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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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— Je l’ai touché aussi, vous allez trouver le truc que vous cherchez, l’ADN, comme vous dites, ce sera le mien…

Legal s’adressa en souriant aux techniciens avant qu’ils ne quittent les lieux :

— Faudra prélever monsieur de manière à l’éliminer des suspects.

Se tournant à nouveau vers l’épicier :

— Elle a des amis à Paris ?

— Non, elle connaît que ma femme et moi. Personne d’autre. Mais, ça me revient, il y a un couple, des jeunes, ils sont venus, ils la cherchaient pour lui dire bonjour. Ils disaient qu’ils venaient du bled. Je leur ai dit où elle était.

— Elle les a vus ?

— Je ne sais pas.

— Vous pourriez reconnaître ce couple ?

Tout en haussant les épaules, et en grimaçant :

— Vraiment, monsieur le commissaire, je voudrais bien, je vous jure, mais je crois pas…

Les deux flics échangèrent un regard. Cet homme ne mentait pas.

4

De retour au service, Isabelle Hervier décida de mettre à contribution d’autres équipes. La commissaire et le capitaine retrouvèrent le commandant assis dans son bureau. Après une nuit blanche, à presque cinquante-cinq ans, ce genre d’exercice passait moins bien qu’à trente. Mais l’importance et l’horreur de tels meurtres justifiaient les efforts déployés, et il se mobilisait entièrement sur cette affaire. Des procès-verbaux encombraient le bureau de Girard. Il travaillait à l’ancienne, il lui fallait la version papier en pognes pour s’imprégner des textes. Il releva ses lunettes et envoya un air interrogateur aux deux arrivants.

— Personne. Elle a disparu. Vingt-quatre, voire quarante-huit heures, difficile à dire, lui lança son adjoint.

Isabelle ajouta :

— En l’état actuel, la mère est notre principale suspecte, je pense qu’on peut définitivement écarter la piste terroriste. C’était peut-être même pas une enquête pour nous, elle aurait pu rester au niveau du commissariat, si on a affaire à une barge venue tuer son gosse.

— Un flic doit toujours se méfier des jugements expéditifs. Tu vas un peu vite en besogne. Mais il est vrai qu’à cette heure, madame Ben Hamid est notre seule vraie piste. Il est urgent de la retrouver.

— Il y a bien cette histoire de jeune couple venu lui rendre visite, hier ou avant-hier, hasarda Legal en résumant les explications confuses de l’épicier.

Patrick fronça les sourcils, l’invitant à être plus précis.

— On n’en sait pas beaucoup plus, l’épicier nous a fait une description rapide. Il a surtout parlé de la fille, d’une jeune qu’il a trouvé mignonne. Pour lui, ils étaient tous les deux Marocains.

— Vous lui avez présenté les photos ?

— Oui. Et il ne les a pas reconnus.

— Faut garder ça sous le coude. Peut-être le revoir, insister, qu’est-ce que vous en pensez ?

— On n’aura rien de plus. Ce n’est pas le genre bavard avec la police et, maintenant qu’il sait que la victime est le petit Ben Hamid, il a peur. Avec tout ce qu’il a entendu à la radio et à la télé… Il ne dira rien, même s’il les connaissait.

La commissaire se rangea à l’avis du capitaine.

— Et si on le mettait sur écoute ? Peut-être qu’il va en parler à un proche.

— C’est une idée, mais inutile de s’emballer.

— Et ici, quoi de neuf ? interrogea Legal.

Les épaules du chef de groupe semblèrent s’affaisser.

— J’ai reçu les parents de Jérôme Banel, arrivés par le premier avion de Marseille. Effondrés ! Enfant unique, malade depuis quatre ans… Ils sont passés par toutes les étapes possibles avant qu’il ne soit opéré à Necker. L’opération avait bien marché, leur fils avait enfin un avenir, et il se fait assassiner.

Le flic marqua une pause. Recevoir les proches d’une victime était souvent le moment le plus pénible de l’enquête. Quand en plus, il s’agissait d’un gosse…

— L’audition n’a rien apporté, ils connaissaient le petit Ali et sa mère, les deux enfants étaient dans la même chambre depuis une quinzaine de jours… Il leur paraît impensable que la mère d’Ali puisse être responsable de leur mort. Sinon, on continue d’interroger une partie du personnel de l’hôpital. Rien de ce côté. J’attends le retour des prélèvements ADN faits dans la chambre. Marc est à l’Institut médico-légal pour assister aux autopsies, et son équipier s’occupe de la téléphonie. Ah ! j’oubliais, le grand chef m’a convié à une réunion avec des membres de la DGSI, de la DGSE et de la DCPJ. Personne ne croit à la piste terroriste, mais on leur filera tous les numéros de téléphone, les adresses, les blazes, les ADN qui apparaissent en procédure. Ils vérifieront si ça correspond à quelque chose chez eux…

— On ressemble à des épaves, fit remarquer le capitaine.

— Parle pour toi, t’es gentil.

Girard y alla d’un coup de menton en direction de la jeune commissaire.

— Regarde-la. Elle, on voit bien qu’elle a encore l’âge de traîner en boîte de nuit, elle est toute pimpante.

— Si on allait manger ? suggéra Legal pour couper court à ce genre de discussion.

— Ouais, t’as raison, mais à côté. On est loin d’avoir terminé. Le Rat mort, ça vous va ?

Proposer la cantine administrative la plus proche ne déclencha pas un emballement excessif. Ils se rangèrent cependant au réalisme du commandant, et se mirent en route. Le temps ne s’améliorait pas, toujours aussi froid, et un petit crachin s’était mis à tomber. Mains dans les poches, ils prenaient la direction de Notre-Dame au moment où Marc appela Patrick. Il s’apprêtait à quitter l’IML.

— Pas trop dur ?

— Qu’est-ce que tu veux que je te réponde. Avec des gosses, ce n’est jamais simple. On ne peut pas s’empêcher de penser aux nôtres.

— Alors ?

— Rien qu’on ne sache déjà. La mort des deux enfants a été quasi immédiate. Impossible de dire lequel a été tué en premier, mais deux armes…, certainement deux tueurs. Si c’est la mère, elle n’était pas seule. Et de votre côté ?

— On t’attend pour déjeuner, on te racontera !

— Non, merci, je vais d’abord faire les P.V., je me ferai un casse-dalle plus tard.

Girard lui fit alors rapidement le point avant de prendre l’appel de l’un de ses ripeurs :

— Oui, Jean-Paul, je t’écoute.

— On a reçu les comparaisons ADN…

— Joue-la courte, on arrive à la cantoche. Donne-moi les résultats…

– Ça matche par deux fois ! Un homme, une femme.

La voix du jeune flic se fit plus enthousiaste. L’impression d’avoir levé un lièvre, même si la réaction du chef le doucha légèrement.

— Sur quoi ?

— L’homme, sur un plateau-repas…

— C’est un ADN transportable, ça ne prouve pas qu’il est entré dans la chambre. Le plateau a pu être touché partout dans l’hôpital. Et l’autre ?

— Le montant du lit, ça te va, ça ?

— Ouais, c’est mieux.

— Et les deux gagnants sont connus pour quoi ?

— La femme pour un vol à l’étalage, et l’homme pour des coups et blessures volontaires.

— Fais des vérifs. Je veux tout sur eux. Je passe te voir d’ici une heure.

— Ben…, c’est que j’irais bien déjeuner moi aussi.

– À ton âge, on peut rater un repas, tu mangeras plus tard… Je vais te ramener un sandwich, et en plus je te l’offre, elle est pas belle la vie ? Merci qui ?

— Merci, chef.

*

Après avoir mangé, les mines de plus en plus fatiguées, le groupe se retrouva dans le bureau de Patrick Girard pour un résumé des derniers éléments d’enquête. La découverte de deux ADN ne sentait pas forcément bon. Celui de la femme s’avérait être celui de Jenifer Granger, une jeune aide-soignante, auteure d’un vol à l’étalage quelques années plus tôt alors qu’elle suivait sa formation. Le second, celui d’un membre du personnel de maintenance, Jacques Rabillard, un garçon connu pour des violences, en général sous l’emprise de l’alcool.

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