Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #4
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-30545-6
- Переводчик: Jean-Marc Chambon
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]». Краткое содержание книги:
Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
— Alors, si j’ai pu lui donner ce qu’elle attendait, tant mieux. »
Miro éclata de rire. « Mais elle ne s’attendait pas que cela vienne de toi. Elle aurait voulu que ce soit Marcão, mais il est mort. »
Brusquement, Jane fondit en larmes. Des larmes de chagrin. Et elle se tourna vers Miro pour s’accrocher à lui.
« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il. Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Oh, Miro ! Ender est mort. Je ne le reverrai plus jamais. J’ai enfin un corps, j’ai des yeux pour le voir, mais il n’est plus là. »
Miro était abasourdi. Évidemment qu’Ender lui manquait. Elle a passé des milliers d’années avec lui, et seulement quelques années avec moi. Comment ai-je pu croire qu’elle pouvait m’aimer ? Comment puis-je espérer me comparer à Ender Wiggin ? Qui suis-je comparé à l’homme qui a commandé des flottes entières, qui a révolutionné des milliards d’esprits par ses livres, ses discours, ses analyses, sa capacité à lire dans le cœur des hommes pour leur livrer leurs propres secrets ? Pourtant, même s’il n’appréciait pas Ender, même s’il l’enviait parce que Jane l’aimerait toujours plus que lui et qu’il ne pourrait jamais rivaliser avec lui, y compris dans la mort, il comprit enfin que oui, Ender était bien mort. Celui qui avait changé sa famille, qui avait été un véritable ami pour lui, qui avait été le seul homme à qui Miro ait voulu ressembler, Ender n’était plus. Miro joignit alors ses larmes à celles de Jane.
« Je suis désolée, dit-elle. Je n’arrive pas à me contrôler.
— Admettons, mais c’est une faiblesse courante. »
Elle leva la main pour lui écraser une larme sur la joue, puis porta son doigt humide sur sa propre joue.
Les larmes se mêlèrent. « Tu sais ce qui m’a fait penser à Ender à l’instant même ? dit-elle. C’est que tu lui ressembles tellement. Quara t’énerve autant que les autres, et pourtant tu n’en fais pas cas, tu t’intéresses à ce dont elle a besoin, à ce qui lui fait dire ce qu’elle dit et faire ce qu’elle fait. Non, rassure-toi, Miro, je ne m’attends pas que tu sois comme Ender, mais ce que je dis, c’est que je retrouve chez toi ce que j’aimais en lui – il n’y a rien de mal à cela, n’est-ce pas ? Cette sensibilité compatissante… je ne suis pas humaine depuis très longtemps, mais il me semble que c’est une qualité plutôt rare.
— Je ne sais pas. La seule personne avec laquelle je compatis en ce moment, c’est moi. On appelle cela s’apitoyer sur soi-même, et je ne pense pas que ce soit un trait de caractère franchement attirant.
— Pourquoi voudrais-tu t’apitoyer sur toi-même ?
— Parce que tu auras toujours besoin d’Ender, et que tu ne trouveras que de pauvres ersatz comme moi. »
Elle le serra plus fort. C’était à son tour maintenant de le réconforter. « Peut-être est-ce vrai, Miro. Mais dans ce cas, cela relève de la même vérité qui veut que Quara continue de chercher à attirer l’attention de son père. On ne cesse jamais d’avoir besoin de son père ou de sa mère, tu ne penses pas ? On ne cesse jamais de réagir en fonction d’eux, même lorsqu’ils sont morts. »
Père ? Cela n’avait jamais effleuré Miro. Jane aimait Ender, profondément, certes, elle l’aimerait toujours… mais comme un père ?
« Je ne pourrai jamais être un père pour toi. Je ne peux pas le remplacer. » En fait, en disant cela, Miro voulait surtout s’assurer qu’il avait bien compris. Ender était-il un père pour elle ?
« Je ne te demande pas d’être mon père, dit Jane. J’ai toujours en moi les sentiments de Val, tu sais. Je veux dire… nous étions amis, non ? C’était très important pour moi. Mais maintenant je possède le corps de Val, et quand tu me touches, cela continue à être comme une réponse à mes prières. » Elle regretta immédiatement ses paroles. « Je suis désolée, Miro. Je sais qu’elle te manque.
— C’est vrai. D’un autre côté, il est difficile de ressentir cela alors que tu es là, et que tu lui ressembles tellement. Et que tu parles comme elle. Et que je suis là, à te tenir comme j’aurais voulu la tenir. Et si cela paraît affreux parce que je suis censé te réconforter et que je ne devrais pas avoir de pensées aussi terre à terre, alors tant pis, je ne suis finalement qu’un sale type, ce n’est pas ton avis ?
— Affreux. J’ai vraiment honte de te connaître. » Puis elle l’embrassa. Tendrement, maladroitement.
Il se rappela son premier baiser avec Ouanda lorsqu’il était encore jeune et ignorait à quel point les choses tourneraient mal par la suite. Ils avaient tous deux été maladroits, mal à l’aise. Jeunes. Quant à Jane, elle était l’une des créatures les plus vieilles de l’univers. Mais aussi l’une des plus jeunes. Et Val… Jane ne trouverait aucune réaction réflexe dans son corps, car dans sa vie trop courte, quelle chance avait-elle eu de connaître l’amour ?
« Est-ce que cela ressemble un peu à ce que les humains font ? demanda Jane.
— C’est exactement ce qu’il leur arrive de faire. Ce qui n’a rien d’étonnant puisque nous sommes tous les deux humains.
— Est-ce que je trahis Ender, en le pleurant un instant pour me sentir tellement heureuse l’instant d’après ?
— Est-ce que moi je le trahis en étant aussi heureux si peu de temps après sa mort ?
— Mais il n’est pas mort. Je sais où il est. Je l’ai suivi.
— S’il est resté toujours lui-même, ce serait dommage. Parce que, si bon qu’il ait pu être, il n’était pas heureux. Il avait ses bons moments, mais il n’était pas… comment dire ? en paix avec lui-même. Ne serait-ce pas une bonne chose si Peter pouvait vivre toute une vie sans porter la lourde responsabilité du xénocide ? Sans avoir à sentir le poids de toute l’humanité sur ses épaules ?
— À ce propos, nous avons du travail.
— Nous avons aussi nos vies à vivre. Je ne regretterai certainement pas cette conversation. Même si c’est la vacherie de Quara qui en est à l’origine.
— Faisons ce qui est convenable. Marions-nous. Faisons des enfants. Je veux être véritablement humaine, Miro, je veux tout faire. Je veux me plonger entièrement dans cette vie humaine. Et je veux que ce soit avec toi.
— Est-ce une demande officielle ?
— Je suis morte et ressuscitée depuis seulement douze heures. Mon… bon sang, je peux bien l’appeler mon père, non ? Mon père est mort, lui aussi. La vie est courte, et je me rends compte à quel point, après trois mille ans, aussi intenses les uns que les autres, cela me paraît quand même trop court. Je suis pressée. Et toi, n’as-tu pas perdu assez de temps comme ça ? N’es-tu pas prêt ?
— Mais je n’ai pas de bague.
— Nous avons mieux que ça. » Jane toucha de nouveau sa joue, là où elle avait déposé la larme de Miro. Elle était encore humide, et toujours humide lorsqu’elle la posa du bout du doigt sur la joue de Miro. « Ta larme s’est mélangée à la mienne. Je pense que c’est encore plus intime qu’un baiser.
— Sans doute, mais ce n’est pas aussi agréable.
— Cette émotion, ce sentiment que j’éprouve, c’est l’amour, n’est-ce pas ?