Le Dompteur de lions
- Автор: Лэкберг Камилла
- Серия: Fjällbacka #8
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Actes Sud
- ISBN: 978-2330064020
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «Le Dompteur de lions». Краткое содержание книги:
C’est le mois de janvier et un froid glacial s’est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s’agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu’aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu’un en a fait une poupée humaine. D’autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n’en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l’amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l’instinct maternel n’a rien de naturel…
Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s’y montre plus indomptable que jamais.
— Voilà, on reprend, dit Palle Viking en montrant la carte. Le périmètre géographique des disparitions est relativement limité, pourtant personne n’a réussi à établir de liens entre les différentes localisations. Concernant les victimes, il existe plusieurs ressemblances, physiques et familiales, mais nous n’avons trouvé aucun dénominateur commun, du genre passe-temps, échanges sur un forum Internet ou ce genre de choses. Il y a aussi plusieurs dissemblances. Minna Wahlgren se démarque particulièrement, comme l’a relevé la police de Tanum plus tôt dans la journée. Ici, à Göteborg, nous avons bien entendu consacré de gros moyens pour trouver d’autres témoins qui auraient pu apercevoir la voiture blanche. Or, comme vous le savez, nous avons fait chou blanc.
— Il faut se demander pourquoi le ravisseur a été aussi négligent dans ce cas précis, déclara Patrik, et tous les regards se tournèrent vers lui. Il n’a pas laissé une seule trace lors des autres enlèvements. Si toutefois on part du principe que c’est le conducteur de la voiture blanche qui a enlevé Minna, ce qui n’est pas du tout sûr. Toujours est-il que Gerhard Struwer, dont nous avons parlé ce matin, nous a conseillé de focaliser notre attention sur les déviances de comportement de notre homme.
— Je suis d’accord avec vous. Ici, nous avons travaillé en partant de l’hypothèse que le ravisseur la connaissait personnellement. Nous avons déjà interrogé un grand nombre de personnes de l’entourage de Minna, mais je pense que ça vaudrait le coup de continuer de creuser de ce côté-là.
La proposition de Palle rencontra un murmure d’approbation.
— Le bruit court d’ailleurs que même votre femme a parlé à la mère de Minna, ajouta-t-il avec une mine amusée.
De petits rires étouffés émergèrent ici et là, et Patrik se sentit rougir.
— Oui, mon collègue Martin Molin et moi-même sommes allés chez Mme Wahlgren, et Erica, ma femme… y était aussi.
Ça ressemblait à une forme d’excuse, il s’en rendait bien compte.
— A-t-on jamais vu une bonne femme aussi culottée, grommela Mellberg.
— Vous pouvez lire tout cela dans le rapport, se dépêcha de glisser Patrik pour tenter de le réduire au silence. Euh, enfin, la visite d’Erica n’y est pas mentionnée.
D’autres petits rires, et il soupira mentalement. Il aimait très fort sa femme, mais parfois elle lui compliquait la vie.
— Ce qu’il y a dans votre rapport sera sûrement suffisant, sourit Palle, avant de retrouver son sérieux : Mais on dit aussi qu’Erica est une forte tête, alors n’hésitez pas à lui demander si elle a appris quelque chose qui aurait pu nous échapper.
— Nous en avons déjà parlé, et je ne pense pas qu’elle ait découvert plus d’éléments que nous.
— J’insiste, discutez-en avec elle. Il faut que nous trouvions ce qui rend le cas de Minna si différent.
— Entendu, déclara Patrik, qui retrouva son aplomb.
Les heures suivantes furent consacrées à examiner les différents cas sous toutes les coutures. Des théories furent lancées, des propositions regardées à la loupe, des axes d’exploration possibles notés et répartis entre les districts. Des idées farfelues furent accueillies avec autant d’ouverture d’esprit que les suggestions les plus raisonnables. Ils voulaient tous trouver un chemin qui leur permettrait d’avancer. Ils ressentaient tous le même découragement. Chaque district gardait en souvenir les rencontres avec les proches des disparues, leur peine, leur désespoir, leur angoisse et leur épouvante de ne pas savoir ce qui était arrivé à leur enfant. Puis le désespoir plus grand encore après la réapparition de Victoria, quand ils avaient compris que leur fille avait peut-être subi le même sort.
À la fin du jour, ce fut un groupe de policiers moroses mais déterminés qui se dispersa. Ils partirent chacun de leur côté pour poursuivre les investigations. Le destin de cinq filles pesait sur leurs épaules. L’une d’elles était déjà morte. Quatre restaient disparues.
Le calme régnait à l’établissement quand Erica arriva. En habituée des lieux, elle salua les gardiens et après s’être signalée à l’accueil pour se faire enregistrer, elle gagna la salle du personnel. Elle fulminait contre elle-même d’avoir pu être aussi négligente. Elle n’aimait pas commettre ce genre d’erreur.
— Bonjour, Erica.
Betty entra et referma la porte derrière elle. À la main, elle tenait quelques cartes postales entourées d’un élastique qu’elle posa sur la table devant Erica.
— Les voici.
— Je peux les prendre ?
Betty fit oui de la tête et Erica saisit le petit paquet et retira l’élastique. Puis elle s’arrêta net en pensant aux empreintes digitales, avant de comprendre que ces cartes avaient déjà été manipulées par tant de personnes que toute empreinte digne de ce nom avait disparu depuis belle lurette.
Il y en avait quatre. Erica les étala, dos contre la table. Toutes représentaient différents motifs espagnols.
— La dernière est arrivée quand ?
— Laissez-moi réfléchir… Il y a trois, quatre mois peut-être.
— Laila n’a jamais évoqué un éventuel expéditeur ?
— Pas un mot. Mais elle est très agitée quand elles arrivent, et reste bouleversée pendant plusieurs jours.
— Et vous dites qu’elle n’a jamais voulu les garder ?
— Non, elle nous a toujours dit de les jeter.
— Vous n’avez pas trouvé ça bizarre ?
— Si… dit Betty en hésitant. C’est peut-être pour ça qu’on les a conservées, après tout.
Erica observa la pièce dépouillée et impersonnelle. Seul un yucca à moitié fané posé sur le bord de la fenêtre tentait de l’égayer.
— On ne vient pas très souvent ici, sourit Betty.
— Je comprends, répliqua Erica avant de reporter son attention sur les cartes postales.
Elle les retourna. Effectivement, le verso était vierge, à part l’adresse de Laila à l’établissement, imprimée avec un tampon bleu. Toutes avaient été expédiées de différents endroits, et aucun des lieux n’avait de lien avec Laila, pour autant qu’Erica sache.
Pourquoi l’Espagne ? Était-ce la sœur de Laila qui les envoyait ? Pour quelle raison ? Ça ne paraissait pas très probable, puisqu’elles étaient postées en Suède. Elle envisagea de demander à Patrik de vérifier les déplacements d’Agneta. Les sœurs avaient peut-être plus de contacts que ce que Laila avait prétendu. Ou bien ça n’avait rien à voir avec elle ?
— Vous voulez demander à Laila si elle a un commentaire à faire ? Je peux lui dire que vous êtes là, proposa Betty.
Erica réfléchit un instant, observa le yucca flétri à la fenêtre, puis secoua la tête.
— Merci, je préfère cogiter un peu d’abord, voir si j’arrive à comprendre ce qu’il y a derrière tout ça.
— Bonne chance, dit Betty en se levant.
Erica eut un faible sourire. De la chance, c’était exactement ce qu’il lui fallait.
— Je peux les emporter ?
Betty hésita.
— D’accord, si vous les rapportez ensuite.
— Je vous le promets.
Elle glissa les cartes dans son sac. Rien n’était impossible. Le lien était là, quelque part, et elle n’abandonnerait pas avant de l’avoir trouvé.
Gösta se demanda si finalement il ne devait pas attendre le retour de Patrik, mais le temps pressait et il décida de suivre son instinct et d’avancer en fonction de ce qu’il avait appris.
Annika avait appelé pour prévenir qu’elle partait plus tôt parce que sa fille était malade, et il aurait sans doute mieux fait de retourner au commissariat, qui se retrouvait déserté. Mais Martin ne tarderait pas à revenir et, sans trop s’inquiéter, il prit la route pour se rendre chez les Hallberg.