Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
Le chef réunit les hommes afin de décider qui participerait à la chasse et qui resterait à la caverne. Il leur fallait aussi penser à protéger leur refuge.
— Je me demande s’il ne faudrait pas que l’un de nous reste à la caverne, commença-t-il en regardant les chasseurs. Nous serons absents pendant au moins une lune entière, peut-être même deux, et nous ne pouvons laisser notre demeure aussi longtemps sans protection.
Les chasseurs évitèrent le regard de Brun. Aucun ne voulait être exclu de la chasse, et chacun redoutait de voir les yeux du chef se poser sur lui.
— Brun, tu auras besoin de tous tes chasseurs, intervint Zoug. Si mes jambes sont trop faibles pour traquer le mammouth, mon bras peut encore lancer un épieu. La fronde n’est pas la seule arme dont je sache me servir. Quant à Dorv, si sa vue baisse, ses muscles sont encore puissants ; il est toujours capable de manier la massue ou l’épieu et de défendre la caverne avec moi. Tant que nous ne laisserons pas le feu mourir, aucun animal n’approchera. Bien sûr, la décision t’appartient, mais je pense que tu devrais emmener tous les chasseurs.
— Je suis d’accord avec Zoug, Brun, ajouta Dorv en clignant des yeux. Zoug et moi, nous protégerons la caverne pendant que vous serez partis.
Brun regarda attentivement Zoug et Dorv. Il n’avait aucune envie de se laisser démunir de l’un de ses chasseurs, et ne voulait rien faire qui pût compromettre ses chances de réussite.
— Tu as raison, Zoug, finit par répondre Brun. Ce n’est pas parce que Dorv et toi n’êtes plus capables de chasser le mammouth que vous ne pouvez défendre la caverne. C’est une chance pour le clan que de pouvoir compter sur vos capacités, et je suis heureux de profiter encore de tes sages conseils.
Brun avait voulu faire entendre au vieil homme combien celui-ci était encore utile à la communauté, et les autres chasseurs se sentirent soulagés. Ils partiraient donc tous. Il allait de soi que Mog-ur, n’étant pas chasseur, ne participerait pas à l’expédition. Mais Brun l’avait déjà vu brandir son gourdin avec une force certaine, et il le compta en son for intérieur parmi les défenseurs de la caverne. A eux trois, ils feraient certainement aussi bien qu’un seul chasseur.
— Et maintenant, quelles femmes allons-nous emmener ? demanda Brun. Ebra viendra.
— Uka aussi, ajouta Grod. Elle est forte, expérimentée, et n’a pas d’enfant en bas âge.
— C’est entendu, approuva Brun. Elle nous accompagnera ainsi qu’Ovra, dit-il en regardant Goov qui hocha la tête en signe d’approbation.
— Et Oga alors ? s’enquit Broud. Brac commence à marcher et il sera bientôt sevré. Il ne l’encombrera pas trop.
— Je n’y vois pas d’objection, répondit Brun après avoir réfléchi un moment. Les autres femmes l’aideront à s’occuper de Brac, et Oga est une excellente travailleuse. Elle nous sera utile.
Broud avait l’air ravi, heureux de la bonne opinion exprimée par le chef au sujet de sa compagne. C’était un compliment pour la manière dont il l’avait éduquée.
— Certaines femmes devront rester pour s’occuper des enfants, déclara Brun. On pourrait choisir Aga et Ika : Groob et Igra sont trop petits pour un si long voyage.
— Aba et Iza pourraient les surveiller, proposa Crug. Igra ne leur posera aucun problème.
La plupart des hommes préféraient que leurs compagnes les suivent lors des grandes expéditions afin de ne pas dépendre de la compagne d’un autre pour se faire servir.
— Je ne sais pas ce qu’il en est pour Ika, intervint Droog, mais je pense qu’Aga ferait mieux de rester au camp cette fois-ci. Elle a trois enfants encore petits.
— Aga et Ika resteront, décida Brun, ainsi que Vorn. Il n’est pas assez grand pour chasser, et il nous sera d’autant moins utile qu’il rechignera à aider les femmes, surtout en l’absence de sa mère pour le commander. Il aura bien le temps de participer à d’autres chasses au mammouth.
Mog-ur, qui n’était pas intervenu jusqu’à présent, sentit le moment propice venu.
— Iza est trop faible pour vous suivre, et elle doit rester pour s’occuper d’Uba, mais il n’y a aucune raison pour qu’Ayla ne vienne pas.
— Ce n’est même pas une femme, répliqua Broud, et cela pourrait déplaire aux esprits de voir cette étrangère parmi nous.
— Elle est plus grande qu’une femme et aussi forte, affirma Droog. C’est une bonne travailleuse, habile de ses mains et elle a la faveur des esprits. Souvenez-vous de la caverne. Souvenez-vous d’Ona. Je pense au contraire de toi qu’elle nous portera chance.
— Droog a raison, conclut Brun. Elle travaille vite et bien. Elle n’a pas d’enfant et possède quelques rudiments du savoir des guérisseuses qui pourront nous être utiles. Ayla viendra avec nous.
Ayla fut si heureuse d’apprendre qu’elle participerait à la chasse au mammouth qu’elle ne tint plus en place. Elle accabla Iza de questions sur ce qu’elle devait emporter et fit et refit plusieurs fois son panier au cours des jours précédant leur départ.
— N’emporte pas trop de choses, Ayla. Vous serez lourdement chargés au retour si la chasse a été bonne. Viens, j’ai ici quelque chose pour toi. Je viens juste de le terminer.
Des larmes de joie montèrent aux yeux d’Ayla en voyant la petite sacoche que lui tendait Iza. Elle avait été confectionnée dans une peau de loutre entière, dont on avait gardé intactes la fourrure, la tête, la queue et les pattes. Iza avait demandé à Zoug de lui tuer l’animal, dont elle avait caché la peau au foyer de Droog en mettant Aga et Aba dans le secret.
— Une trousse de guérisseuse, rien que pour moi ! s’écria Ayla, et elle sauta au cou d’Iza.
Elle s’assit aussitôt pour sortir ses petites bourses de remèdes et les aligna comme elle avait vu Iza le faire si souvent. Elle ouvrit chaque petit sac, en huma le contenu, puis le referma en veillant à refaire scrupuleusement le même nœud.
Il était en effet difficile de distinguer à leur odeur les herbes et les racines séchées, quoique les plus dangereuses fussent souvent mélangées à une herbe inoffensive mais très parfumée pour éviter les méprises. En fait, les bourses étaient classées selon la cordelette qui les fermait et le type de nœud utilisé. Ainsi étaient-elles fermées par différentes tresses faites de crin de cheval, de poils de bison ou de tout animal à la robe possédant une caractéristique, ou encore de tendons ou de ficelles confectionnées dans diverses tiges végétales nouées chacune de manière distinctive. Pour savoir où se trouvait tel ou tel remède, il suffisait donc de mémoriser le type de fermeture correspondante.
Ayla mit les bourses dans sa sacoche de guérisseuse et rangea celle-ci près de son panier avec les grands sacs destinés à transporter la viande de mammouth. Tout était prêt. Seule une chose la préoccupait encore. Que ferait-elle de sa fronde ? Elle craignait qu’Iza ou Creb la découvre si elle la laissait dans la caverne. Elle pensa la cacher dans les bois, mais y renonça de peur que les animaux et les intempéries viennent à l’abîmer. Elle décida finalement de l’emporter, cachée dans un repli de son vêtement. Il faisait encore nuit lorsque le clan s’éveilla le jour du départ des chasseurs. Ils se mirent en marche dès les premières lueurs, mais après avoir franchi l’escarpement qui protégeait la caverne, ils découvrirent le soleil levant illuminant la plaine de tous ses feux. Ils eurent tôt fait de gagner les steppes, et Brun adopta un pas rapide. Le fardeau des femmes était léger, mais leur manque d’habitude les obligeait à de grands efforts pour suivre le mouvement. Ils marchèrent ainsi jusqu’à la tombée de la nuit, couvrant autant de distance en un jour qu’ils l’avaient fait quand le clan errait en quête d’une nouvelle caverne. Les femmes n’eurent pas à préparer de repas chaud et se contentèrent de faire bouillir de l’eau pour l’infusion d’herbes. On ne chassait pas non plus durant le voyage, se contentant des rations que les chasseurs avaient coutume d’emporter en expédition : de la viande séchée, hachée menu, mélangée à de la graisse, et des fruits secs, le tout présenté sous forme de galettes. Ces aliments hautement nutritifs suffisaient amplement à leurs besoins énergétiques.