Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Сказки народов мира » Les Mille Et Une Nuits Tome II
Les Mille Et Une Nuits Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Mille Et Une Nuits Tome II

Электронная книга - «Les Mille Et Une Nuits Tome II». Краткое содержание книги:

Les Mille Et Une Nuits Tome II
1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 145
Перейти на страницу:

La reine Badoure pouvait bien juger de l’exemple de son fils Amgiad, que le prince Assad, qui n’était pas moins vertueux, ne recevrait pas plus favorablement la déclaration qu’elle avait à lui faire. Cela ne l’empêcha pas de persister dans un dessein si abominable, et elle lui écrivit aussi un billet le lendemain, qu’elle confia à une vieille qui avait entrée dans le palais.

La vieille prit aussi son temps de rendre le billet au prince Assad à la sortie du conseil, où il venait de présider à son tour. Le prince le prit, et en le lisant, il se laissa emporter à la colère si vivement, que, sans se donner le temps d’achever, il tira son sabre et punit la vieille comme elle le méritait. Il courut à l’appartement de la reine Haïatalnefous, sa mère, le billet à la main. Il voulut le lui montrer, mais elle ne lui en donna pas le temps, ni même celui de parler: «Je sais ce que vous me voulez, s’écria-t-elle, et vous êtes aussi impertinent que votre frère Amgiad. Allez, retirez-vous, et ne paraissez jamais devant moi.»

Assad demeura interdit à ces paroles, auxquelles il ne s’était pas attendu, et elles le mirent dans un transport dont il fut sur le point de donner des marques funestes; mais il se retint et il se retira sans répliquer, de crainte qu’il ne lui échappât de dire quelque chose d’indigne de sa grandeur d’âme. Comme le prince Amgiad avait eu la retenue de ne lui rien dire du billet qu’il avait reçu le jour d’auparavant, et que ce que la reine sa mère venait de lui dire lui faisait comprendre qu’elle n’était pas moins criminelle que la reine Badoure, il alla lui faire un reproche obligeant de sa discrétion et mêler sa douleur avec la sienne.

Les deux reines, au désespoir d’avoir trouvé dans les deux princes une vertu qui devait les faire rentrer en elles-mêmes, renoncèrent à tous les sentiments de la nature et de mère, et concertèrent ensemble de les faire périr. Elles firent accroire à leurs femmes qu’ils avaient entrepris de les forcer: elles en firent toutes les feintes par leurs larmes, par leurs cris et par les malédictions qu’elles leur donnaient, et se couchèrent dans un même lit, comme si la résistance qu’elles feignirent aussi d’avoir faite les eût réduites aux abois.

Mais, sire, dit Scheherazade, le jour paraît et m’impose silence. Elle se tut, et la nuit suivante elle poursuivit la même histoire et dit au sultan des Indes:

CCVI NUIT.

Sire, nous laissâmes hier les deux reines dénaturées dans la résolution détestable de perdre les deux princes leurs fils. Le lendemain, le roi Camaralzaman, à son retour de la chasse, fut dans un grand étonnement de les trouver couchées ensemble, éplorées et dans un état qu’elles surent bien contrefaire, qui le toucha de compassion. Il leur demanda avec empressement ce qui leur était arrivé.

À cette demande, les dissimulées reines redoublèrent leurs gémissements et leurs sanglots, et après qu’il les eut bien pressées, la reine Badoure prit enfin la parole: «Sire, dit-elle, de la juste douleur dont nous sommes affligées, nous ne devrions pas voir le jour, après l’outrage que les princes vos fils nous ont fait, par une brutalité qui n’a pas d’exemple. Par un complot indigne de leur naissance, votre absence leur a donné la hardiesse et l’insolence d’attenter à notre honneur. Que Votre Majesté nous dispense d’en dire davantage: notre affliction suffira pour lui faire comprendre le reste.»

Le roi fit appeler les deux princes, et il leur eût ôté la vie de sa propre main si l’ancien roi Armanos, son beau-père, qui était présent, ne lui eût retenu le bras. «Mon fils, lui dit-il, que pensez-vous faire? Voulez-vous ensanglanter vos mains et votre palais de votre propre sang? Il y a d’autres moyens de les punir, s’il est vrai qu’ils soient criminels.» Il tâcha de l’apaiser, et il le pria de bien examiner s’il était certain qu’ils eussent commis le crime dont on les accusait.

Camaralzaman put bien gagner sur lui-même de n’être pas le bourreau de ses propres enfants; mais après les avoir fait arrêter, il fit venir sur le soir un émir nommé Giondar, qu’il chargea d’aller leur ôter la vie hors de la ville, de tel côté et si loin qu’il lui plairait, et de ne pas revenir qu’il n’apportât leurs habits pour marque de l’exécution de l’ordre qu’il lui donnait.

Giondar marcha toute la nuit, et le lendemain matin, quand il eut mis pied à terre, il signifia aux princes, les larmes aux yeux, l’ordre qu’il avait. «Princes, leur dit-il, cet ordre est bien cruel, et c’est pour moi une mortification des plus sensibles d’avoir été choisi pour en être l’exécuteur. Plût à Dieu que je pusse m’en dispenser! – Faites votre devoir, reprirent les princes; nous savons bien que vous n’êtes pas la cause de notre mort: nous vous la pardonnons de bon cœur.»

En disant ces paroles, les princes s’embrassèrent et se dirent le dernier adieu avec tant de tendresse qu’ils furent longtemps sans se séparer. Le prince Assad se mit le premier en état de recevoir le coup de la mort. «Commencez par moi, dit-il, Giondar, que je n’aie pas la douleur de voir mourir mon cher frère Amgiad.» Amgiad s’y opposa, et Giondar ne put, sans verser des larmes plus qu’auparavant, être témoin de leur contestation, qui marquait combien leur amitié était sincère et parfaite.

Ils terminèrent enfin cette déférence réciproque si touchante, et ils prièrent Giondar de les lier ensemble et de les mettre dans la situation la plus commode pour leur donner le coup de la mort en même temps. «Ne refusez pas, ajoutèrent-ils, de donner cette consolation de mourir ensemble à deux frères infortunés qui, jusqu’à leur innocence, n’ont rien eu que de commun depuis qu’ils sont au monde.»

Giondar accorda aux deux princes ce qu’ils souhaitaient: il les lia, et quand il les eut mis dans l’état qu’il crut le plus à son avantage pour ne pas manquer de leur couper la tête d’un seul coup, il leur demanda s’ils avaient quelque chose à lui commander avant de mourir.

«Nous ne vous prions que d’une seule chose, répondirent les deux princes: c’est de bien assurer le roi notre père, à votre retour, que nous mourons innocents, mais que nous ne lui imputons pas l’effusion de notre sang. En effet, nous savons qu’il n’est pas bien informé de la vérité du crime dont nous sommes accusés.» Giondar leur promit qu’il n’y manquerait pas, et en même temps il tira son sabre. Son cheval, qui était lié à un arbre près de lui, épouvanté de cette action et de l’éclat du sabre, rompit sa bride, s’échappa, et se mit à courir de toute sa force par la campagne.

C’était un cheval de grand prix et richement harnaché, que Giondar aurait été bien fâché de perdre. Troublé de cet accident, au lieu de couper la tête aux princes, il jeta le sabre, et courut après le cheval pour le rattraper.

Le cheval, qui était vigoureux, fit plusieurs caracoles devant Giondar, et il le mena jusqu’à un bois où il se jeta. Giondar l’y suivit, et le hennissement du cheval éveilla un lion qui dormait: le lion accourut, et au lieu d’aller au cheval, il vint droit à Giondar dès qu’il l’eut aperçu.

Giondar ne songea plus à son chevaclass="underline" il fut dans un plus grand embarras pour la conservation de sa vie, en évitant l’attaque du lion, qui ne le perdit pas de vue et qui le suivait de près au travers des arbres. Dans cette extrémité: «Dieu ne m’enverrait pas ce châtiment, disait-il en lui-même, si les princes à qui l’on m’a commandé d’ôter la vie n’étaient pas innocents; et, pour mon malheur, je n’ai pas mon sabre pour me défendre.»

Pendant l’éloignement de Giondar, les deux princes furent pressés également d’une soif ardente, causée par la frayeur de la mort, nonobstant leur résolution généreuse de subir l’ordre cruel du roi leur père. Le prince Amgiad fit remarquer au prince son frère qu’ils n’étaient pas loin d’une source d’eau, et lui proposa de se délier et d’aller boire. «Mon frère, reprit le prince Assad, pour le peu de temps que nous avons encore à vivre, ce n’est pas la peine d’étancher notre soif; nous la supporterons bien encore quelques moments.»

1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 145
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)