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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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Les trois jeunes chasseurs parvinrent à l’entrée du défilé. Fébrile et hors d’haleine, Goov saisit sa corne d’aurochs, priant son totem pour que la braise fût toujours incandescente. Le brandon rougeoyait encore mais personne n’ayant assez de souffle pour l’attiser, ce fut le vent qui s’en chargea. Brandissant leurs torches enflammées, les jeunes gens guettèrent l’arrivée de l’énorme pachyderme. Le mammouth terrorisé ne fut pas long à se présenter dans un vacarme de barrissements déchirants. Les courageux chasseurs se ruèrent alors au-devant de la bête qui fonçait sur eux et, agitant leurs torches, entreprirent la tâche dangereuse entre toutes de la faire pénétrer dans le canyon.

Pris de panique devant les torches, le mammouth chercha désespérément à s’échapper. Il fit un brusque écart, et fonça tête baissée dans l’étroit goulet sans issue, au bout duquel il se retrouva bloqué et, faute d’espace, dans l’impossibilité de se retourner.

Broud et Goov s’étaient précipités derrière la bête. Broud avait en main l’un des couteaux savamment taillés par Droog et consacrés par Mog-ur. D’un mouvement aussi vif que l’éclair, il se jeta sur les pattes arrière du pachyderme et lui trancha les tendons du pied gauche, tandis que Goov surgissait derrière lui pour blesser l’autre patte. Un horrible barrissement fendit l’air et la femelle tomba lourdement sur les articulations.

Caché derrière un rocher, Crug bondit devant l’animal et plongea son épieu dans la gueule ouverte. Mue par un dernier sursaut instinctif, la bête chercha à attraper l’homme, crachant du sang sur son assaillant désarmé qui s’empressa de se saisir d’une nouvelle lance. Au même instant, Brun, Grod et Droog pénétraient dans le défilé et, escaladant les rochers, encadraient le mammouth, dans les flancs duquel ils plongèrent les pointes effilées de leurs lances. Brun parvint à enfoncer un autre épieu dans l’un des yeux du pachyderme, qui ne tarda pas à s’écrouler en poussant un dernier barrissement déchirant.

Un silence soudain environna les hommes éreintés dont le cœur battait d’excitation. Ils se regardèrent quelques secondes, interloqués, et comprenant soudain l’exploit qu’ils venaient de réaliser, un fantastique hurlement de joie jaillit de leurs poitrines, couronnant leur victoire.

Six hommes, ridiculement petits comparés à leur proie, venaient, à force d’intelligence, de ruse et de courage, de tuer la puissante bête. Broud bondit sur le rocher à côté de Brun, puis grimpa sur la gigantesque femelle. En un clin d’œil, Brun le rejoignit, suivi de près par les quatre autres chasseurs qui donnèrent libre cours à leur joie en dansant sur le dos du mammouth terrassé.

— Nous devons remercier les esprits, déclara Brun à ses compagnons. A notre retour, Mog-ur organisera une cérémonie en leur honneur. En attendant, partageons-nous le foie et gardons-en une part pour Zoug, Dorv et Mog-ur. Nous en enterrerons également un morceau pour l’Esprit du Mammouth à l’endroit où nous l’avons abattu. Quant au cerveau, Mog-ur m’a bien recommandé de ne pas y toucher et de le laisser à sa place. Qui a porté le premier coup ? Broud ou Goov ?

— C’est Broud, répondit Goov.

— Eh bien, c’est lui qui recevra le premier morceau de foie, mais le mérite de la chasse revient également à tous.

Broud et Goov partirent chercher les femmes auxquelles incombait à présent la lourde tâche de découper et de préparer la viande. Les autres commencèrent à vider la bête et sortirent le fœtus parvenu pratiquement à terme. A l’arrivée des femmes, les hommes les aidèrent à dépecer le mastodonte, dont la taille gigantesque requérait la collaboration de tous. Ils en découpèrent certains morceaux de choix qu’ils mirent à l’abri dans des caches entre des pierres. Ensuite, ils allumèrent des feux autour de la carcasse pour éloigner les inévitables charognards et l’empêcher de geler.

Ce fut avec le plus grand soulagement que tout le monde se glissa, épuisé mais heureux, dans les chaudes fourrures, après un repas de viande fraîche, le premier depuis qu’ils avaient quitté la caverne. Le lendemain matin, les femmes s’attelèrent à l’ouvrage, pendant que les hommes se réunissaient pour revivre l’éprouvante chasse et se complimenter les uns les autres sur leur courage. Un cours d’eau coulait non loin de l’étroit cul-de-sac où gisait le mammouth, ce qui, dans un premier temps, obligea les femmes à de fatigantes allées et venues. Ce ne fut que lorsqu’elles eurent débité la chair de la bête en gros quartiers, ne laissant qu’un squelette sanglant aux charognards, qu’elles se transportèrent au bord de la rivière.

Presque tout le mammouth pouvait être utilisé. Sa peau épaisse servirait à confectionner de solides chausses, des coupe-vent, des récipients, des lacets. La sous-couche au poil chaud et doux entrerait dans la confection d’oreillers ou de paillasses ; les poils longs ou les tendons donneraient des cordes à toute épreuve ; la vessie, l’estomac et les intestins deviendraient des outres étanches. Il ne resterait presque plus rien sur la bête une fois le travail achevé. A tout cela, il fallait ajouter la graisse, denrée des plus précieuses pour le clan. Outre son utilité alimentaire, elle permettrait de faire prendre feu au bois mouillé ou de fabriquer des torches à combustion lente, des lampes de pierre qui procureraient chaleur et lumière ; Iza en aurait usage pour la fabrication d’onguents et d’émollients.

Chaque jour, en se mettant au travail, les femmes scrutaient le ciel. Si le temps se maintenait au beau, la viande sécherait en une semaine, avec l’aide du vent soufflant en permanence. Elles n’avaient nul besoin d’allumer des feux, afin de faire de la fumée, car le froid ambiant éliminait toute présence d’insectes, et c’était une bonne chose, car le combustible manquait dans ces étendues arides, d’où les arbres étaient pratiquement absents. Mais si les nuages et la pluie survenaient, il faudrait trois fois plus longtemps pour que la viande sèche. La neige légère que charriait parfois le vent n’était pas non plus un obstacle. Un réchauffement de l’atmosphère était beaucoup plus à craindre. C’est pourquoi les femmes souhaitaient que le temps reste sec et froid, et que les énormes quantités de chair de mammouth sèchent dans les meilleures conditions possibles, afin de pouvoir les transporter jusqu’à la caverne.

La peau couverte de poils drus, avec son épaisse couche de graisse et de vaisseaux sanguins, de nerfs et de follicules, fut raclée. Les femmes disposèrent de gros morceaux de graisse durcie par le froid dans une grande marmite de cuir suspendue au-dessus d’un feu afin de la faire fondre et d’en garnir des segments d’intestins préalablement nettoyés et liés comme des saucisses. Le cuir lui-même, avec ses poils, fut découpé en larges plaques roulées sur elles-mêmes et laissées à geler pour en faciliter le transport. Ce ne serait que plus tard à la caverne, pendant l’hiver, qu’il serait rasé et tanné. Les hommes avaient arraché les défenses du squelette, pour les disposer fièrement sur le campement, en attendant de les rapporter à la caverne.

Tandis que les femmes s’activaient, les hommes chassaient le petit gibier ou montaient la garde. Le fait de s’être rapproché du cours d’eau facilitait le travail, mais l’expédition devait maintenant faire face à une autre nuisance, celle des charognards attirés par la forte odeur de sang. Il leur fallait surveiller sans cesse la viande mise à sécher. Une grosse hyène particulièrement se montrait audacieuse. Chassée à plusieurs reprises, elle n’en continuait pas moins de rôder autour du camp, échappant aux timides tentatives des hommes pour la tuer. La bête, qui avait réussi par deux ou trois fois à voler un morceau de viande, était une véritable calamité.

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