Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Путеводители » Dictionnaire amoureux de San-Antonio
Dictionnaire amoureux de San-Antonio - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dictionnaire amoureux de San-Antonio

Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:

Assimilée à une « littérature de gare », l'œuvre de Frédéric Dard, dit San-Antonio a tardé à être reconnue comme majeure. Mais l'engouement du public pour ces aventures était tel qu'elles suscitèrent bientôt la curiosité des critiques et des intellectuels, comprenant enfin que ces romans cachaient aussi une vision réjouissante et féroce de la société.
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 130
Перейти на страницу:

Il se saisit du cahier vierge acheté chez Mme Buéner, la marchande de la papeterie-mercerie-kiosque à journaux près de l’école, et l’ouvre à la première page. Blanche. Tout à coup, il ne sait plus quoi raconter. Levant les yeux de la page hypnotique, il laisse son regard vagabonder dans la pièce. Il aperçoit l’Opinel de son père sur le bord de l’évier quand, soudain, une image lui revient en mémoire, celle de son bon vieux copain Henri Revellin. Il était berger, il avait l’accent du Midi ; quel âge pouvait-il avoir à l’époque ? Une douzaine d’années ? Moi, je n’étais qu’un minus de huit ou neuf ans. Il m’épatait en virgulant son Opinel dans les troncs d’arbre, Henri. L’évocation du gamin lanceur de couteaux l’entraîne à Aillat, où il passe ses vacances, et aux visites qu’il rend aux parents de son copain. Le premier jour, le décor de la cuisine-pièce-principale où règne Mme Revellin le terrifie un peu : mal éclairée par une petite fenêtre tendue de rideaux rouges, elle ressemblait davantage à une chapelle ardente qu’à un lieu de mangeaille. Il n’en faut pas plus à Frédéric pour imaginer l’histoire d’un garçon souffreteux, vivant dans une banlieue crasseuse, obligé de séjourner six mois au bon air pour récupérer d’une congestion pulmonaire convalescente. Et puisqu’il a un souvenir récent de la montagne, Aillat peut devenir… Fond-Rochette, un ravissant petit village de la vallée de la Maurienne, Mme Revellin s’appeler Mme… Serbelin, et son fils Henri… garder le même prénom !

Sur un coin de journal, Frédéric s’assure que son stylo à encre ne bave pas. Avec l’assurance d’un écrivain confirmé, il écrit la première phrase de son premier roman, déjà aux accents autobiographiques :

Je vois encore — bien que des années aient passé depuis — ce vieux médecin de banlieue déclarer en essuyant d’un coude maladroit une poussière imaginaire sur la calotte de son melon :

— Votre fils est guéri, mais, après une congestion pulmonaire comme il en a eu une, six mois de montagne ne lui feraient pas de mal.

Au chapitre deux, il invente le surnom de Mme Serbelin, « la Peuchère », qui deviendra le titre de ce roman.

Au chapitre trois, se rappelant subitement la question incongrue de M. Chaveyron — « ces phrases magnifiques où le soleil se lève sur la pointe de l’Ouillon, c’est bien de toi, j’espère ? » —, il ressort son brouillon et recopie l’extrait in extenso, histoire de montrer au monde des lettres que Frédéric Dard n’a pas besoin de nègres.

Peu avant la publication, huit mois plus tard, alors qu’il vient d’être engagé au Mois à Lyon, il écrit une dédicace à son père qui, bien que déçu de le voir abandonner La Martinière, lui souhaite du succès dans sa toute jeune carrière de journaliste :

J’ai rédigé cette longue nouvelle à

dix-sept ans — c’est donc demander

beaucoup d’indulgence au lecteur.

Je la dédie à mon père, qui fut mon

premier public, et puisse-t-il cueillir

simultanément dans ces pages les

derniers balbutiements de l’enfant et

les premières paroles de l’homme.

La Peuchère paraît aux éditions Lugdunum à Lyon en 1938. Frédéric a dix-sept ans.

Édition ordinaire : 7 frs

Édition de luxe : 15 frs

Imprimerie Générale Lyonnaise, 32, cours Gambetta, Lyon

— Elle est préfacée par Max-André Dazergues, Grand Prix littéraire de Lyon la même année. Ce romancier, auteur de près de 400 romans, écrit à la fin de son texte :

« Et c’est moi, mon cher Frédéric, qui vous dois aujourd’hui une des joies de ma vie littéraire, car j’ai lu votre ouvrage avec émotion. Je vous connaissais déjà, mais j’ai découvert le poète. C’est souvent — ô éternel égoïsme humain ! — en découvrant quelqu’un que, soi-même, l’on se retrouve. »

— À Odette, sa future épouse, il dédicace ainsi un des premiers exemplaires :

Ce pauvre bouquin sans

prétention, simple et véritable

comme le gamin du

boulevard des Hirondelles,

et maladroit comme le don Juan

des îles du Rhône.

avec tout mon

A

M on

O dette

U nique et

R adieuse

son Frédéric

— À la fin de La Peuchère, trois nouvelles du même auteur sont annoncées, Vie à louer, La Plaque tournante et Deux de la Marge, et un roman, Monsieur Joos.

Monsieur Joos, paru en 1940 aux éditions Lugdunum, est suivi des deux premières nouvelles annoncées.

— La Peuchère est éditée en feuilleton dans la revue lyonnaise L’An 40, à partir de 1942.

— L’ouvrage a été réédité chez Fayard en 2002.

— On estime qu’il n’existe pas plus de sept ou huit exemplaires de l’édition originale de La Peuchère, jalousement gardés par leurs propriétaires. Le bruit court que le dernier exemplaire en circulation, dédicacé par l’auteur, s’est vendu 10 000 euros, un comble pour un livre s’appelant La Peuchère  !

— L’auteur de ce dictionnaire n’en possède pas, n’en recherche pas non plus, se contentant d’une photocopie de bonne qualité et du plaisir qu’il vient d’avoir à inventer ci-dessus les premières minutes du premier roman de Frédéric Dard, devenu mythique.

— La dernière phrase est :

La Peuchère, protégez-moi.

Le Vieux

Si Bérurier et Pinaud apparaissent tôt dans la série des San-Antonio, seuls deux personnages accompagnent Sana du premier au dernier épisode. Félicie, sa mère, et Achille, dit le Vieux, son patron. Son supérieur rachitique, dixit Béru. Attardons-nous un peu sur ce personnage étrange, retranché la plupart du temps dans sa tour d’ivoire, son bureau directorial de la police nationale. L’homme est autoritaire, très « vieille France », cocardier, cabotin, faux cul, prétentiard, imbu de lui-même et, au final, allez comprendre pourquoi, assez sympathique ! Il sait nous régaler de grands emportements à la de Funès, assenant des certitudes ou de fragiles convictions ne durant souvent que le temps d’un discours pompeux, tout en éclats de voix. De tous ses collaborateurs, Béru, le bon sens personnifié, est celui qui a le mieux saisi la psychologie profonde du personnage. Si le Big Boss part dans un délire verbal dont San-A. fait régulièrement les frais, le Mastard, Samaritain dans l’âme, est toujours là pour le ramener à la raison, à sa manière. Sa Majesté Béru étant néanmoins respectueuse de la hiérarchie, sa réplique cinglante commence invariablement par la menace d’orge et d’orgeat [de sa] démission afin de pouvoir esprimer à cœur ouvert. Une précaution qui précède une mise au point cruelle où les mots de gâtisme, vieux kroumir, pauv’ melon ou honte de la police se mélangent dans une fureur libératoire. En voici un exemple : il faut imaginer Béru en pétard, toisant le Taulier de son quintal et demi. L’autre, rabroué de première par la violence des propos, tente un timide : Bérurier, je vous interdis ! Il n’a droit qu’à une énième et puissante rebuffade : Mon cul, m’sieur le directeur ! C’est tout ce que vous pouvez m’interdire. Mon cul en pleine lune, avec son astrakan de cérémonie. Reste une seule voix de sortie pour le Vieux, jamais à court d’une bassesse pour sauver la face : Enfin, voyons, mon bon Bérurier, vous devez bien vous douter que je plaisantais…

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 130
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)