taper. » Il joignit ses doigts et sonda les yeux vairons de son vis-à-vis. « Donnez-moi quinze jours pour régler mes affaires et m’entendre avec un bateau qui me débarque à Goëville.
— Ce sera parfait. »
Baelish se leva. « Je vous dois une charmante matinée, Lannister. Et profitable… pour nous deux, ma foi. » Il s’inclina et, satiné d’un tourbillon jaune, se dirigea vers la porte.
Et de deux,se congratula Tyrion.
Il gagna sa chambre, où Varys ne tarderait guère à pointer le bout de son nez. Sur le soir, supposa-t-il. Peut-être pas avant le lever de la lune, ce qui ne laisserait pas que d’être fâcheux, car lui-même nourrissait l’espoir d’aller rendre visite à Shae, cette nuit… Aussi fut-il agréablement surpris lorsque, moins d’une heure après, Galt le Freux vint lui annoncer l’eunuque. « Ce pauvre Grand Mestre, le taquina celui-ci, vous êtes cruel de le torturer. Car ce lui est supplice que d’ignorer un secret…
— Est-ce à la corneille de dénoncer la noirceur du corbeau ? Ou dois-je comprendre qu’il vous est indifférent de savoir quelle proposition j’ai faite à Doran Martell ? »
Varys eut un rire de gorge. « Mes oisillons me l’ont peut-être dévoilée.
— Vraiment ? » La curiosité le prit. « Je vous écoute.
— Jusqu’à présent, les gens de Dorne se sont tenus à l’écart des hostilités. Martell a convoqué ses bannières, mais rien de plus. Son aversion pour la maison Lannister étant de notoriété publique, on lui prête généralement l’intention de rallier lord Renly. Vous désirez l’en dissuader.
— Voilà de simples évidences.
— Reste à deviner ce que vous avez bien pu lui offrir contre son allégeance. Le prince est un sentimental, et il persiste à pleurer sa sœur et son nourrisson de neveu.
— Mon père m’a dit jadis qu’un seigneur ne laissait jamais son cœur se mettre en travers de ses ambitions… Or, maintenant que lord Janos a pris le noir, il se trouve un siège vacant au Conseil restreint.
— Un siège au Conseil n’est certes pas à dédaigner, convint Varys, mais en oublie-t-on pour autant le meurtre d’une sœur, lorsqu’on est homme d’honneur ?
— Qui parle d’oublier ? » Tyrion sourit. « J’ai promis de lui remettre les assassins de sa sœur – morts ou vifs, à lui d’en décider. Une fois la guerre achevée, naturellement. »
Un regard pénétrant lui répondit. « Mes oisillons fredonnent qu’en voyant entrer ses meurtriers, la princesse Elia… proféra certain… certain nom…
— Un secret demeure-t-il un secret quand nul ne l’ignore ? » Tout Castral Roc savait que l’enfant puis la mère étaient morts de la main de Gregor Clegane. Et c’est encore tout éclaboussé par la cervelle et le sang du nouveau-né que celui-ci avait, disait-on, violé la princesse.
« Ce secret-là concerne un homme lige du seigneur votre père.
— Mon père serait le premier à vous rétorquer qu’entre cinquante mille Dorniens et un chien enragé il n’y a pas à balancer. »
Varys effleura d’une caresse sa joue poudrée. « Et si le prince Doran exige aussi bien la tête du seigneur qui donna l’ordre que celle du chevalier qui l’exécuta… ?
— Robert Baratheon menait la rébellion. En définitive, tous les ordres émanaient de lui.
— Robert ne se trouvait pas à Port-Réal.
— Ni Doran Martell.
— Soit. Du sang pour son orgueil et un fauteuil pour son ambition. Plus de l’or et des terres, cela va de soi. Du bonbon…, mais il arrive que les bonbons soient empoisonnés. Si j’étais le prince, je me garderais d’y goûter avant d’avoir demandé quelque chose d’autre. Un gage de bonne foi, une solide garantie contre toute espèce de fourberie. » Il sourit de son sourire le plus finaud. « Que lui consentirez-vous donc ? »
Tyrion soupira. « Vous le savez pertinemment.
— Puisque vous le prenez sur ce ton – oui. Il ne vous est guère possible d’offrir Myrcella simultanément à Doran Martell et Lysa Arryn.
— Veuillez dorénavant m’avertir de ne plus jouer aux devinettes contre vous. Vous trichez.
— Le prince Tommen est un gentil garçon.
— Si je l’arrache encore jeune à Cersei et Joffrey, il a même de quoi faire un homme de bien.
— Et un bon roi ?
— Le roi, c’est Joffrey.
— Mais Tommen est l’héritier présomptif, s’il advenait malheur à Sa Majesté. Tommen, dont l’exquis caractère est merveilleusement… docile.
— Votre pente est la suspicion, Varys.
— Je prends ceci comme un compliment, messire. En tout cas, le prince Doran ne manquera pas de se montrer sensible au grand honneur que vous lui faites. Voilà qui est d’une suprême habileté, dirais-je…, à un minuscule détail près. »
Le nain se mit à rire. « Un détail nommé Cersei, hein ?
— Que pèse la raison d’Etat contre l’amour d’une femme pour le fruit de ses entrailles ? Peut-être, à la rigueur, la reine se laisserait-elle, en faveur de la gloire de sa maison et de la sécurité du royaume, convaincre de se priver de Tommen ou de Myrcella…, mais des deux ? jamais.
— Ce qu’ignore Cersei ne saurait m’atteindre.
— Mais si Sa Grâce découvrait vos intentions avant même que vos projets n’eussent abouti ?
— Eh bien, riposta-t-il, je tiendrais dès lors pour mon ennemi avéré l’homme qui les lui aurait révélées. » Et il lui suffit d’entendre glousser Varys pour se dire : Et de trois.
SANSA
Rendez-vous au bois sacré cette nuit même, si vous souhaitez rentrer chez vous.
Cent lectures n’en modifiaient rien, le message demeurait tel qu’à la première, après qu’elle l’avait découvert plié sous son oreiller. Comment il était venu là, qui l’avait rédigé, mystère. Point de sceau, point de signature, et une écriture inconnue. Elle chiffonna le billet contre son sein et, dans un souffle, se murmura : « Rendez-vous au bois sacré cette nuit même, si vous souhaitez rentrer chez vous. »