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Le Dompteur de lions

Электронная книга - «Le Dompteur de lions». Краткое содержание книги:

Le point de vue des éditeurs
C’est le mois de janvier et un froid glacial s’est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s’agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu’aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu’un en a fait une poupée humaine. D’autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n’en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l’amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l’instinct maternel n’a rien de naturel…
Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s’y montre plus indomptable que jamais.
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— Vous vous êtes rencontrés comment, papi et toi ? demanda Molly, et Marta fut surprise par l’intérêt soudain de sa fille pour quelqu’un d’autre qu’elle-même.

— À un bal à Fjällbacka. Ton grand-père était très beau à cette époque.

— Ah bon ? s’étonna Molly, qui gardait très peu de souvenirs de son grand-père avant qu’il ne soit condamné à un fauteuil roulant.

— Oui, et ton papa lui ressemble beaucoup. Attends, je vais te chercher une photo.

Helga se leva, alla dans le salon et revint avec un album qu’elle feuilleta jusqu’à ce qu’elle trouve le cliché voulu.

— Regarde, ça c’est ton grand-père au temps de sa splendeur.

Le ton de Helga était étrangement amer.

— Waouh, carrément canon ! C’est vrai qu’il ressemble à papa. C’est drôle parce que papa n’est pas spécialement beau, enfin je veux dire, on peut pas voir ces choses-là quand c’est votre père. Il a quel âge, là ?

— Dans les trente-cinq ans.

— Et c’est quoi cette voiture ? C’est la vôtre ? demanda-t-elle en montrant le véhicule contre lequel Einar s’appuyait.

— Non, c’est une de celles qu’il achetait et rénovait. Une Amazon magnifiquement restaurée. On peut dire ce qu’on veut, pour les voitures, il savait faire.

De nouveau ce ton amer et, étonnée, Marta regarda sa belle-mère en buvant une autre gorgée de thé au miel.

— J’aurais aimé connaître papi à l’époque, avant qu’il soit malade, déclara Molly.

— Oui, je comprends. Ta maman le connaissait, tu n’as qu’à lui poser des questions, répliqua Helga.

— Je n’y avais jamais pensé. Je le voyais surtout comme le vieil acariâtre au premier étage, dit Molly avec le franc-parler des adolescents.

— Le vieil acariâtre au premier étage. Oui, c’est une bonne description, rit Helga.

Marta lui sourit en retour. Sa belle-mère était vraiment différente aujourd’hui. Pour un tas de raisons, plus ou moins évidentes, elles ne s’étaient jamais aimées. Aujourd’hui, cependant, Helga n’était pas aussi fade que d’habitude et Marta s’en réjouit. Mais ça n’allait sûrement pas durer. Elle croqua un bout de gâteau. Bientôt elles en auraient fini, avec cette visite de politesse.

Un silence indescriptible régnait à la maison. Les petits étaient au jardin d’enfants, Patrik à Göteborg, et cela signifiait qu’elle allait pouvoir travailler en paix. Elle avait descendu ses dossiers dans le séjour dont le sol se trouvait maintenant jonché de documents. Elle venait de minutieusement lire et relire le dossier de l’enquête sur le meurtre d’Ingela Eriksson. Il lui avait fallu déployer des trésors de persuasion pour obtenir une des copies que Patrik devait apporter à sa réunion. Les ressemblances avec les mutilations de Victoria étaient hallucinantes.

Elle avait aussi relu toutes ses notes, celles de ses rencontres avec Laila, de la conversation avec sa sœur, avec les parents d’accueil de Louise, et celles des déclarations du personnel de l’établissement. Plusieurs heures d’entretiens qu’elle avait menés pour tenter de comprendre ce qui s’était passé le jour où Vladek Kowalski avait été tué, et pour établir un lien entre son meurtre et la disparition de cinq jeunes filles.

Elle se mit debout et essaya d’avoir une vue d’ensemble du matériel devant elle. Qu’est-ce que Laila voulait lui dire que pour une raison ou une autre elle n’arrivait pas à verbaliser ? D’après le personnel, elle n’avait eu de contact avec personne d’extérieur à l’établissement pendant toutes ces années. Elle n’avait pas reçu de visites, pas de coups de fil, pas de…

Erica s’arrêta net. Elle avait oublié de vérifier si Laila recevait ou envoyait du courrier ! Quelle impardonnable étourderie ! Elle prit son téléphone et composa le numéro du centre de détention qu’elle connaissait par cœur.

— Bonjour, Erica Falck à l’appareil.

La gardienne qui prit l’appel sembla l’identifier.

— Bonjour Erica. C’est Betty. Vous voulez faire une visite ?

— Non, pas de visite aujourd’hui. Je voudrais juste vérifier un truc. Est-ce que Laila a reçu du courrier pendant son internement ? Est-ce qu’elle en a envoyé ?

— Oui, elle a reçu des cartes postales. Et quelques lettres aussi, il me semble.

— Ah bon ? Vous savez de qui ? demanda Erica, qui ne s’attendait pas à cette réponse.

— Non, mais il y a peut-être quelqu’un d’autre ici qui le sait. Quoi qu’il en soit, il n’y avait rien d’écrit sur les cartes postales. Et elle ne les a jamais acceptées.

— Comment ça ?

— À ma connaissance, elle voulait à peine les toucher. Elle nous a demandé de les jeter. Mais on les a conservées, au cas où elle changerait d’avis.

— Ah, elles existent donc encore ? Je pourrais les voir ?

Erica eut du mal à cacher son excitation.

Après avoir reçu la promesse de pouvoir les examiner, Erica raccrocha, assez perplexe. Cela avait forcément une signification. Mais elle n’arrivait pas à voir laquelle.

Gösta se gratta les cheveux. Il se sentait seul au commissariat. À part lui, il n’y avait qu’Annika. Patrik et Mellberg étaient à Göteborg, et Martin était parti à Sälvik pour faire du porte-à-porte près de la baignade. Les plongeurs n’avaient toujours pas trouvé de corps, mais c’était peut-être normal vu les conditions météorologiques difficiles. De son côté, il avait interrogé plusieurs amis de Lasse, aucun n’était au courant pour l’argent. Il envisageait maintenant de se rendre à Kville afin de questionner les dirigeants de la congrégation.

Il s’apprêtait à se lever quand le téléphone sonna. Il se jeta sur le combiné. Pedersen.

— Déjà ! C’était rapide ! Qu’avez-vous trouvé ?

Il écouta attentivement.

— C’est vrai ? Quoi ?

Après avoir posé quelques questions, il raccrocha et resta figé un instant. Les pensées fusaient, il ne savait pas comment interpréter ce qu’il venait d’apprendre.

Il enfila sa veste et passa presque en courant devant Annika à l’accueil.

— Je file à Fjällbacka.

— Qu’est-ce que tu vas y faire ? lança-t-elle derrière lui, mais il avait déjà franchi la porte.

Alors qu’il ne fallait que vingt minutes pour aller de Tanumshede à Fjällbacka, le trajet lui parut interminable. Il se demanda s’il n’aurait pas dû tenir Patrik au courant des résultats de Pedersen, mais conclut qu’il était inutile de le déranger. Autant se mettre tout de suite au boulot, et avoir ainsi du nouveau à lui présenter à son retour. Prendre des initiatives, telle était la consigne. Et il était parfaitement capable de se débrouiller seul pour ce qu’il avait à faire.

Arrivé à la ferme des Persson, il sonna et dut attendre un moment qu’un Jonas tout juste sorti du lit vienne lui ouvrir.

— Je vous ai réveillé ? demanda Gösta en consultant sa montre qui indiquait treize heures.

— J’ai eu une urgence tôt ce matin, et j’ai voulu rattraper les heures de sommeil perdues. Entrez, ce n’est pas grave. De toute façon, je suis levé maintenant.

Il fit une tentative pour arranger ses cheveux ébouriffés. Gösta le suivit dans la cuisine où il prit place bien que Jonas ne l’ait pas invité à le faire. Il décida d’aller droit au but.

— Vous connaissiez Lasse ? Bien ? Très bien ?

— Je dirais que je ne le connaissais pas du tout. Je lui disais bonjour de temps en temps quand il venait chercher Tyra à l’écurie, c’est tout.

— J’ai des raisons de croire que ce n’est pas vrai.

Jonas était toujours debout et les coins de sa bouche se mirent à tressaillir d’irritation.

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